Steak dans l’assiette et viande en cuisine (II)

vendredi 29 juin 2007
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Décidément la cuisine est de plus en plus indigeste à Buffalo grill...peut être et surtout pour les dirigeants du groupe !

L’action entamée par les salariés de Buffalo embauchés parce que sans papiers est en train de faire du bruit et de marquer des points non seulement dans toute la chaîne mais aussi plus largement dans l’hexagone et au-delà. Qu’on juge par les déclarations ci-après :

- L’UITA « L’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie restauration, du tabac et des branches connexes (UITA) est une fédération syndicale internationale qui regroupe 365 organisations de 122 pays représentant ensemble plus de 10 millions de travailleurs. Nous vous adressons ce courrier dans la mesure où Colony Capital est la société propriétaire de la chaîne Buffalo Grill depuis juillet 2005.

L’une de nos organisations affiliées françaises, la Fédération Commerce Distribution Services de la CGT (FCDS-CGT) nous a informés de la situation des travailleurs sans-papiers des restaurants Buffalo Grill en France. A l’initiative apparemment du directeur d’un restaurant, la gendarmerie a été amenée à vérifier les papiers des salariés/es du restaurant d’Orgeval où, coïncidence curieuse, un salarié sans-papier venait de se présenter aux élections professionnelles sous l’étiquette CGT.
Par la suite, une vaste opération de vérification des papiers des salariés des restaurants Buffalo Grill a été effectuée. Elle s’est traduite par des arrestations, des licenciements ou des démissions forcées. (...) Nous considérons que la responsabilité de Buffalo Grill est engagée dans l’emploi de salariés sans-papiers. Nous vous appelons à user de votre influence pour que la direction générale de la chaîne ouvre très rapidement une négociation avec les organisations syndicales et les travailleurs/euses concernés/es sur les conditions de la régularisation des sans-papiers et leur réintégration dans leur emploi, et abandonne immédiatement toute poursuite judiciaire liée à la situation actuelle. »

- Les syndicats de l’Essonne (cgt fsu cfdt unsa solidaires unl unef)

« Les patrons les ont embauchés parce que sans papiers....bien souvent ils ont « oublié » de payer les heures supplémentaires et ont demandé toujours plus sous la menace de les dénoncer à la police... les travailleurs de Buffalo Grill doivent être régularisés et réintégrés dans leur emploi »

- Un peu partout en France se multiplient les actions dans et devant les restaurants Buffalo comme par exemple cela a été encore le cas à Toulouse ces jours derniers

- Par ailleurs dans un communiqué de la CGT de l’Essonne on apprend que le 25 juin, “ la direction de Buffalo Grill a tenté, avec des gros bras déguisés en “jardiniers”, une provocation pour essayer de chasser les employés grévistes “sans papiers” du parking du restaurant de Viry-Chatillon.

La provocation a échoué, les “jardiniers” sont repartis dans leurs camionnettes et dans leur camion équipé d’une pelleteuse.

Derrière eux, sont arrivés deux huissiers de justice avec un lot d’assignations pour comparaître le mardi 26 juin à 9 h devant le Tribunal de grande instance d’Evry.

La direction de Buffalo Grill demande l’expulsion des abords et du parking du restaurant, des employés “sans papiers” qu’elle a embauchés parceque “sans papiers”.

Sur les 4 040 salariés de l’enseigne , près de 600 sont des travailleurs étrangers, soit 15 % des effectifs. dix salariés en situation irrégulière ont été licenciés, quinze sont en grève, vingt-deux ont démissionné. "Ils ont été forcés à démissionner", corrige Raymond Chauveau, délégué départemental. "Quand j’ai entendu l’histoire d’Orgeval, mon manager m’a dit : "Il faut que tu démissionnes avant que la police ne vienne t’arrêter"", raconte Camara Issa, 40 ans, deux ans au Buffalo de Montlhéry (Essonne).

Raymond Chauveau dénonce un système où la main-d’oeuvre est "corvéable" et "jetable". "Ils ont un salaire. Ils paient leurs impôts et cotisent aux Assedic. Mais il n’y a plus de limites, débite-t-il. Ils travaillent non-stop." "On ne pouvait pas se rebeller, nos patrons menaçaient de nous livrer à la police", relate Demba Sidibe, 35 ans dont quatre au restaurant de Montgeron (Essonne).
Mamadou Saw, 43 ans dont trois au Buffalo de Montgeron, raconte même avoir dû travailler au domicile de son chef. "Je faisais des travaux", lance-il.

A la préfecture de l’Essonne, où tout le monde a en tête l’affaire semblable de Modeluxe, les rencontres entre le préfet, le président du directoire de Buffalo Grill Erich Harasymczuk, les délégations de sans-papiers et la CGT se succedent. "Nous demandons à être régularisés", réclame Balla Sissoko, 31 ans, six ans de maison. "Nous l’espérons, répond la direction. Car s’ils sont régularisés, nous nous engageons à les réembaucher."

Eh bien alors ils sont humains à Buffalo !...surtout quand leur image de marque s’écorne au fil du soutien grandissant que rencontre cette lutte qui ne désarme pas.



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