Les petites filles afghanes peut-être à nouveau privées d’école

La « réussite » de la Pax Américana
vendredi 29 décembre 2006
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Un article - sur lequel il y aurait beaucoup à dire - de l’hebdomadaire américain Newsweek qui sort au moment où une campagne internationale de lutte contre l’illettrisme en Afghanistan, relayée par le site Kabulpress, propose aux internautes de signer une pétition.

Deux illustrations de ce nouveau succès à mettre à l’actif de tous les va-t-en guerre qui ont fait de ce pays un champ de ruines...

Les vacances d’été ont à peine commencé que les petites filles du village de Mandrawar, à 150 kilomètres à l’est de Kaboul, se demandent si elles auront encore une école à la rentrée. En effet, raconte le magazine, « en février dernier, des hommes armés ont tenté de mettre le feu à l’école des filles. Les villageois, qui sont intervenus à temps, ont trouvé sur place des messages menaçant de couper le nez et les oreilles des élèves et des enseignantes si elles persistaient dans leur activité. » Les menaces n’ont pas été prises au sérieux et, quelques jours plus tard, l’école accueillait à nouveau les 650 élèves inscrites. Pendant plusieurs semaines, malgré le froid hivernal, les cours ont eu lieu sous les arbres de la cour.

Il faut beaucoup de courage aux filles pour continuer à fréquenter l’école en Afghanistan. Mis en difficulté sur le terrain, les talibans ont décidé d’empêcher le gouvernement de Kaboul de tenter de sortir le pays du Moyen Age. Leur objectif principal est de défaire l’un des changements les plus symboliques survenu depuis quatre ans, à savoir le retour des filles à l’école.

Aujourd’hui, il existe 1 350 écoles de filles et 2 900 centres d’accueil qui organisent des cours pour elles l’après-midi, les classes mixtes étant toujours interdites. Plus d’un tiers des cinq millions d’élèves que compte le pays sont des filles, il n’y en avait pratiquement aucune en 1996, année de la prise du pouvoir par les talibans qui s’étaient empressés de mettre hors la loi leur présence à l’école. « Depuis six mois cependant, 300 de ces écoles ont dû fermer sous la pression des talibans », précise Newsweek. La plupart des fermetures ont eu lieu dans l’est et le sud du pays, là où la présence des talibans est la plus forte, mais d’autres écoles sont aussi menacées dans des régions pourtant considérées comme sûres, telle que la province fertile de Laghman, au nord-est de la capitale.

Malgré la bonne volonté des autorités locales, qui se battent contre la destruction des écoles, les Afghans craignent pour la sécurité de leurs filles. Nombreux sont ceux qui les retiennent à la maison par peur des attaques sur le chemin de l’école ou dans les bâtiments mêmes. A Haider Khani, une commune située près de Mandrawar, 40 % seulement des élèves de moins de 10 ans sont revenues après l’attaque de leur école, et seulement 10 % des adolescentes. Les enseignantes aussi ont peur, l’institutrice de l’école de Mandrawar ne sort plus que couverte de la burqa qu’elle avait pourtant abandonnée, toujours escortée d’un membre masculin de sa famille.

Le gouvernement de Kaboul est en train de perdre son soutien populaire, en partie parce qu’il semble incapable de prévenir les attaques contre les écoles de filles, ce que confirme un rapport des Nations unies qui note que très peu de responsables des attaques ont été arrêtés.

En attendant la rentrée scolaire, les forces de sécurité afghanes ont lancé avec l’aide des Nations unies une contre-offensive dans le sud du pays. Du succès ou de l’échec de cette opération dépendra l’avenir scolaire des petites filles de Mandrawar.

Source l’hebdomadaire américain Newsweek.

Transmis par Linsay



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