Regards de mai 2006

La finance au coeur de la mondialisation capitaliste
samedi 13 mai 2006
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L’affaire du « corbeau » dans le dossier Clearstream (chambre de compensation financière au Luxembourg) ne constitue qu’un simple règlement de comptes dans le monde politique. La liste (vraie ou fausse) des personnalités qui détiennent des comptes à l’étranger est en quelque sorte l’arbre qui cache la forêt de la mondialisation financière et de ses graves conséquences économiques et sociales.

Les médias, qui nous abreuvent de la guéguerre Villepin - Sarkozy, avaient été plus discrets sur les ouvrages de Denis Robert en 2001 (Révélation$) et en 2002 (La Boite Noire) sur le système financier international, ses dérives, à travers le fonctionnement de la société Clearstream.

Effectivement, la mondialisation financière constitue le noyau dur de la mondialisation capitaliste fondée sur la libéralisation et la dérégulation des échanges, de l’investissement et des capitaux. Dans ce monde opaque, il est difficile (pour ne pas dire impossible) de distinguer les frontières légales entre les Etats et les paradis fiscaux et judiciaires dont certains sont situés au coeur même de l’Europe. Ces derniers ne servent pas seulement à blanchir des capitaux issus de trafics illégaux, ils sont utilisés en toute « légalité » par des firmes multinationales à la recherche du moins - disant fiscal. Dans un ouvrage récent « Les techniques de blanchiment et moyens de lutte », Eric Vernier montre comment, dans la sphère de la finance transnationale et moins réglementée, les nouvelles technologies permettent de manipuler des sommes colossales en quelques minutes, avec une opacité quasi-totale.

Actuellement, le système financier international tend à privilégier la finance (qu’elle soit légale ou illégale) au détriment de la production de biens et de services. Avec, comme conséquences, la déstabilisation d’économies nationales, les délocalisations d’entreprises, la mise en concurrence des peuples.

Sur le plan européen, la libération des capitaux s’est traduite pas une pression de plus en plus forte sur les droits sociaux. La lutte contre les paradis fiscaux est nécessaire mais elle ne peut suffire. A l’instar de certains pays d’Amérique Latine qui affirment leur volonté politique face à la finance, il faudrait instaurer un contrôle des flux de capitaux, à la fois pour restreindre la liberté d’action de la spéculation, contrôler la légalité des transactions pour détecter « l’argent sale », réglementer les marchés financiers en donnant la priorité à la production de biens et de services et à la satisfaction des besoins des peuples.



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