Les paradis fiscaux profitent de la crise

dimanche 11 juillet 2010
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Les Sommets européens et internationaux (G8, G20) se suivent et se ressemblent. Les mêmes discours sont repris sur la « moralisation ou la refondation du capitalisme », la taxation des banques ou la lutte contre les paradis fiscaux qui était au centre du G20 de Londres. Les dirigeants des pays occidentaux essaient de faire croire qu’ils ont l’intention de lutter contre les causes de la crise économique et financière. Mais ce ne sont que discours et déclarations d’intention ! En réalité, ils renforcent leurs politiques d’austérité et ne cherchent qu’à faire payer la crise aux populations pour répondre aux attentes des marchés financiers.

Si l’on en croit les déclarations de certains dirigeants, les paradis fiscaux sont en voie d’extinction. En septembre 2009, Nicolas Sarkozy a même lancé : « Les paradis fiscaux, c’est terminé ». Au vu des nombreuses affaires qui défraient la chronique, personne ne peut le croire ! Les études et rapports d’organismes considérés comme sérieux le confirment également. C’est ainsi que « Le Figaro » a rendu compte le 12 juin du 10e rapport annuel du « Boston Consulting Group » (BCG). En 2009, la fortune dite « non résidente », c’est-à-dire les actifs déposés dans un pays où l’investisseur ne réside pas, atteignait 7400 milliards de dollars, soit 600 milliards de plus qu’en 2008 (+8,1%). Les millionnaires, qui ont profité du « rebond des marchés financiers » ont continué à placer leurs avoirs fiscaux dans les paradis fiscaux.

C’est également le cas des firmes multinationales qui ne sont pas inquiétées, comme le souligne Laurence Estival dans le magazine du CCFD de mai 2010 « Faim-Développement » : « La pratique des trusts ou des sociétés écrans, comme celle des prix de transfert utilisée par des multinationales pour échapper à l’impôt sur les sociétés n’ont quasiment pas fait l’objet de mesures spécifiques ». La lutte contre les paradis fiscaux, engagée notamment par la campagne « Stop paradis fiscaux » lancée par des ONG et syndicats, doit se poursuivre, dans les pays occidentaux mais aussi dans les pays en développement qui perdent chaque année plus de 100 milliards d’euros de recettes fiscales à cause des milliards qui ne sont pas investis et trouvent refuge dans les paradis fiscaux.

Jean Paul Le Marec



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