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Palestine : La question c’est ce que notre silence et nos récits permettent ici

lundi 20 avril 2026

L’intervention d’UPM, Union Palestine Marseille, lors de la manifestation marseillaise hebdomadaire du dimanche 12 avril 2026

2 ans, 5 mois et 28 jours. Soit un total de 916 jours.

916 jours de feu, de sang et de silence complice.

916 jours pendant lesquels des populations entières sont écrasées sous la puissance militaire, enfermées, bombardées, déplacées, affamées.

916 jours où le droit international est piétiné, méthodiquement, sans conséquence réelle.

Et pendant ces 916 jours, les morts s’accumulent, par milliers. Par dizaines de milliers.
Des civils, des enfants, des familles entières décimées. Des villes transformées en poussière.

Ce ne sont pas des dommages collatéraux. Ce sont des vies humaines détruites dans une violence systémique.

Mais ici, en France, que voit-on ?

Un article de La Provence s’émeut de la mort de quatre soldats israéliens, ces mêmes soldats qui violent les prisonniers. Ces mêmes soldats qui tirent plus de 350 balles sur une fillette de 6 ans. Ces mêmes soldats qui brûlent un enfant et lui enfoncent une vis dans la jambe pour faire parler son père.

Quatre histoires, quatre visages disent-ils.

Mais où est cette même exigence quand il s’agit des milliers d’autres morts ? Où sont les noms, les visages, les récits ? Pourquoi certains morts ont-ils droit à l’humanité, quand d’autres sont réduits à des chiffres quand ils sont mentionnés ?

Ce n’est pas un hasard. C’est un choix. Un choix éditorial. Un choix politique. Celui de cadrer le récit, de hiérarchiser les vies, de rendre certaines tragédies visibles et d’autres acceptables.

Car pendant que ces quatre soldats sont pleurés les opérations militaires continuent. Les
bombardements s’intensifient. Les frontières s’embrasent. Les pays voisins sont entraînés dans une spirale de violence qui ne cesse de s’étendre.

Et face à cela ? Des réactions timides. Des condamnations à géométrie variable. Une indignation sélective.

Il faut le dire clairement on ne peut pas dénoncer la mort de quatre soldats sans regarder en face l’ampleur des destructions et de la barbarie infligées ailleurs. On ne peut pas parler de sécurité tout en fermant les yeux sur la violence qui l’alimente.

916 jours. 916 jours d’une réalité que l’on édulcore, que l’on fragmente, que l’on rend supportable à distance. Mais elle ne l’est pas.

Et la question n’est plus seulement ce qui se passe là-bas.

La question, c’est ce que notre silence et nos récits permettent ici.

Intervention d’UPM lors de la manifestation hebdomadaire pour la Palestine, dimanche 12/4/26 à Marseille

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