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Etre âgé ou maghrébin, première source de discrimination à l’embauche
jeudi 30 novembre 2006
Un candidat de 48-50 ans ou d’origine maghrébine a environ trois fois moins de chances d’être convoqué à un entretien d’embauche qu’un homme de 28-30 ans portant un nom à consonance française, selon le premier baromètre national de la discrimination à l’embauche présenté mardi.
Le baromètre a été établi à partir d’un testing géant de 6.461 curriculum vitae postés entre l’automne 2005 et l’automne 2006 en réponse à 1.340 offres d’emploi parues sur internet ou support papier.
Les CV étaient factices, mais les discriminations réelles bien qu’illégales.
Une comparaison portant uniquement sur des postes de commerciaux en Ile-de-France tendrait même à prouver une aggravation depuis 2004, sauf pour les personnes handicapées.
"10% des envois pourraient déboucher sur une plainte", a précisé lors d’une conférence de presse l’auteur de l’enquête, le sociologue Jean-François Amadieu (Paris 1-Sorbonne), dont l’objectif n’est cependant pas de poursuivre mais de "sensibiliser".
Le but est de "passer du déni à l’indéniable", a souligné Jean-Louis Joly, directeur général du groupe Adia (travail intérimaire), qui finance les travaux et envisage de rééditer le baromètre "tous les deux ans".
Les chances de décrocher un entretien ont été mesurées pour cinq candidats susceptibles de subir une discrimination : un homme de 48 ou 50 ans, une femme de 32 ans mariée avec trois enfants, une personne au patronyme maghrébin, un candidat handicapé et une personne au physique disgracieux.
Aucune photo n’a été ajoutée, sauf pour le candidat d’apparence disgracieuse.
Le taux de convocation a été mesuré par rapport à un candidat de référence, un homme de 28-30 ans, portant un nom à consonance française, sans photo.
Pour 100 réponses positives obtenues par ce dernier, celui âgé de 48 ou 50 ans n’en obtient que 32, et même 14 pour un poste de cadre.
Les seniors sont davantage victimes du "jeunisme" dans les grandes entreprises (11% de convocations par une entreprise de plus de 200 salariés) que dans les établissements de taille plus petite.
Le poids de la discrimination est sensiblement le même pour une personne portant un nom maghrébin, avec 36% de réponses positives en général et 17% pour un poste de cadre où "le diplôme initial ne paraît pas offrir une protection au candidat", a souligné M. Amadieu.
Le candidat handicapé est un peu moins pénalisé avec 54% de réponses positives. La mère de famille a encore davantage de chances d’être convoquée (63%, sauf dans les petites et moyennes entreprises), de même que la personne d’apparence disgracieuse (71%).
Le baromètre a croisé les données par catégorie sociale, taille d’entreprise et secteur d’activité (industrie, bâtiment, tertiaire) et pour certaines régions (Ile-de-France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Est, Rhône-Alpes).
"Sans forcer le trait, le taux de discrimination est plus fort dans l’Est, à savoir compte tenu de l’échantillon, l’Alsace, et dans une moindre mesure la Lorraine et Champagne-Ardenne", a constaté M. Amadieu.
Les peines encourues peuvent aller jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende. Peu d’affaires sont cependant jugées et les délais assez longs.
Si le plaignant saisit la Haute autorité de lutte contre les discriminations et l’égalité (Halde) —c’est gratuit— celle-ci peut proposer un règlement amiable allant de 3.000 euros à 15.000 euros, complété d’éventuels dommages et intérêts.
Linsay avec AFP
Cela conforte ce qu’observent et dénoncent les associations et organisations de chômeurs.
Puisqu’on a le choix grâce à la raréfaction de l’emploi on peut se permettre toutes les discriminations à l’embauche.
Si cette étude apporte incontestablement (plus de 6000 CV) des éléments intéressants on peut se demander quel est l’intérêt pour une entreprise intérimaire de la financer : _ l’entrave au commerce des hommes ?
Rouge Midi