La France entre déclin et modèle social (VI)

C’est la faute aux salaires...
samedi 9 juin 2007
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ON NE PEUT PAS AUGMENTER LES SALAIRES A CAUSE DE L’INFLATION :

La thèse développée est la suivante. L’inflation (l’augmentation des prix) est la cause de la perte de pouvoir d’achat, contribue à la perte de compétitivité de l’économie, et de ce fait contribue à détruire l’emploi. Donc, devant un risque d’inflation lié notamment à la croissance salariale, la politique de la Banque Centrale doit être de prévenir l’inflation.

C’est exactement ce qui est écrit : « La B.C.E, persuadée que l’inflation va reprendre, remontera ses taux ». Observons déjà que les mots utilisés sont dans le sentiment et non la démonstration (« la B.C.E, Persuadée »), et que de plus, les seuls faits scientifiques observables vont à l’encontre du sentiment exprimé par le patron de la B.C.E, puisque l’inflation est à la baisse...

1] L’inflation salariale ? Le sentiment de la B.C.E s’appuierait-il alors sur des données sous-jacentes, qui derrière un taux d’inflation en apparence en baisse, verrait progresser des indicateurs inflationnistes comme par exemple les salaires. Hors, là encore, on constate en France une augmentation des salariés payés en S.M.I.C, et donc en tendance « un tassement général des bas salaires »

ainsi que comme l’indique de manière générale l’O.C.D.E, : « les salaires réels en baisse », ce que traduit le graphique.

2] De la désinflation compétitive ... : L’inflation nous était présentée comme l’ennemi de l’emploi et du pouvoir d’achat. C’est au nom de la bataille pour l’emploi et le pouvoir d’achat, que les gouvernants, responsables politiques ont promu le marché unique et la monnaie unique. Observons les résultats de cette politique : Le graphique indique que la lutte contre l’inflation a été gagnée... mais à quel prix !

Ce sont des cohortes de sans emplois qui se sont déversées en Europe, créant ce que Marx appelait : « l’armée industrielle de réserve ». La bataille de l’inflation a engendré un chômage de masse en Europe, ce qu’il faut cacher, d’où la manipulation des statistiques (voir plus haut). Le graphique suivant montre bien que la baisse de la part des salaires dans le P.I.B n’a pas engendré mécaniquement une baisse du chômage, mais au contraire une augmentation. En d’autres termes tous les discours sur la culpabilisation salariale (il faut baisser les coûts salariaux), ne sont pas validés par les faits. Et il y a pire...

3]... A l’inflation financière :

La courbe violette indique le taux d’inflation et son évolution en France (graphique du dessus) et aux Etats-Unis (graphique en dessous).

Observons la similitude d’évolution. La courbe bleue (en haut) et rouge (en bas) représente l’évolution des cours boursiers. Observons aussi leurs similitudes. Il n’ay a pas de différence de politique économique entre l’Europe et les Etats-Unis. La lutte contre l’inflation, dans la priorité affirmée contre la hausse des salaires, a engendré le surdéveloppement des marchés financiers. En d’autres termes, les bourses pilotent l’économie mondiale.

4] La politique des taux d’intérêts : Le marché unique et la monnaie du même nom devaient contribuer à la définition d’une politique européenne spécifique qui devait aider à sortir l’Europe de la domination du « modèle Américain ». Hors l’observation attentive du graphique ci dessous montre bien une similitude de comportement de la B.C.E par rapport aux décisions de la Banque centrale Américaine [1] Quand l’Amérique baisse ses taux, la B.C.E, avec un temps de retard, suit le mouvement, [2] quand l’Amérique remonte ses taux, l’Europe suit, qu’il y ait inflation ou pas [3]
L’inflation, c’est l’arbre montré aux peuples qui permet de cacher la forêt (de la dictature des marchés financiers) et de justifier l’indépendance de la Banque Centrale. La revendication d’indépendance politique de la B.C.E est mise en avant pour cacher sa dépendance aux marchés financiers et à la politique américaine.

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5] Les révélations d’une « photo choc », l’euro au service des marchés : Que ceux qui sont fâchés avec les graphiques, et les données statistiques se rassurent. Il suffit encore une fois de lire les « bonnes pages du monde » et de tomber sur cette photo prise au cours d’une enquête intitulé : « Aux commandes de l’euro ». [4] Et qu’apprend-t-on sur la légende de la photo ? Que Jean-Claude TRICHET se trouve « à l’écoute des marchés ». Dans la série des comptes de fée, il y avait le toujours célèbre Papa Noel qui amène des cadeaux le 24 Décembre à minuit, dans toutes les maisons du monde, en passant par la cheminée avec son manteau rouge, il y avait aussi cette histoire de ligne Maginot qui devait tout arrêter et maintenant nous avons en très bonne position l’histoire de la ligne Maginot monétaire, la fameuse monnaie unique créé pour nous : « l’euro au service des peuples ».

La photo et son commentaire expriment la même logique que les graphiques analysés à la page précédente. A chacun de choisir l’explication qu’il préfère... [5]


[1A contrario, la banque du Japon (en jaune) a une vraie politique monétaire indépendante..

[2Le commentaire d’un journal était d’ailleurs éloquent : « le taux de la B.C.E commence à rattraper son retard par rapport à son homologue américain »

[3Le graphique du dessous démontre que tandis que le niveau de l’inflation, sur la période 2000 2007, restait quasi constant (autour de 2 %), les taux de refinancement (taux d’intérêts) variaient eux, sur la même période de plusieurs points.

[4Le Monde 7 Mars 2007

[5Précisons que je suis favorable à une monnaie commune européenne qui serve le développement durable dans tous ses aspects hommes et environnement. C’est pour cette raison que je m’oppose à l’idée d’une monnaie unique dont le seul objectif et d’être au service des marchés financiers.



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