M. Gaudin confronté à une fronde contre les horodateurs

mardi 17 mai 2005
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Un article qui, s’il comporte quelques erreurs ou omissions (le nombre de places payantes passe de 4000 à 20 000, on voit mal quels sont les succès remportés par M. Gaudin en matière d’emplois...) représente cependant un tour d’horizon non exhaustif des luttes marseillaises.

Exceptionnellement, lundi 9 mai, le conseil municipal de Marseille s’est ouvert à 8 h 30, quand il débute
habituellement à 14 heures. Du coup, les manifestants antihorodateurs étaient peu nombreux à protester
sous les fenêtres de l’hôtel de ville. A ce moment-là, le conseil adoptait l’augmentation du nombre des places
payantes et la hausse des tarifs, malgré l’opposition des socialistes, des communistes et des Verts.

A la fin de 2006, il devrait donc y avoir près de 20 000 appareils sur la voie publique, contre seulement 7 000
aujourd’hui tous gérés par Eiffage. La fronde qui dure depuis des semaines dans les quartiers centraux de
Marseille ne devrait donc pas s’éteindre. La municipalité dirigée depuis dix ans par Jean-Claude Gaudin
(UMP), qui affiche de bons résultats dans la lutte contre le chômage, traverse ainsi une passe délicate.

Le mouvement contre l’implantation des horodateurs a démarré par une grosse colère des riverains dans le
quartier des Catalans, lors de l’inauguration d’un parking concédé au groupe Eiffage. Chaque soir, depuis le
début du mois d’avril, les manifestants se réunissent sur la place du 4-Septembre et tentent, avec plus ou moins
de succès, de défiler jusqu’à la mairie. Incidents un jour, délégation reçue un autre jour, ce mouvement s’est
peu à peu structuré et élargi. Il a été rejoint par d’autres groupes, voisins ou lointains, qui militent eux aussi contre les horodateurs ou d’autres aspects de la politique urbaine de la mairie.

Le mot d’ordre du Mouvement du 4-Septembre est simple, comme l’explique Denise Steyer, marchande de
journaux à la pointe de l’action : "On demande la gratuité du stationnement pour les commerçants, pour leurs
employés, pour les résidents et pour ceux qui viennent travailler dans le secteur.« Mais l’exaspération des manifestants s’est accrue avec ce que Mme Steyer appelle »l’arrogance des élus.
L’adjoint à la circulation a osé dire que, quand on est chômeur, on n’a pas besoin de voiture, et le responsable
du secteur s’est dit prêt à nous recevoir, mais il n’a rien fait depuis« . Elle ajoute : »Nous sommes des gens
modestes et nous ne pouvons pas payer 40 euros chaque mois pour garer nos voitures."

Intransigeante sur le principe du paiement, qu’elle intègre au plan de déplacement urbain adopté lundi 9 mai,
la majorité UMP de la mairie a quand même entendu la contestation : elle a baissé les tarifs de 40 à 20 euros
par mois et réduit la plage horaire payante. Dans les secteurs où les travaux du tramway battent leur plein, elle
surseoit à la mesure pour les riverains les plus touchés.

Car cette mesure de l’équipe de M. Gaudin, qui a admis lors du conseil que la période n’était "pas très
agréable" , arrive à un moment particulièrement délicat. Les travaux du tramway paralysent le centre-ville,
déjà asphyxié, et les parkings, insuffisants. Cette accumulation de nuisances n’est pourtant pas le fait du
hasard. La majorité veut faire vite pour boucler l’essentiel des travaux avant les municipales de 2008. Or ils avaient pris un retard considérable lors de leur premier mandat.

Le socialiste Patrick Mennucci a eu beau jeu de rappeler au conseil municipal les promesses non tenues des
élus de droite lors de la première mandature (1995-2001).
Ils assuraient tous à l’époque, maire en tête, que le métro serait prolongé, que le tramway roulerait et que "tout
cela était prévu et budgété avant 2001" . Il n’y a pas eu un mètre de tramway ou de métro supplémentaire
depuis, et le retard est d’autant plus visible que nombre d’autres villes de France ont achevé la modernisation
de leur réseau de transport.

Les difficultés de Jean-Claude Gaudin ne se limitent pas aux transports collectifs. La question du logement en
ville est elle aussi devenue source de tensions tant les manques en logements sociaux et intermédiaires sont
devenus criants. Dans une Lettre aux Marseillais qu’il vient d’envoyer, le maire en convient. Pour "les jeunes
qui veulent se loger, les familles qui veulent rester en ville (...) les prix montent trop« , écrit-il. »La
municipalité a décidé de prendre de nouvelles mesures pour faciliter le logement des Marseillais" , il faut donc
construire « davantage de logements (...) pour les ménages les plus modestes » , ajoute-t-il.

L’explosion du marché foncier de la ville, qui a vu le nombre de logements construits annuellement passer de 1
000 à 3 000 en dix ans, s’est faite au bénéfice du logement à loyer libre, donc très cher.
Dans son intervention au conseil municipal de la ville, le chef du groupe socialiste, Michel Pezet, a rappelé que
"l’année 2001 avait vu la livraison de 152 logements sociaux, l’année 2002, 235, l’année 2003, 89 et l’année
2004, 49" . Alors que 20 000 personnes attendent actuellement d’être logées.

En ce domaine également les protestations de la population sont en train de prendre une tournure politique
inquiétante pour le maire. Les locataires menacés par le rachat des immeubles haussmanniens de la rue de la
République se sont organisés et ont pris l’habitude de manifester (Le Monde du 20 octobre 2004). Ils ont
même obtenu de la préfecture qu’elle suivre de très près le relogement des plus défavorisés d’entre eux par le
nouveau propriétaire, Marseille République, filiale du fonds de pension Lone Star. Et les actions de Marseille
Aménagement, la société d’économie mixte qui constitue l’outil d’aménagement principal de la ville, suscitent
des mécontentements dans d’autres quartiers.

Au Rouet, par exemple, où de très anciens locataires désargentés sont menacés d’expulsion par les opérations engagées dans cette ZAC.

Pour l’équipe de M. Gaudin, dont certains élus semblent mal à l’aise, le danger réside dans le fait que ces
diverses protestations, relayées par l’opposition de gauche, touchent des populations qui sont au coeur de son
électorat.

LE Monde 11 05 2005




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mercredi 20 février 2008 à 16h44 - par  Anna-Na !

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