Fusion GDF /SUEZ : nos chances de gagner sont intactes...

mercredi 4 octobre 2006
par  Charles Hoareau
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Alors que l’AFP essaie de mettre en avant « une stagnation » de la mobilisation,

que Libération (décidément ça ne s’arrange pas pour ce journal déjà dans une situation compliquée et qui l’aggrave avec de telles infos à l’emporte pièce), que Libération donc titre sur le « baroud » des électriciens et gaziers

que Le Monde (qui ferait mieux d’être prudent au vu des réactions en ligne quasi unanimes de ses abonnés) sait à peine qu’il y a eu une journée d’action hier,

la bataille est loin d’être finie.

Sur le plan parlementaire d’abord. La mobilisation sans relâche des personnels depuis plusieurs années maintenant même si - et c’est bien compréhensible - celle-ci a forcément connu des variations, les explications syndicales, le soutien politique, ont fait monter dans la population la prise de conscience que les opérations qui entourent le dossier s’apparentent plus à un hold-up qu’à un pseudo renforcement d’une entreprise par ailleurs en excellente santé. (voir nos articles sur le sujet dans cette rubrique et dans la rubrique économie).

Cette mobilisation n’est pas sans influence sur les députés. A gauche d’abord. Les mêmes qui avaient avalisé le processus conduisant à la privatisation sont aujourd’hui unanimes pour la dénoncer et réclamer avec nous EDF/GDF 100% public. Ils vont même plus loin puisqu’ils disent approuver nos propositions de fusion EDF/GDF dans le cadre du service public. Après tout il n’est jamais trop tard pour reconnaître ses erreurs ou du moins de le dire...

L’UDF se découvrant une vocation sociale a voté contre (à l’exception de deux députés).

Si l’UMP a majoritairement voté pour il est à noter que 10 députés de ce groupe ont voté contre, 7 se sont abstenus, et 22 n’ont pas pris part au vote : élections quand tu nous tiens...

Au sénat où le texte doit passer à partir de mardi il n’est pas du tout sûr que l’UMP qui n’a pas la majorité absolue (155 sièges sur 321) arrive à ses fins et ce d’autant plus que la mobilisation va continuer comme l’a redit hier la CGT.

Dans ce cas là un nouveau passage devant l’assemblée nationale sera nécessaire sur fond de bataille qui se poursuivra. Et même dans le cas le plus favorable où le texte serait finalement adopté il restera la question des décrets d’application...et le CPE n’est pas si loin...De même ne seront pas loin les échéances électorales rendant plus délicates la position de nos élus face à une opinion publique disant de plus en plus son attachement au service public et son refus de la spoliation de la nation au profit de grands groupes privés qui demain feront la loi sur les prix, rogneront sur la sécurité et casseront le statut du personnel.

On est donc très loin du baroud. Et si la presse ne l’a pas vu, disons lui que nous avons vu hier des manifs plus nombreuses et plus déterminées encore que celles du mois passé et que nous parions sur le fait que le 14 octobre nous serons plus nombreux encore.

Le pique nique devant la mairie de Marseille

Six syndicats de l’énergie (CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa et Sud) ont appelé gaziers et électriciens à des arrêts de travail de 8 heures et une manifestation nationale à Paris de Denfert-Rochereau (XIVe) à l’esplanade des Invalides (VIIe) parce qu’il « est encore possible de faire capoter le projet » « Non à la privatisation de l’électricité et du gaz, l’énergie au service de la nation. Des droits pour les salariés, des droits pour les usagers », proclamait la banderole de tête.

Favorable au rapprochement industriel entre Suez et GDF mais opposée à la privatisation du gazier public, la CFDT a de son côté appelé les salariés de GDF et EDF à des arrêts de travail de quatre heures. Pour autant des militants CFDT étaient présents dans le cortège.

Les hauts-parleurs diffusaient en boucle des paroles prononcées par Nicolas Sarkozy le 6 avril 2004, alors ministre de l’Economie : « il n’y aura pas de privatisation d’EDF/Gaz de France, c’est clair, c’est simple et net ». « Chirac, Villepin et Sarkozy, ils ont tous promis, ils ont tous menti », ont scandé les manifestants.
Des manifestants portant des bougies avertissaient : « demain, vous vous chaufferez tous à la bougie ! »

En province, à notre connaissance, des manifestations ou rassemblements de protestation ont rassemblé plus de 500 personnes à Valence, 300 à Toulouse, une centaine à Illzach (Haut-Rhin), Lille... Des baisses de charge de 800 à 1.000 MW ont eu lieu sur le réseau GDF, alors que l’éclairage public a été coupé lundi soir à Toulouse.

A Marseille plus de 300 manifestants ont occupé la bourse des valeurs où un mistral capitaliste a déchiré la banderole que les gaziers-électriciens avaient accroché au balcon qui domine La Canebière. Ils se sont ensuite rendus devant la mairie accompagnés de délégations d’entreprises de la région marseillaise (dont une du groupe Suez).

Dans le sud-ouest, un millier de grévistes ont renoncé à participer au mouvement pour réparer les dégâts causés par la tempête qui a privé quelque 200.000 usagers (qui ne sont surtout pas des clients) d’électricité. « Ils sont repartis au travail pour remettre le jus en Aquitaine après la tempête », a expliqué Maurice Marion (CGT).

Décidément le service public...

Au 14 donc !



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