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L’Irak est devenu une fosse commune

mercredi 6 décembre 2006

"Le carnage perpétré jeudi 23 novembre à Sadr City, bastion chiite de Bagdad, lève définitivement le voile sur l’effondrement de l’Irak", déplore l’éditorialiste d’Al-Quds Al-Arabi. "L’administration américaine en porte la responsabilité", poursuit le quotidien panarabe édité à Londres. En effet, c’est la conséquence d’une série d’erreurs commises par les Etats-Unis depuis l’invasion de l’Irak en 2003, notamment la dissolution, dès les premiers jours, de l’armée irakienne et des organes de la sécurité, rappelle l’éditorialiste.

La nouvelle armée, formée sous la houlette des nouvelles autorités irakiennes, est essentiellement composée d’éléments chiites et kurdes. "Cette armée a engendré des milices confessionnelles, des escadrons de la mort qui enlèvent des sunnites et les achèvent sous la torture. En réaction, des groupes assimilés à la communauté sunnite se vengent en envoyant des voitures piégées dans les marchés et autres lieux de rassemblement de chiites. Dans ce cycle de vengeance, il est fort probable que des services de renseignements étrangers en profitent pour descendre dans l’arène", estime le journal.

Mais ceux qui gouvernent l’Irak actuellement sont eux aussi responsables des bains de sang qui endeuillent toutes les communautés en Irak. "Les groupes irakiens qui sont arrivés au pouvoir ont agi dès le début dans le but de protéger leurs propres intérêts et non comme des dirigeants soucieux des intérêts du peuple irakien, toutes confessions et ethnies confondues", constate l’éditorialiste. Pour les Américains, le gouvernement en place sert de "paravent pour cacher leur responsabilité et se disculper en affirmant que l’Irak est dirigé par les Irakiens".

L’éditorialiste rappelle "les rapports des Nations unies faisant état de 7 500 morts pour les mois de septembre et octobre. Un chiffre à multiplier par quatre pour le nombre des blessés, sans oublier les plus de deux millions d’Irakiens qui ont fui leur pays".

Le massacre du 23 novembre, qui a fait plus de 200 morts, un triste record depuis la fin officielle de la guerre en 2003, est "le prélude de l’avenir sanglant de l’Irak, qui est devenu une fosse commune".

Linsay avec AFP

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