MAY DAY

1er mai 2007 : Entrons en résistance pour changer l’avenir.
lundi 23 avril 2007
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Cette année le 1er mai est situé entre les deux tours de l’élection présidentielle. C’EST LE MOMENT DE DESCENDRE DANS LA RUE POUR CRIER NOTRE RAS-LE-BOL et faire bien entendre au futur gouvernement qu’il faudra qu’il compte avec les citoyen-ne-s qui en ont assez de la censure des débats démocratiques, de la précarité, de la dégradation des conditions de vie.

Car ne l’oublions pas, le 1er mai est la journée de la fête internationale des travailleuses et des travailleurs ! Les origines de cette journée ne sont plus évoquées par les médias, et pourtant elles n’ont rien de festif !

L’histoire de la « fête du travail », débute à la fin du XIXe siècle, alors que la révolution industrielle rend les cadences de travail de plus en plus difficiles. Travailler 12 heures par jour au mieux, au pire du lever au coucher du soleil, sans repos hebdomadaire et encore moins annuel était la loi en vigueur, il y a 120 ans pour les pays en voie de modernisation. S’user au travail à longueur de journée était la vie des hommes, femmes, enfants (dès 6 ans) en Europe, au Canada, aux Etats-Unis.

Le 1er mai 1886, une forte pression syndicale aux Etats-Unis permet à deux cent mille salariés d’obtenir la journée de huit heures. Mais d’autres moins chanceux, doivent entamer une grève dans tout le pays pour forcer leurs employeurs à céder. Le 3 mai, une manifestation fait trois morts parmi les grévistes de la société Mc Cormick Harvester à Chicago. Le lendemain, une marche de protestation tourne mal : une bombe explose tuant des policiers et des manifestants. Huit leaders ouvriers sont condamnés malgré des preuves incertaines et quatre d’entre eux sont pendus.

En 1889, en mémoire du mouvement de Chicago, le congrès de la IIe Internationale socialiste réuni à Paris pour le centenaire de la Révolution française, décide de faire du 1er mai un jour de lutte à travers le monde avec pour objectif la journée de huit heures.


Dès 1890, les manifestants arborent un triangle rouge symbolisant leur triple revendication : 8 heures de travail, 8 heures de sommeil, huit heures de loisirs. Ce triangle fut progressivement remplacé par la fleur d’églantine puis par le muguet (symbole du printemps, du renouveau ...) porté à la boutonnière avec un ruban rouge. C’est depuis lors que muguet et « fête du travail » furent associés.

Le 23 avril 1919 après des années de luttes, le Sénat français ratifie la journée de huit heures et fait du 1er mai suivant, à titre exceptionnel, une journée chômée. Le travail hebdomadaire est désormais fixé à 48 heures.

Dans l’histoire du 1er mai, l’année 1936 est une date marquée par plusieurs évènements. Tout d’abord, en mars se tient le congrès au cours duquel la Cgt se réunifie. Puis les manifestations du 1er mai
surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives. Elles contribuent à la victoire de la première coalition républicaine de centre gauche : le Front populaire qui porte à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon Blum. Enfin, après un mouvement de grève mémorable des mesures historiques sont rapidement adoptées pour les travailleurs : la semaine de 40 heures, les deux premières semaines de congés payés, les conventions collectives et la reconnaissance du droit syndical.

Le 1er mai a aussi été le reflet d’époques moins glorieuses... Le 24 avril 1941, pendant l’occupation allemande, cette date est déclarée « fête du travail et de la concorde sociale » et jour chômé et payé par René Belin. Cet ancien syndicaliste, dirigeant de l’aile anticommuniste de la CGT était devenu secrétaire d’Etat au travail dans le gouvernement du maréchal Pétain. Le gouvernement de Vichy glorifie le travail en tant que valeur morale et conservatrice, favorable à la collaboration des classes détournant ainsi le caractère revendicatif et internationaliste de cette journée.

C’est en 1947, que le 1er mai devient dans toutes les entreprises un jour chômé et payé. Déclaré jour férié par le gouvernement issu de la Libération, il ne sera cependant pas assimilé à une fête légale.

A partir de 1954, dès le début de la guerre en Algérie, les autorités françaises interdisent les manifestations dans Paris. Il faudra attendre le 1er mai 1968 pour que le monde du travail, à l’initiative de la Cgt se donne à nouveau rendez-vous dans la rue. Ce jour là un cortège immense défila de la République à la Bastille pour célébrer les libertés retrouvées.

Plus proches de nous, les manifestations du 1er mai 2002 furent exceptionnelles. Après le premier tour des élections, le sursaut républicain s’est exprimé dans la rue où les français se sont rassemblés en nombre pour faire barrage à l’extrême droite, défendre les droits de l’homme, la démocratie et rappeler que la politique ne doit pas se faire en tournant le dos aux revendications des travailleurs et des populations les plus précarisées.

Face à l’oppression du système capitaliste, il est urgent de faire revivre les valeurs de solidarité internationale. Depuis des décennies, présidents et gouvernements se succèdent et leurs politiques aboutissent à une société de plus en plus inégalitaire. Nos salaires, notre pouvoir d’achat et nos droits sociaux sont inversement proportionnels aux profits des possédants.

Aujourd’hui, 7 millions de pauvres, 5 millions de chômeurs, 3 millions de mal-logés pendant que les quarante entreprises qui caracolent en tête du CAC 40 font 100 milliards de profits en 2006. Le système capitaliste qui enrichit quelques-uns sur le dos du plus grand nombre n’est pas une fatalité. Il permet à ceux qui possèdent les moyens de production de détenir aussi tous les leviers du pouvoir et notamment les appareils d’Etat et les médias. Une poignée de possédants qui ne ferait pas le poids face à un soulèvement populaire et qui le sait très bien !
« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » (Déclaration des Droits de l’Homme - 1793, Article 35).

Alors, en ce 1er mai 2007, faisons retentir nos voix et continuons après le second tour quel que soit le résultat de la présidentielle. Il ne suffit pas de voter une fois tous les cinq ans et de laisser faire, les délégations de pouvoir n’amènent que des insatisfactions. Mêlons-nous de ce qui nous regarde. Défendons nos revendications sociales de progrès, partons à la conquête de nouveaux droit démocratiques, soyons solidaires entre peuples. La démocratie ne peut vivre sans nous toutes et tous.

Oui, faisons de ce 1er mai une passerelle entre un passé de luttes difficiles mais gagnantes et un autre avenir. Fêtons les travailleuses et les travailleurs et non pas le travail. Redonnons tout son sens à cette journée pour construire ensemble, sur les ruines de la calamité un autre futur. Reprenons le pouvoir ! Notre force est considérable, nous sommes : LE PEUPLE SOUVERAIN ! Il nous appartient d’obliger la classe politique à porter nos espérances et nos exigences pour écrire notre histoire et celle de nos enfants.
Soyons acteurs de la démocratie, brisons les chaînes que nous impose le libéralisme pour retrouver nos libertés avec l’arme la plus redoutée de ce système qui nous détruit : la SOLIDARITE ! Organisons-nous et entrons en résistance, notre nombre et notre détermination permettront d’anéantir le libéralisme.

Résister, n’est-ce pas notre devoir à toutes et tous pour préserver nos vies et garantir les valeurs fondamentales du peuple français dont nous sommes porteurs depuis 1789 : LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE ?

Patricia DIEGHI



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