LE CAPITALISME, AUJOURDHUI, C’EST TOUT NEGATIF !

vendredi 18 juin 2010
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Merci pour tes remarques [1] mais je ne sais pas si je vais répondre aujourd’hui à tout, il me faudrait faire un livre, et sans savoir si j’aurais toutes les capacités pour le faire.

D’accord avec toi, le concret est toujours difficile à saisir, d’une part parce que il y a toujours l’apparence et l’essence et, d’autre part, parce que chaque situation concrète est un noeud de contradictions où des contraires s’affrontent tout en étant unis, c’est-à-dire en existant ensemble ( classe ouvrière et capital ).

L’AVENIR NE PEUT ETRE DANS LE PASSE

Ensuite, l’histoire est en perpétuel mouvement et, dit-on, elle ne repasse jamais les plats, ou bien en considérant comme Héraclite que l’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve.

C’est pourquoi, il est nombre de personnes qui pensent l’avenir comme une répétition du passé, ce qui bien évidemment est impossible, tout naît, grandit, se développe, atteint sa maturité mais finit par décliner et mourir, rien n’est éternel.

Par exemple, 65 ans après, il est tout à fait illusoire que l’on en revienne aux solutions de la Libération qui ont permis tout à la fois le renaissance de la France, des progrès considérables pour les Français, tout en assurant également le renouveau du capitalisme qui s’est bien refait les joues, a bien repris du poil de la bête...

PENSER ET FAIRE NOUVEAU

Il est nécessaire de penser et de faire nouveau, ne serait-ce que pour sortir du productivisme capitaliste, lequel est difficilement perpétuable, quelque nappe de pétrole est toujours là pour nous le rappeler, entre autres agréments majeurs.

Mais peut-on sortir du productivisme capitaliste sans sortir du capitalisme lui-même ?

Où en est le capitalisme ? Difficile question, mais toujours est-il qu’il est en crise et que celle-ci apparaît devoir s’éterniser, en tout cas elle n’a pas, et ne peut avoir, les caractéristiques « concrètes » qui étaient celles de 1929.

D’accord aussi avec toi, Marx reconnaissait bien ce que le capitalisme apportait à l’humanité, et en en acceptant aussi les inconvénients, et en considérant également qu’il ne disparait pas sans avoir épuisé toutes les possibilités de développement de la société qu’il contenait.

DE L’INEDIT POUR LE CAPITALISME AUSSI

Or aujourd’hui, justement, peut-il encore assurer le développement des sociétés, notamment la révolution en cours avec l’automation et l’informatisation...?

Il me semble qu’il est parvenu là à une limite et qu’il retarde aujourd’hui, autant que faire se peut, l’introduction en grand de cette révolution.

Parce que, justement, cette révolution, au contraire des précédentes qui ont fait son bonheur, est sa négation en tant que capital produit par le travail, car cette révolution est l’élimination massive, avant que d’être totale, du travail humain en termes de processus à l’oeuvre.

LA MACHINE LIBERE DES MASSES DE TEMPS LIBRE

La machine va progressivement produire tout ce qui est nécessaire pour assurer les besoins de l’humanité, et libérer, et libère déjà, des masses de temps libre où l’être humain pourra avoir des activités choisies, et non plus du travail contraint.

Parce que, qui ou quoi produit le capital, sinon le travail humain, et si donc le travail humain disparaît, c’est le profit, c’est-à-dire la source qui produit le capital qui disparaît.

Ceci n’est pas acceptable par le capitalisme, les capitalistes eux-mêmes, ou leurs fondés de pouvoir, n’y comprennent plus rien, et l’on voit un Soros, plein de ses incertitudes nouvelles, demander un RV à un Wallerstein pour qu’il lui parle un peu de Marx, tu parles d’un retour, le spectre commence à les rattraper !

Et l’on voit un Sarko, certes continuer à afficher sa superbe, et préconiser de travailler plus pour gagner plus, alors que ses maîtres savent pertinemment qu’ils ne peuvent plus donner du travail à tout le monde, la preuve étant le nombre de plus en plus important de personnes, des millions et des millions en France, qui ne travaillent plus ou épisodiquement.

LA DEVALORISATION DU CAPITAL

Nous sommes dans le cadre de la baisse tendancielle du taux de profit, et donc dans le processus de surproduction-suraccumulation qui appelle une dévalorisation, aujourd’hui massive, de capital, c’est-à-dire de destruction massive de capital, que ce soit du capital investi (entreprises qui licencient ou ferment ) ou du capital sur les marchés financiers qui disparaît purement et simplement, tout cela pour que le capital restant retrouve un taux de profit « correct », ce qui ne semble pas encore le cas aujourd’hui puisque chaque fois qu’ils annoncent la fin de la crise surgit un rebondissement, ou un approfondissement de cette crise !

Bien évidemment, le capital, et bien avant cette crise qui tend à devenir permanente, et c’est l’une de ses caractéristiques nouvelles, avait essayé de trouver des contre-tendances, d’une part dans la mondialisation, c’est-à-dire dans l’exploitation de nouveau travail humain, ce qui s’opposait à la baisse tendancielle mais atteint aujourd’hui aussi des limites, d’autre part dans toutes les « fantaisies » des marchés financiers, qui elles aussi se traduisent par de nouvelles prises de risques qui à leur tour finissent par exploser en approfondissant la crise.

Ainsi donc, et pour la première fois, il apparaît aujourd’hui que les principes mêmes du capitalisme ne puissent plus être mis en oeuvre dans le cadre de cette nouvelle révolution...

LE REJET POLITIQUE DU SYSTEME

Et, à ce constat des limites de l’évolution du mode de production, s’ajoutent, pour la première fois aussi, des limites qui apparaissent dans les superstructures, institutionnelles, constitutionnelles, juridiques, politiques, culturelles..., elles-mêmes aujourd’hui en crise.

Le boycott électoral, devenu majoritaire, est aussi devenu significatif du rejet profond de tout le système dans un stade de son évolution où il n’apparaît n’être plus en mesure « d’acheter » la paix sociale comme il a pu le faire en d’autres époques.

Pour ma part, je vois un peuple français qui a repris l’offensive depuis 1992 et sa sortie des rets que Mitterrand avait mis sur lui, avec le référendum de Maastricht, puis...1995...1997...2002...2005...juin2009 avec les européennes...printemps 2010 avec les régionales...

Et dans les études d’opinion cela se traduit par 72% des Français qui considèrent le capitalisme comme négatif !

Je pense que cette dernière donnée est une première mondiale, c’est-à-dire que je considère que c’est la première fois au monde que le capitalisme est caractérisé aussi négativement par un pourcentage aussi important de personnes dans une population.

Que faut-il de plus ?

LE PEUPLE FAIT L’HISTOIRE

Tu as raison, la solution n’est pas aujourd’hui avec les syndicats et les forces politiques, complètement intégrés au système.

Contre eux, le peuple a trouvé les moyens de dire haut et fort bien des choses, et notamment ce rejet que je mets en évidence.

Il lui faut trouver les formes pour poursuivre. Ce n’est pas Lénine qui a inventé les Soviets en 1905, mais c’est lui qui les a détruits avec Trotsky en 1921 dans les suites de la « Commune » de Kronstadt...Je souhaite qu’il n’y ait pas un nouveau Lénine...

Laissons ce peuple continuer à prendre ses responsabilités, il a su le faire dans le passé et jusqu’à nos jours

Les questions de l’énergie, c’est en soi tout un problème avec des développements également nécessaires, mais notre société a des moyens de trouver, moi je pense à l’hydrogène et à l’eau des océans, laquelle est inépuisable, il y a seulement besoin d’électricité ; mais d’où proviennent les ions qui sont bombardés avec des rayons dans ITER ou Mégajoule ?

Amitié,
M.

 
 
 
 
 


[1Je reproduis ici une réponse à l’un de mes amis.



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