Lakshmi Mittal : rien à fer de Florange.

lundi 10 décembre 2012
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Le métal que l’industriel indien a cessé de produire à Florange est inoxydable, contrairement à ses engagements.

Laissant parler son coeur, Laurence Parisot, la patronne du Medef, a jugé « dramatiques » les doutes pesant sur la bonne foi du pédégé d’Arcelor Mittal.

Non, le mot n’est pas trop fort.

C’est vrai, quoi, cette petite dinde de Delphine Batho, ce faiseur de Montebourg qui s’enivrent de mots, ces syndicalistes gris souris, tous à critiquer, qu’y connaissent-ils, à la vie des affaires ?.

Ce n’est pas parce que Gandrange a fermé ses portes en mars 2009, alors que Lakshmi Mittal avait promis en février 2008 qu’il n’y aurait pas de suppressions d’emplois et qu’il investirait 40 millions d’euros qu’il faut en tirer des conclusions hâtives.

Et puis, c’estAnne Méaux, la patronne d’Image 7, chargée de toute la com’ du CAC 40 et qui n’a pas l’habitude de miser sur les losers, qui gère son image.

Un gage de sérieux.

Aux nuisibles qui critiquent le management du groupe, et qui soulignent que Laksmi Mittal et son fils Aditya n’ont pas été vus en Lorraine depuis plus de deux ans et se font bien silencieux, Mme Méaux répond qu’ils ne s’expriment pas « parce que les discussions sont avant tout techniques ».

Est-ce leur faute, à nos deux dirigeants, si aucun de leurs interlocuteurs n’est compétent ?.

L’acier, c’est un métier.

C’est la raison pour laquelle Aditya, le fiston, qui dirige entre autres le site de Florange, n’a jamais le temps pour discuter avec les syndicats, ni avec les élus locaux.

La dernière fois qu’on l’a aperçu, c’était lors de l’inauguration d’un centre de formation, en octobre 2010.

Il avait posé dix secondes avec le député du coin, Michel Liebgott, puis fait le tour du centre au pas de charge avant de sauter dans sa voiture.

C’est vrai que le paternel passait du temps avec les politiques, à l’époque où il voulait acquérir Arcelor et se les mettre dans la poche.

Il avait littéralement emballé Jean Arthuis et Patrick Ollier.

Mais, après, quand on est pris par le business, on a moins le temps.

Lakshmi est extrêmement apprécié par les Bouygues, les Dasssault et, bien sûr, les Pinault.

Tous adeptes forcenés, comme lui, du capitalisme familial, ils le reçoivent et le soutiennent.

François Pinault affirme avoir « beaucoup parlé gouvernance » avec son ami Mittal.

C’est vrai que l’éthique du capitalisme est un sujet passionnant.

Même Daniel Bouton, un gars pourtant pas follement enthousiaste, enchanté par le milliardaire, dont il a financé l’OPA en 2006, avait parlé, au moment de l’acquisition d’Arcelor, d’un « truc de rêve qui a du sens », avant de lancer une formule rudement profonde :

« Le drame des vieux pays comme le nôtre est leur arrogance ».

En plus, Lakshmi Mittal n’est pas celui qu’on croit.

La presse britannique répète en boucle cette confidence d’un ex-proche collaborateur :

"Les affaires, c’est toujours en famille, et avec pour seul horizon l’argent.

Mais elle se trompe.

Un jour, parvenant à vaincre sa pudeur, le pédégé a avoué :

« Ma fierté, c’est de créer de la valeur pour ceux qui travaillent dans le groupe industriel que j’ai fait grandir ».

Par hasard, un journaliste passait par là et a recueilli cette confidence, qui séduit par son authenticité.

La preuve que les Mittal n’ont pas que l’argent en tête ?.

Ils en perdent.

Eh oui !.

Après le rachat d’Arcelor, le groupe a investi massivement dans les mines de fer, alors au plus haut.

Mais l’acier européen a plongé dans la crise, et aucune embellie n’est en vue depuis que la Chine développe sa propre production.

Résultat : une dette de 17 milliards, classée dans la catégorie des « obligations pourries », et une action qui a perdu 80% de sa valeur en cinq ans.

On comprend que les Mittal aient perdu le sens de l’humour.

D’accord, ils ont la 21e fortune mondiale.

Mais c’est la crise pour tout le monde.

Pas sûr que les Mittal, qui ont dépensé 55 millions de dollars en France pour le mariage de leur fille en 2005, le referaient aujourd’hui.

Quand les riches maigrissent, les pauvres meurent, alors les salariés seraient bien inspirés de faire des sacrifices.

Au lieu de les aider dans la tourmente, certains analystes font la fine bouche et soulignent que les choix stratégiques du groupe depuis cinq ans sont extrêmement discutables.

Et, comme si ça ne suffisait pas, voilà qu’on les stresse avec des histoires de nationalisation.

Croulant déjà sous les soucis, Lakshmi Mittal a pourtant dû se rendre à l’Elysée.

On ne lui aura décidément rien épargné.

Comme si c’était facile de se retrouver face à un homme qui s’est demandé pendant la campagne électorale si Lakshmi Mittal n’était pas animé « que par des intérêts financiers ».

Bonjour la confiance.

Quand aux syndicalistes, ils ont touché le fond.

L’engagement de Mittal d’investir 180 millions d’euros sur cinq ans les laisse de marbre.

Ils trouvent ça « flou ».

Le représentant de la CFDT Edouard Martin a même lâché :

"Depuis dix-huit mois , nous disons que Mittal est un prédateur.
S’il y en a qui pensent qu’il va s’arrêter à Florange, ce sont de doux rêveurs".

C’est vrai que tous ces has been des vieux pays sont d’une arrogance...

Par Anne-Sophie Mercier dans Le Canard enchaîné du 05/12/2012

Transmis par Linsay



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