Au delà des textes (IV) L’Union Européenne, l’Afrique et le sud

lundi 22 octobre 2012
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Nous poursuivons notre re-publication de la série parue en 2005 au moment de la bataille pour le NON...et dont l’actualité ne s’est (malheureusement) pas démentie.

Il n’y avait pas encore eu les guerres en Afrique et au moyen orient, les accords privilégiés avec l’état d’Israël et l’accord de libre échange avec la Colombie...

Il était déjà visible avec les accords de Schengen qui ont défini 2 sortes d’étrangers, les européens et les autres, que l’Europe était discriminatoire.

Là aussi, la construction européenne n’a fait qu’aggraver cette dimension en renforçant le caractère impérialiste de l’espace politique en construction.

Il y avait (et il y a toujours) la Françafrique qui à l’aide de barbouzes protège ses intérêts financiers, pille les richesses, fait et défait les gouvernements fantoches...

Il y aura de plus en plus l’Eurafrique.

* Celle qui met des barbelés à ses frontières et adopte des lois de plus en plus rétrogrades et répressives sur les questions du droit d’asile et de l’immigration.

* Celle qui veut bien piller, quand cela l’arrange, y compris la matière grise des pays pauvres à condition que celle-ci ne reste pas plus en Europe que ce que la production l’exige et surtout n’y emmène pas ou n’y constitue pas sa famille.

*Celle qui refuse la libre circulation des hommes et des idées mais organise la déportation économique légale (quand on proclame que l’on a « besoin » de 18 millions d’immigrés pour le bien être du continent) ou illégale quand on refuse de donner des papiers à des salariés qui « coûteront » ainsi moins cher que des salariés titulaires d’une autorisation de travail.

*Celle qui impose des accords commerciaux pour son seul profit comme en Mauritanie, une des zones les plus poissonneuses du monde, que viennent exploiter des bateaux venus de toute l’Europe empêchant ainsi les mauritaniens de tirer un juste profit de leurs richesses naturelles

* Celle qui se partage les ruines du Zaïre, fait du Maroc un protectorat et de la Tunisie une villégiature.

* Celle qui entretient les meilleures relations du monde avec le régime esclavagiste de Mauritanie et qui attise les conflits en Cote d’Ivoire ou nom d’intérêts sordides

* Celle qui après avoir mis à terre toute la zone CFA par des mesures monétaires prises par la droite conservatrice du temps de Balladur, les a encore aggravées par la mise en place de l’Euro.

* Celle qui ne défend les droits de l’homme ni au Soudan, ni en Tunisie mais en plus cède (voire précède) devant les exigences américaines à l’OMC, l’AGCS et tous les traités internationaux.

* Celle qui délocalise en Afrique non pour tirer ces pays vers le haut mais pour s’appuyer sur l’absence de droits sociaux et les différences de niveau de vie afin de tirer les coûts mondiaux vers le bas.

* Celle qui, à l’instar de la banque mondiale et du FMI, impose ses choix économiques comme la privatisation des services publics au bénéfice de multinationales européennes voire d’entreprises françaises encore publiques qui les copient. (De ce point de vue l’exemple de la SONELEC* est édifiant.)

* Celle qui s’enrichit en créant des désastres écologiques, en aggravant la misère de populations entières, en organisant les ventes d’armes comme l’a si bien montré le film « Le cauchemar de Darwin » et qui a donc un intérêt objectif au développement des guerres intra continentales.

C’est bien un des aspects les plus détestables, le plus moralement condamnable, le plus dangereux pour l’avenir de la paix sur la planète et son développement, que cette UE impérialiste, tantôt alliée, tantôt rivale des USA, mais toujours dominatrice des pays du sud.

Décidément, on peut dire en paraphrasant René Dumont, l’Europe blanche est mal partie.

*La SONELEC entreprise nationale d’électricité sénégalaise était publique. Pour mener à bien un programme d’investissements Abou Diouf, président socialiste d’alors, modifia le statut de l’entreprise afin de faire appel à des capitaux privés tout en gardant la majorité (51%) du capital sous contrôle de l’Etat sénégalais. Un accord fut même trouvé avec le syndicat de l’entreprise afin de garantir le statut des salariés.

La banque mondiale refusa cet accord et imposa à l’état une participation minoritaire...pour le plus grand profit - entre autres - de la Compagnie Générales des Eaux. La conséquence de cette capitulation du gouvernement sénégalais eut pour conséquence une remise en cause de l’accord, une remise en cause de la couverture nationale de la fourniture d’électricité, pour ne la réserver qu’aux seules régions « rentables ».


Dessin tiré de grigri.news



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