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Etats-Unis : la régularisation des clandestins s’enraye au Sénat
dimanche 9 avril 2006
Une réforme de l’immigration censée permettre la régularisation de millions de clandestins s’est enrayée vendredi au Sénat américain, remettant en cause un rare et fragile compromis atteint la veille entre républicains et démocrates.
Ce compromis a été rejeté moins de 24 heures après avoir été présenté comme "une avancée majeure" par les principaux responsables de la majorité républicaine et de l’opposition démocrate.
Alors que le Congrès entame vendredi un congé de deux semaines, aucune nouvelle date n’a été fixée pour la reprise du débat sur l’immigration, un dossier qui divise profondément les républicains alors que se profilent les élections parlementaires de novembre.
Le président George W. Bush, qui pousse ce dossier depuis plus de deux ans, a cependant répété vendredi son optimisme. "Un système d’immigration qui pousse les gens dans les ténèbres de notre société, ou qui les laisse en proie à des criminels, est un système qui doit être changé", a déclaré M. Bush.
Le compromis annoncé jeudi était censé permettre la régularisation dans le pays de quelque 7 millions de clandestins, se trouvant aux Etats-Unis depuis au moins cinq ans, et prévoyait l’expulsion ou le départ de tous ceux arrivés après janvier 2004.
Il créait une catégorie intermédiaire, concernant les 2,5 à 3 millions de personnes se trouvant aux Etats-Unis depuis deux à cinq ans, qui devaient dans un délai de trois ans se rendre à un poste frontière avant de se faire réadmettre.
Il avait rapidement été dénoncé par la frange la plus conservatrice de la majorité républicaine, notamment à la Chambre des représentants où une réforme migratoire strictement répressive avait été adoptée en décembre.
Le représentant Tom Tancredo avait ainsi traité le compromis de "politique misérable".
"Faire un distinguo selon la durée pendant laquelle on a violé la loi, je ne crois pas que ce soit la bonne façon de procéder", avait aussi lâché la sénatrice texane Kay Bailey Hutchison.
Les partisans républicains du compromis, emmenés par le très influent John McCain, se sont néanmoins dits persuadés vendredi de pouvoir emporter l’adhésion de 65 à 70 sénateurs, largement assez pour faire passer leur loi.
De quoi faire dire au démocrate Edward Kennedy, partenaire de M. McCain dans tout ce débat, qu’il était "plein de chagrin mais aussi plein d’espoir" que la réforme arrive à son terme.
Le républicain Sam Brownback, partisan du compromis, a lancé de son côté un appel aux organisations religieuses et hispaniques pour qu’elles maintiennent la pression et "insistent pour avoir un processus équitable".
Les organisations de défense des droits des immigrés ont appelé lundi à une journée d’action nationale, avec le soutien de plusieurs organisations de gauche comme MoveOn.org. Elles espèrent réunir au moins un million de personnes dans une soixantaine de villes des Etats-Unis.
Le mouvement en faveur des immigrés a déjà suscité la plus grosse manifestation de l’histoire récente des Etats-Unis, rassemblant plus d’un demi-million de personnes à Los Angeles le 25 mars.
Linsay avec AFP
Rouge Midi