Drôles de comptes et de méthodes à PRIMARK à Marseille

mardi 14 janvier 2020
par  Rouge Midi
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Pour celles et ceux qui suivent l’actualité économique et sociale ce n’est pas la première fois que cette multinationale du commerce créée en 1969 en Irlande et spécialisée dans les magasins d’habillement low-cost se fait remarquer. Pour les friands de capitalisme Primark est une entreprise à la réussite insolente en particulier depuis son rachat par ABF, (Associated British Foods) géant mondial du…sucre implanté dans 52 pays et employant 138 000 personnes.
Primark à elle seule affiche un chiffre d’affaires de 5 milliards pour plus de 5000 salarié-e-s en France et a réalisé fin 2018 un bénéfice net de plus de 12 millions d’euros. Bref, comme le dit la presse spécialisée, Primark est à nouveau au beau fixe

A noter que pour 2019 cela va encore mieux puisque l’entreprise annonce elle-même une progression de 4% des ventes et a ouvert 3 magasins supplémentaires
Donc pour l’entreprise tout va bien.
Mais le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas le cas pour les salarié-e-s…

L’enfer Primark

Ce titre n’est pas le notre mais celui d’un des articles que le journal patronal de la profession Boutique2mode a consacrés à l’enseigne
Au fil d’enquêtes faites en 2016 et 2017 le journal décrit des « conditions de travail inacceptables dans la production (…) et la distribution », parle de « problèmes récurrents sur les fiches de paie » et même de « boulot déshumanisant » : n’en jetez plus !

Le journal, qui sait de quoi il parle, décortiquant les méthodes de gestion, va jusqu’à parler de « hold-up social » : on croirait un tract de la CGT !

Face au non-respect délibéré du droit des salariés tentent de se défendre mais en face il leur est alors répondu “ Chez Primark on a beaucoup d’argent, donc même si vous nous envoyez aux prud’hommes cela ne nous fait pas peur car nous avons les moyens pour payer“. [1]

Et depuis 2017 cela ne s’est pas amélioré, bien au contraire. En août dernier, à Primark Toulouse les salariés dénonçaient « une machine à broyer les consciences » , une entreprise « au rythme infernal » où l’on pratique le « lavage de cerveaux »« la pause pipi, ça se mérite : Il faut demander à un manager, quand on en trouve un, pour aller aux toilettes. Comme à l’école. » [2]

C’est dans ce même Primark qu’une salariée a été licenciée après avoir été accusée sans preuve d’un vol de…18€ suite à un écart de caisse qu’elle a pourtant elle-même signalé.
Chez Primark on ne badine pas avec les comptes.
Enfin ça dépend desquels.
Car quand cela touche à ses responsabilités la direction est moins regardante…pour ne pas dire plus.
Ecoutons Sandra

Drôles de compte à Primark Marseille

Je travaille à Primark depuis l’ouverture en novembre 2013. Je me suis engagée à la CGT en février 2017 car les conditions de travail se sont dégradées. Les méthodes de direction ont évolué. On a maintenant des chefs en costard qui nous regardent travailler.
Ils ont supprimé le « prime time » temps où on rangeait avec les chefs mais maintenant c’est vraiment bien séparé. Nous on range et les chefs nous regardent.
J’ai voulu me battre et je suis rentré en contact avec Mathieu Blain DS à Toulon par Facebook.
Puis avec l’UL CGT des Quartiers Nord et j’ai été mandatée comme RSS (représentante de section syndicale) l’an passé. En octobre il y a eu les élections pour la 1re fois la CGT a eu des élus. Nôtre liste CGT a fait 21% soit 2 titulaires 2 suppléants pour environ 400 salariés en tout.
Evidemment cela n’a pas plu à la direction et au syndicat (encore) majoritaire la CFDT.

Cela s’est vu dès la 1re réunion du CSE. Avant la CFDT était seule et elle faisait ce qu’elle voulait. Maintenant elle ne peut théoriquement plus mais en fait comme elle n’accepte pas le résultat de l’élection elle fait tout pour nous empêcher de fonctionner avec le silence complice de la direction.
Par exemple en rendant le local des élus inaccessible volontairement, j’ai pris des photos et au CSE j’ai voulu mettre la direction devant ses responsabilités.

En plus on a maintenant des fiches de poste où la polyvalence est poussée à l’extrême. Elle l’est déjà dans les faits et les employés exercent, sans formation, des postes multi-métiers : videurs de poubelles, vendeur, gérant de stock, agent de sécurité, employée de nettoyage…Mais là cela va être encore pire.
Tout cela je l’ai dit au CSE. La direction et la CFDT l’ont très mal pris

En plus il y a d’autres faits graves sur lesquels la direction qui a une obligation de respect de la légalité concernant le CSE, n’intervient pas malgré nos relances. C’est celle des comptes du CSE.
Tout au long du CSE j’ai interrogé sur les comptes car avec les élus CGT nous les avions épluchés et vu qu’il y a des anomalies graves, entre autres :
- Des frais de déplacement et de restaurant insuffisamment justifiés
- Des versements effectués sans justification en particulier pour la CFDT : cotisations ?
- De l’essence personnelle payée par la carte du CSE.
Dans son rapport annuel l’expert-comptable a souligné ces anomalies et a fait des réserves. Cela représente bien plus que les 18€ d’écart de caisse de Toulouse…

Suite aux interventions des élues CGT et des miennes en particulier, non seulement la Direction n’a rien dit, encore moins promis de faire régulariser, mais elle a laissé les élus CFDT m’insulter en me disant que je n’avais qu’à prendre une corde pour me pendre !!

Pire ! C’est moi qui suis convoquée par la direction pour entretien préalable avant licenciement ce jeudi 16 à 10h 30 ! Je ne vais pas me laisser faire
Ils ont cru qu’ils me feraient peur, que je me tairais c’est le contraire.

J’ai le soutien de mon union locale CGT des quartiers Nord bien sûr mais aussi de tous les militants CGT du département.


En médaillon Sandra et Zoher, le secrétaire de l’union locale lors d’une récente manif




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