Une fusion au dessus de tout soupçon (I)

Les effets de la mondialisation et de l’AGCS à nos portes : naissance de la plus grosse Université de France
lundi 18 juin 2007
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Les 8 et 9 juin 2007, se sont réunis à huis clos à Draguignan les Présidents des trois Universités de l’aire métropolitaine marseillaise (Universités de Provence, de la Méditerranée et Paul Cezanne). Le 11 juin, les étudiants et les personnels de ces Universités apprenaient par un communiqué de presse la fusion des trois Universités pour 2009. En plusieurs épisodes, voyage à travers une fusion au-dessus de tout soupçon.

CHRONIQUESTROSPECTIVES SUR UNE FUSION MARSEILLAISE

1re partie : On commence par agir dans le secret et on n’informe personne.

Le lundi 11 juin 2007, à 11h27, le lendemain du premier tour des élections législatives, M. Ahmed Charai, Vice Président de l’Université Paul Cézanne et Doyen de la Faculté des sciences et techniques, adresse à tous les personnels de la dite Faculté un message électronique les convoquant à une assemblée générale le jeudi 14 juin avec pour sujet « Vers une Université unique ». Il invoque le « franchissement d’une étape décisive » qui doit permettre « de mettre en place dans un délai de 2 ans une université unique dans le cadre de la nouvelle loi d’autonomie » que personne ne connait !...

Le même jour, quelques heures auparavant, c’était par la presse que le projet de fusion des trois Universités marseillaises était annoncé sans qu’aucun membre des Conseils et/ou personnels n’en eut été informé. Plusieurs milliers de personnes (étudiants et personnels) découvrent avec stupeur ce qui a été concocté à leur insu et ce qu’il en adviendra de leur sort.

Sachant qu’à l’Université Paul Cézanne, 30% des personnels ont un statut précaire, on peut s’attendre à des « dégraissages » comme se plaisait à le dire le CNPF (ancêtre du MEDEF). Personne ne connait une fusion ou regroupement d’entreprises qui ne se soit pas accompagné de licenciements, de perte d’activités, d’emplois et de réduction de personnel. La fusion des Universités marseillaises va-t-elle constituer une exception ?

Cette année, les trois Universités de Strasbourg se sont lancées dans un processus de fusion présenté comme modèle par certains responsables universitaires marseillais.
Sur place et dans les fats,, il semble que la réalité est différente (voir à ce sujet, le bilan de cette restructuration sur le blog http://universite-strasbourg.over-blog.com/article-5583611.html)->http://universite-strasbourg.over-blog.com/article-5583611.html

Le Mardi 12 juin 2007, par la Provence dans un interview du Doyen Pena de la Faculté de droit et des sciences politiques, on apprend qu’en 2009, les trois Universités marseillaises n’en feront plus qu’une pour être « la plus grosse Université de France » de manière à former « l’entité universitaire la plus importante de France(...) mais aussi en laboratoires et en mètres carrés ». Il justifie et motive sa démonstration en faisant référence « à la future loi sur l’autonomie » -que personne en connaît.

Le même jour, dans une note adressée à tous les personnels de l’Université,le Président, M. Tchamitchiant convoque le Congrès de l’Université Paul Cezanne pour le 29 juin 2007 à 14h. Il justifie l’urgence et même l’extrême urgence de sa décision en invoquant « l’arrivée prochaine de la loi sur l’autonomie des Universités (...) qui impose de penser radicalement la situation des trois Universités d’Aix-Marseille. ».

Le mercredi 13 juin 2007, M6 diffusait un reportage sur cette opération dans son JT local.

Le jeudi 14 juin 2007, dans l’Amphi Pasteur de la Faculté des sciences et techniques de l’Université Paul Cezanne, M. Charai, annonce publiquement la venue le mardi 19 juin à Marseille de Mme Pecresse, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, pour se pencher sur les fonds baptismaux de la future Université marseillaise.

Enfin, le vendredi 15 juin 2007, M6 repasse une autre couche dans son journal télévisé local...sans compter les communiqués de presse, articles diffusés par la presse écrite (Les Echos notamment).
La presse fait son travail. Elle informe en rapportant des communiqués que lui distribue généreusement le service de la communication de l’Université.

Pendant ce temps là, les fêtes de la Saint Jean et de la musique approchent. La modernisation impose qu’il faille faire vite, très vite, trop vite (attention aux excès de vitesse) : au programme de ce mois de juillet, la TVA sociale, la réforme de la justice, de l’accès aux soins et à la santé, le durcissement du rapprochement familial, la carte scolaire, les universités, et si le temps le permet un peu de vodka sur le yacht de Bolloré....
La suite pour bientôt.



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