Licenciée pour une photo de journal : c’est comme ça chez ELIOR !

lundi 31 mars 2014
par  Charles Hoareau
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Les lecteurs de Rouge Midi s’en rappellent,le 4 février était un jour historique pour les employé-e-s des entreprises de propreté. Dans toute la France ils manifestaient pour obtenir le 13e mois.

A Marseille particulièrement la mobilisation a été forte. ONET, ISS, ELIOR…dans la manifestation, des centaines de personnes, soit par des pancartes, soit par des banderoles, affichaient le nom des entreprises de propreté où elles travaillent. Que cela ait fait plaisir aux employeurs….rien n’est moins sûr mais de toute façon ce n’était pas le but.

Il faut croire qu’ELIOR, l’entreprise de nettoyage qui s’était faite connaître à Marseille il y a quelques mois en reprenant le « marché » des employées de bloc opératoire et en expliquant le plus tranquillement du monde que l’on pouvait remplacer une infirmière spécialisée par une employée de nettoyage sans grande qualification pour nettoyer les prothèses et autres outils chirurgicaux, ELIOR donc n’a apparemment pas supporté de découvrir le lendemain de la manif une pancarte où était portée la seule mention ELIOR écrite au feutre noir.

Dans les heures qui ont suivi, Sonia, la porteuse de pancarte, était sermonnée par un cadre qui lui expliquait que cela n’allait pas en rester là.

En suivant elle se retrouvait mise à pied puis licenciée pour faute. A tant que faire ils auraient pu ajouter atteinte à l’image de marque et mise en péril grave d’un groupe présent dans 13 pays, qui emploie plus de 100 000 salarié-e-s et attentif « au développement professionnel de ses collaborateurs et à l’impact de ses activités sur l’environnement, Elior est adhérent du Pacte mondial des Nations Unies depuis 2004. » [1].

Licenciée pour une photo, la ficelle était un peu grosse. Alors pour se préserver d’une saisine de la justice, le groupe ELIOR, sous la plume de M. Peyrat, le directeur régional, « musclait » sa démarche au travers d’une lettre trouvant tout d’un coup (et au besoin inventant) tout un tas de défauts et de fautes à Sonia (y compris dans leur hâte des fautes tellement inventées que cela les a réduit à commettre des erreurs et des invraisemblances grossières).

Le fait que Sonia, travaille avec d’autres dans un hôtel de Marseille où les cadences sont telles que cela oblige le personnel à faire régulièrement des heures supplémentaires non payées et que cela a conduit par deux fois le personnel de nettoyage de cet hôtel à faire grève n’a bien sûr rien à voir avec le licenciement de Sonia. Le fait qu’elle devait être candidate aux élections prochaines des délégués du personnel de l’entreprise non plus évidemment.

18mn pour faire le nettoyage d’un studio

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Il s’est trouvé un expert quelque part dans le monde, dans un bureau d’ELIOR, pour estimer que le nettoyage d’un studio d’hôtel ne devait pas prendre plus de 18mn.

Donc, défaire et refaire le lit, balayer ou aspirer la moquette, nettoyer la salle de bain, sols et vitrage compris, nettoyer le coin cuisine, vider les poubelles…et on en oublie ne devrait pas durer selon les crânes d’œuf qui gouvernent ELIOR, plus de 18 mn

On aimerait bien les voir faire et dans quel état ils sont au bout de la 21e chambre qu’ils auront faite dans la journée…selon leurs prévisions

Quoiqu’il en soit, ni le syndicat départemental CGT des entreprises de propreté, ni les dockers et portuaires qui ont envahi avec eux l’hôtel le jeudi 20 mars, ni la CGT des unions locales concernées ne veulent laisser faire.

Sonia sait qu’elle peut compter sur eux, ELIOR commence à l’apprendre aussi à ses dépens.


En médaillon le type de photo qui peut vous envoyer au chômage quand vous travaille chez ELIOR


[1sur le site ELIOR



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