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Clearstream : (« clair courant ») ou à qui profite le crime ? S Royal ou JM Le Pen
vendredi 12 mai 2006
Selon l’avocat et politologue Nicolas Baverez, auteur du best-seller "La France qui tombe" l’affaire Clearstream, ce scandale qui éclabousse le sommet de l’Etat, profite en partie à Ségolène Royal, et beaucoup à Jean-Marie Le Pen.
Question : Quelles conséquences politiques attendre de l’affaire Clearstream ?
Réponse : "La gauche, en particulier Ségolène Royal, encaisse des voix, mais c’est Le Pen qui fait carton plein. Ségolène Royal capitalise sur le côté +air frais+, c’est son talent. Elle fait croire qu’elle est neuve en politique, et qu’elle est loin de tout ça. Le Pen encaisse le gros lot sur le thème +tous pourris+.
"On ne voit pas comment Dominique de Villepin pourrait tenir. Il a menti sur toute la ligne, et les juges vont faire leur travail. Il a repris un peu de souffle ces derniers jours, mais on ne fera pas croire à l’opinion que l’affaire Clearstream, c’est une affaire Van Ruymbeke (le juge d’instruction qui vient d’être mis en cause).
"Quant à Nicolas Sarkozy, qui apparaît comme la victime, il en bénéficie, en apparence, à court terme. Mais dans une affaire de ce genre, il n’y a pas de vainqueur dans l’opinion".
Q : Quelles leçons peut-on tirer de ce scandale ?
R : "Après bien d’autres événements, l’affaire Clearstream pose le problème des institutions de la Vème république, en particulier la question du domaine réservé. Il n’y a pas de contre-pouvoir dans le domaine de la défense, de la sécurité. Cela pose le problème du Président de la République qui peut utiliser les services spéciaux à toutes fins, y compris personnelles.
Q : Quid de l’opposition ?
R : Là aussi, l’absence de contre-pouvoir est due à la faiblesse de l’opposition. Il n’y pas d’autre démocratie où l’opposition est aussi faible. Le leader du Parti socialiste devrait être le leader de l’opposition, et aussi le candidat à l’élection présidentielle.
"Il faut ajouter que le PS n’a plus d’idéologie ni de ligne politique, autre que celle de l’anti-libéralisme. Plus personne ne sait ce qu’est le socialisme, si ce n’est l’anti-libéralisme. Et il est incapable de jouer le rôle critique qui est devrait être le sien, pour dénoncer la corruption des institutions de la Cinquième république".
Linsay avec AFP
Rouge Midi