Le NON va gagner ?

dimanche 20 mars 2005
par  Charles Hoareau
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Quand le 12 mars dernier nous avons titré ainsi notre tract nous n’avions pas connaissance du sondage qui fait couler beaucoup d’encre depuis ce vendredi et affole en apparence les partisans du OUI. Comme par expérience nous sommes méfiants vis à vis des sondages et de leurs manipulations, nous n’aurions de toute façon pas fondé notre réflexion là dessus pour bâtir notre expression.

Si nous avons choisi ce titre c’est que notre sondage à nous c’est celui de la rue, de l’entreprise, des quartiers. Tous les contacts que nous avons avec la population montrent ce rejet de cette construction européenne et des gouvernements qui se sont pliés à celle-ci imposant ainsi au nom de la soi-disant « grande idée » la casse des acquis sociaux et des emplois. C’est aussi ce rejet de la politique antisociale de ce gouvernement qui a fait descendre des dizaines de milliers de gens dans les rues et mis plus d’un million de salariés en grève le 10 mars.

NON au gouvernement, NON au MEDEF, NON à l’Union Européenne, se confondent et sont intimement liés n’en déplaise à messieurs Chirac et Hollande. C’est bien parce que depuis 1992 ( pour ne prendre que la dernière décennie) les gouvernements successifs ne se sont pas émancipés du carcan de Maastricht que leurs politiques ont été mauvaises pour le peuple. C’est bien au nom de « l’Europe » qu’on a voulu nous faire avaler nombre de couleuvres, du travail de nuit des femmes à la casse des retraites en passant par celle des services publics.

Le NON va gagner est aujourd’hui une hypothèse qui apparaît crédible. Mais pour que le NON gagne il faut que les salariés, les retraités, les chômeurs, en un mot la classe ouvrière (vous savez cette chose que l’on croyait disparue et que l’on a retrouvée le soir du 21 avril 2002...) s’empare du débat et s’exprime. Il faut que ces millions de gens qui souffrent le plus de cet enfoncement du capitalisme dans la barbarie et forment le gros des troupes des abstentionnistes retrouvent la force et l’espoir qui leur permettra de se rendre aux urnes.

Après être passés pour beaucoup d’un vote POUR à un vote CONTRE puis à pas de vote du tout, ils ont enfin le 29 mai un moyen de dire STOP, ça suffit ! Arrêtez votre construction au service exclusif des multinationales !

Cela suppose donc d’aller les voir, de monter les étages, d’être aux portes des entreprises, pour écouter d’abord et parler ensuite. Ecouter les rancoeurs et la souffrance accumulées, puis ouvrir la porte de l’espoir - non sur un projet clef en main nous n’en sommes pas encore là (et d’ailleurs existe-t-il ?) - mais sur le formidable désaveu que constituerait pour les possédants un vote NON majoritaire. Après nous serons à temps de réfléchir tous et toutes à quelles coopérations au service des peuples en Europe et dans le monde.

Aujourd’hui rien n’est plus urgent que d’aller voir les gens.



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