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Syndicaliste SUD blessé (suite)

lundi 27 mars 2006

Cette brève fait suite à celle intitulée : Manifestation contre le CPE du 18 mars : un syndicaliste dans le coma

Présents lors des incidents de la place de la Nation samedi soir à l’endroit où a été grièvement blessé un syndicaliste, trois témoins, dont deux photographes, ont raconté à l’AFP les scènes qu’ils ont vécues au moment de l’intervention des forces de l’ordre.

Le syndicaliste de SUD-PTT, Cyril Ferez, 39 ans, formellement reconnu sur les photos par son syndicat, était toujours dans le coma selon l’Assistance publique Hôpitaux de Paris (AP-HP), mardi en fin de matinée à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil.

Un photographe indépendant assure avoir vu des CRS porter des coups, un photographe de l’Agence France-Presse raconte que les forces ont tardé à appeler les secours, et un enseignant, qui a filmé la charge des CRS, confirme le retard apporté à secourir la victime.

Le photographe belge Bruno Stevens, qui était alors "sur le terre-plein central de la place de la Nation", a expliqué à l’AFP avoir vu les forces de l’ordre "courser un homme".
"Cinq ou six l’ont rattrapé et l’ont immédiatement frappé sans retenue avec des matraques alors que le fuyard n’a jamais eu d’attitude menaçante à leur égard", a-t-il relaté, en évoquant "un coup extrêmement violent porté à la tête, au niveau de l’oeil droit" puis des coups "au sol".

"Quand les forces de l’ordre sont parties, il y avait un homme inanimé au sol à cet endroit exact. Il s’agissait du syndicaliste", a toutefois insisté M. Stevens. Il a précisé qu’à l’arrivée des secours, la victime avait repris conscience.

Un autre photographe, Thomas Coex de l’AFP, est "arrivé après, avec d’autres photographes".

"On voit un type au sol, inconscient, raconte-t-il. On voit qu’il respire mais quand on lui parle, il ne répond pas. Il saigne de la tête. On se dit que ça a l’air grave".
"Autour, il y a des gendarmes mobiles et des CRS. On les attrape, on leur dit : « Il y a un mec gravement touché, appelez quelqu’un ». On nous répond : « On n’est pas là pour ça, poussez-vous, on a autre chose à faire », selon Thomas Coex.

Des propos que Bruno Stevens et un troisième photographe confirment avoir entendus.

"On voit ensuite des CRS qui reculent vers nous. On se relève et on leur dit : « Faites gaffe, vous allez marcher dessus ». On fait barrière pour le protéger, on leur redemande d’appeler les secours. Cinq minutes après, un groupe de CRS arrive, se penche dessus et le prend en charge, raconte Thomas Coex.

Un enseignant, Alain Bessaha, qui a filmé la scène, à -titre personnel-, raconte que, samedi vers 19h45, sur le terre-plein central, il a vu des CRS charger des manifestants leur jetant des bouteilles de verre. A ce moment, Cyril Ferez était à genoux sur le terre-plein sans bouger, explique-t-il.

Ses images montrent la charge d’une dizaine de CRS. On voit une matraque qui se lève, puis un corps, celui de Cyril Ferez, piétiné par un CRS.

Malgré les demandes de journalistes, le groupe de CRS qui a chargé s’en va sans secourir le blessé, selon Alain Bessaha. Puis quatre ou cinq autres CRS arrivent. L’un d’eux dit qu’il est "sauveteur" et va s’occuper de la victime. Pour Alain Bessaha, il a fallu attendre les secours au moins un quart d’heure.

"Avec le CRS sauveteur, nous avons recouvert le blessé avec des vêtements", relate-t-il. "Il a le visage très tuméfié, une ecchymose énorme à l’oeil droit, du sang dans la bouche. Il est inconscient, ne parle pas tout de suite. Puis Cyril Ferez arrive à dire son nom, qu’il est du syndicat Sud et postier. Il tient des propos pas très cohérents, disant qu’il ne veut pas des pompiers et veut rentrer chez lui".

Linsay avec AFP

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