Au delà des textes (III), l’Union Européenne et la paix

lundi 15 octobre 2012
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Nous poursuivons avec cet article qui se trouve de manière assez inattendue en plein dans l’actualité, la réédition des textes publiés en 2005 sur l’UE.

A l’époque nous étions loin de nous douter (et la liste des guerres n’était malheureusement pas close) que 7 ans plus tard, par une farce grossière et cynique on en viendrait un jour à décerner à cette puissance impérialiste en construction qu’est l’UE, le prix Nobel de la paix...

La suite des évènements a malheureusement donné cruellement raison à celles et ceux qui comme nous nous voyaient dans cette union internationale qu’est l’UE, une machine de guerre. Comme pour les deux précédents textes nous rappelons que ces articles sont pour nous des contributions au débat qui doit avoir lieu et appellent donc critiques,enrichissement, réponse, voire contradiction.

L’UE et la paix

Le grand argument de ceux que l’on a appelé les pères de l’Europe par un abus de langage qui a une importance idéologique indéniable était : grâce à l’Europe on aura la paix.

Cet argument employé au lendemain de la guerre avait évidemment une portée considérable.
D’emblée les penseurs et artisans de la construction européenne se sont situés sur le terrain idéologique en cherchant en permanence à détourner l’aspiration des habitants de ce continent à la paix, à la fraternisation entre les peuples, au désir de voir tomber les frontières.

Ils se sont servis de la paix comme pierre d’angle à la construction de leur argumentation politique. Cet argument avait un avantage celui de faire passer comme des jusqu’au-boutistes nationalistes ceux qui sont opposés à ces choix là. En effet dans cette bataille idéologique qui est aussi une guerre des mots il y aurait selon eux les proeuropéens et les antieuropéens et pourquoi pas tant qu’on y est les pacifistes et les guerriers ?

S’il faut parler de la paix, force est de constater que les mêmes qui sont partisans aujourd’hui de la Pax Européanna ont été hier et sont encore aujourd’hui souvent les partisans de la Pax Américana.

Quelle paix et d’ailleurs quelle indépendance peut garantir une puissance qui non seulement est membre de l’OTAN - organisation qui n’aurait plus de raison d’être si on s’en tient aux objectifs initiaux des créateurs de cette force armée internationale - mais qui en plus, si la constitution était adoptée, se soumettrait totalement à celle-ci ? (I - 41 alinéa 1 et 2) [1].

La construction européenne a-t-elle empêché une guerre ? Dans les Balkans ? En Afrique ?
_ Et on peut aujourd’hui allonger la liste : en Cote d’Ivoire, en Libye, en Syrie...

Si la période 45/90 a été qualifiée de plus longue période de l’histoire sans conflit majeur on ne peut oublier qu’il y a également eu dans cette même période plus de morts dans des conflits dits locaux que dans toute la 2e guerre mondiale...

Si nous pouvons nous réjouir du fait qu’il n’y ait plus de guerre entre pays européens (à l’exception notable de la guerre des Balkans) pouvons nous pour autant oublier que les conflits se sont simplement déplacés et qu’ils enrichissent toujours les mêmes vendeurs d’armes ? De ce point de vue le film « Le cauchemar de Darwin » documentaire tourné en Tanzanie en dit long sur le rôle de l’UE dans l’attisement des conflits militaires pour la simple raison qu’ils lui profitent économiquement.

Est il hasardeux d’affirmer que le capitalisme n’a pas eu pour l’instant d’intérêt financier à laisser se développer une guerre sur le continent et c’est sans doute la principale raison de cette période de non agression ?

Si on prend l’exemple des Balkans force est de constater que là c’est l’UE qui a mis de l’huile sur le feu et attisé les braises d’un conflit qui n’était pas inéluctable...

Les prises de position de l’UE tant à l’OMC que dans le cadre de l’AGCS sont les ferments de conflits futurs opposant des pays qui veulent sortir de la pauvreté et en sont empêchés par l’attitude des pays impérialistes.

Avec en plus une force Européenne transportable, constituée exclusivement de militaires de métier, le risque n’est il pas plus grand demain de voir une nouvelle force impérialiste s’affronter aux USA par pays pauvres interposés ? Il n’y aura pas alors de contingent pour les arrêter comme ce fut le cas en Algérie...

Si le premier but de l’Union Européenne avait été la paix le 1er poste de ministre créé aurait pu être celui des cultures ou de l’éducation...et non comme dans le cadre de la constitution celui des affaires étrangères...Et puis, à moins d’être adepte du fameux « Si tu veux la paix prépare la guerre » des romains, comment se réclamer de la paix et se fixer dans une constitution l’objectif d’augmenter les capacités militaires de chaque pays de l’union ? (art I 43-3) [2]

Nous n’avons nul besoin d’une force impérialiste de plus...


[1ce qu’a confirmé le traité de Lisbonne

[2objectif réaffirmé depuis



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