Hard Ardennes

lundi 12 mai 2008
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L’AGENCE Capa a fait un joli cadeau d’anniversaire au locataire de l’Elysée. Six minutes de reportage sur Charleville-Mézières dans les Ardennes, diffusées dans « Dimanche Plus » (Canal+, 4/5), sur le mode avant-après.
« Avant », c’était le 18 decembre 2006 : Sarko, le candidat du petit peuple, partant à la conquête des usines de la ville, avant d’y prononcer son fameux « discours pour la France qui souffre ».
« Après », c’est aujourd’hui. Et ça fait souffrir...

A l’époque, le candidat Sarko n’était pas content.

A la tribune, il tambourinait avec ses petits poings : "Restructurations, désindustrialisation, délocalisations (...)

Je n’accepterai jamais que l’on dise : les usines c’est fini, l’industrie c’est fini, le plein-emploi c’est fini, les Ardennes c’est fini ! (...)

J’ai rencontré , tout à l’heure, dans une usine, un homme, fier et digne, qui gagne 1 200 euros. Je n’accepte pas qu’après trente-six ans de travail on gagne MILLE DEUX CENTS EUROS par mois !"

Tonnerre d’applaudissements...

Un an et demi après, face caméra, un groupe d’ouvriers métallurgistes des ateliers de Janves qui ont voté Sarko se grattent la tête.

« Ben, en fait, y a rien, quoi. Je gagne même pas 1 200 euros », lâche l’un deux.

Et les heures sup’ pour gagner plus, alors ?

Du pipeau :

« On ne décrète pas des besoins d’heures supplémentaires sur les injonctions d’un candidat présidentiel », balaie Jean-Michel Lesire, patron de l’usine...

Dans son prêche de 2006, Sarko avait menacé les patrons voyous : « Ces prédateurs qui rentrent chez eux fortunés, ne laissent qu’une coquille vide et des salariés sur le carreau : moi, je ne l’accepte pas ! »

Re-tonnerre d’applaudissements, avec Claude Guéant au premier rang.

Et depuis ?

Un « prédateur » de l’usine Lenoir et Mernier s’est justement fait la malle en laissant 130 ouvriers sur le carreau, et les locaux ont été brûlés de colère.
Pourtant Guéant avait juré par écrit aux salariés qu’il s’impliquerait dans ce dossier, personnellement confié à Boris Ravignon, conseiller développement durable de l’Elysée et candidat UMP à Charleville.

« Après les élections municipales, silence complet. Boris Ravignon, on l’a même pas revu », raconte un délégué CFDT en brandissant le courrier...

Mais, à Charleville, Sarko a fait encore plus pour sa France qui souffre, « la vraie France, celle que j’aime », « la France qui croit au mérite et à l’effort », « laFrance dont on ne parle jamais », « cette France à laquelle je veux dédier toute mon action et donner toute mon énergie », comme il disait.

La carte juridique, par exemple : exit le tribunal de commerce, exit aussi les trois juges d’instruction !

La carte militaire, idem : un projet de délocalisation du 3e régiment de génie (500 familles sur 55 000 habitants) est dans les tuyaux...

Résultat, c’est la députée UMP du coin, Bérangère Poletti, qui souffre et le dit tout net : « Ca commence à bien faire ! »

Elle a "écrit à Sarkosy, le 7 mars (...)

J’attends toujours sa réponse, j’attends".

La séquence s’achève sur la clôture en apothéose du discours de Sarko :

« Je crois que, pour les Ardennes et pour la France, tout va commencer ! En 2007 ! »

Qu’est-ce que ça va être en 2008...

Par C.N dans le Canard enchaîné du07/05/2008

Transmis par Linsay



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