Estrosi sa rancune, ses mensonges ses reniements et la CGT

jeudi 21 juin 2012
par  Charles Hoareau
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S’il n’en avait tenu qu’à l’inénarrable Estrosi, celui que le Canard enchaîné appelle le motodidacte, référence à son passé de motocycliste et à sa culture au moins égale à notre ex-président, ce n’est qu’au détour d’un sondage à l’apparence anodine que les niçois auraient entériné l’expulsion de la CGT de la ville !!

En effet, dans un sondage disponible sur www.Nice.fr est posée la question suivante "Etes vous favorable à la création d’un musée pour l’histoire niçoise et à une salle de loisirs pour les seniors dans la Palais communal, l’Aigle d’Or, l’immeuble Bona et le capitole situé place St François ?"
Franchement qui peut s’opposer à la création d’un musée et à une salle de loisirs pour nos anciens ? Sauf que dans le cas présent cela veut dire expulser la CGT de la ville et en particulier de ce bâtiment qui est en fait la bourse du travail depuis….1892, soit 120 ans !!!

En 1895 comme nombre de bourses du travail en France, celle de Nice participe à la création de la CGT. En 1945 le bâtiment de l’Aigle d’or est dévolu à la CGT en reconnaissance par la municipalité de l’époque « pour services rendus à la Nation et pour fait de Résistance pendant l’occupation nazie. »

Au fil des ans le bâtiment a vieilli ce que nul ne conteste et des travaux de rénovation sont nécessaires. Une évacuation temporaire est même programmée sur une partie de la durée de ceux-ci, période pendant laquelle la CGT accepte de déménager provisoirement dans de petits locaux commerciaux situés au bd Jean Jaurès. En 2009 un protocole d’accord entre la mairie et la CGT est signé qui stipule entre autres :

« Article 3 : A la fin des travaux, les organisations actuellement logées dans le groupement d’établissements « Bourse du Travail-Hôtel Aigle d’Or-Famille Bona » réintègreront l’Aigle d’Or en totalité (y compris le sous-sol) pour une superficie de 1032 m².
Cependant, en fonction des besoins, tout ou partie du 34 boulevard Jean JAURES pourra rester à disposition de ces organisations… »

Depuis près d’un an, sans que l’on sache vraiment pourquoi les travaux ont été soudainement interrompus. Or, voilà que Christian Estrosi a annoncé qu’il revenait sur son écrit, que la CGT ne réintègrerait pas ses locaux et qu’il comptait faire annuler le protocole par le conseil municipal !!

Non seulement il voudrait revenir sur ses engagements antérieurs mais en plus il emploie des arguments mensongers pour le faire. Ainsi le bâtiment qui a fait l’objet d’un arrêté, avec avis d’expulsion pour mise en danger de la vie d’autrui continue d’accueillir en son rez-de-chaussée les salariés de « Nice Côte d’azur ». Comme le demande avec juste raison la CGT des Alpes maritimes : « ces salariés Seraient-ils moins vulnérables que les militantes et militants de la CGT ? »

La CGT dénonce aussi : « Le chantier laissé à l’abandon subit de graves dégradations et ce gaspillage d’argent public en rajoute au scandale et au mépris affiché vis à vis de notre organisation syndicale et des travailleurs maralpins. [1] »
et dans son dernier communiqué intitulé ESTROSI veut réinventer l’histoire sociale, elle rajoute : « Persistant entre mensonge et révisionnisme, le Maire de Nice persiste à nier le rôle du mouvement social azuréen et de la résistance dans les Alpes Maritimes.
Lors du prochain Conseil Municipal [du 25 juin] pas moins de 16 considérants visant à écarter définitivement la CGT de la place saint François sont proposés au débat.
C’est un véritable acharnement politico administratif pour opposer l’action syndicale aux intérêts de la population niçoise. »

Evidemment forte de la légitimité de son histoire, de la loi sur les bourses du travail (que Sarkozy n’a pas eu le temps d’abolir !) et du protocole de 2009 la CGT a saisi la justice. Mais le temps que celle-ci se prononce l’irréparable peut être accompli par ce maire qui a décidé de pratiquer la politique du fait accompli.

Depuis des mois la CGT alerte la population, a mis une pétition en ligneet le 18 juin appelait à une manifestation départementale qui est rapidement devenue une manifestation régionale qui a rassemblé 1500 personnes de la place Massena à la place St François.

En toute logique, arrivés devant la bourse du travail, pour préserver l’avenir et garder ces locaux actuellement à l’abandon, une grande partie des manifestants a investi le bâtiment qui depuis lundi est sous la bonne garde jour et nuit des militantes et militants CGT du département.

Face à un maire hors la loi, il est légitime que la CGT se rebelle au nom du bien commun


[1noms des habitants des Alpes maritimes



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