La candidature de Michelle ALLIOT MARIE

dimanche 8 octobre 2006
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1- Le président et les « partis »

Jacques Chirac semble sortir son jocker Michèle Alliot Marie qui se présenterait sans passer par l’UMP. Ce qui correspond diront les gaullistes à l’esprit de la Constitution qui ne soumet pas l’élection du Président aux partis politiques, mais est un colloque singulier entre le peuple français et le monarque (ne pas oublier que De Gaulle a à un moment pensé au prétendant au trône de France).

On voit que ceux qui dénigrent le rôle des partis n’ont rien inventé, ils ne font qu’entériner la constitution la plus monarchique du monde, la notre.
la pipolisation, la personnalisation outrancière, ne sont que le stade ultime de la déchéance constitutionnelle, du monarque nous en sommes à Lady di.

Remarquez bien à quel point tous les camps y sont soumis...

Sans critiquer le moins du monde les personnes, relisez les débats autour de Clémentine Autain ou José Bové sur certains sites...

Un tel système qui remplace le peuple par « l’opinion », l’élection par les médias et les sondages, produit immanquablement ce que disait DE GAULLE, « A ma mort ce ne sera pas le vide mais le trop plein »...

Si l’on accepte l’idée que la candidature d’Alliot marie est celle que jacques Chirac jette dans les pattes de Sarkozy pour freiner sa « resistible ascension », il y a toute chance qu’elle soit jouée par Chirac dans cette dimension gaullienne qui contourne le choix de l’UMP. C’est-à-dire qu’elle devra nécessairement rompre avec la démagogie sarkozienne comme la courte vue « royaliste ».
On ne peut pas limiter l’antagonisme entre Chirac et Sarkozy simplement à une lutte de crabes politiciens , ce qu’il est par ailleurs. L’hostilité entre les deux hommes a un fondement plus politique.

2- L’opposions Sarkozy-Chirac

Sarkozy vient de défier doublement Chirac : premier défi il est allé faire allégeance aux Etats-Unis et à G.W.Bush. De ce point de vue sa manoeuvre est une erreur non seulement par rapport à la politique chiraquienne mais surtout par rapport aux Français qui n’apprécient pas cette allégeance. Ceci joint à de fausses manoeuvres du ministre de l’intérieur, que ce soit à Cachan ou aux Mureaux, a permis à Chirac qui n’est jamais aussi bon que quand il s’agit d’un combat électoral, de pousser en avant le joker Alliot Marie.

Les Français qui ont un certain sens historique de l’Etat n’apprécient pas que leur président se conduise comme le ferait le pilier de bistrot, chauvin et « rouleur de mécanique ». Ils attendent un Président qui ait de la distance et de la hauteur. Sarkozy se range derrière Bush et flatte les pires penchants d’une population, il n’est pas sûr que les Français aspirent à être gouvernés de cette manière.

Deuxième défi moins évident, Sarkozy a remis en cause le privilège du président de la république sur le budget défense, sur le nucléaire. C’est depuis longtemps le véritable point d’opposition entre Chirac et Sarkozy. L’affaire est compliquée parce qu’elle a des dimensions contradictoires : défense d’un monde multipolaire, dans lequel la puissance nucléaire française est censée être une garantie d’indépendance. Tentative dans cet esprit de conserver le noyau du nucléaire qu’est AREVA sous direction étatique nationale, alors même que l’Union européenne fait pression pour la privatisation.

Chirac se veut le défenseur dans l’esprit gaullien d’un capitalisme français et c’est là que le privilège du président de la République sur le budget nucléaire ne saurait être isolé des Dassault et autres lagardère. Sarkozy s’inscrit a contrario de ce projet, d’un côté le capitalisme français souhaite un rabibochage avec les USA et de l’autre il souhaite bénéficier de privilèges dans sa relation avec l’Etat.

Jacques Chirac a une caractéristique que tous les commentateurs lui reconnaissent : c’est un tueur politique et quand le combat est lancé, il intervient au bon moment. Il a, ce qui semble complètement échapper malheureusement à la gauche anti-libérale, le sens du moment de l’intervention.

Le duel pipolisé à l’extrême entre Sarkozy et Ségolène fait éclater au grand jour l’absence de contenu politique, la démagogie et l’absence de choix réel d’une telle alternative.

Il sent bien que les Français aspirent à avoir devant eux un « politique » quelqu’un capable de définir un certain dessein (c’est d’ailleurs par parenthèse ce que défendent aussi certains membres du PS). Il a laissé la situation aller jusqu’à l’écoeurement de tous et estime que quelqu’un comme Michèle Alliot Marie peut au moins représenter une visage digne de la France, par opposition aux deux gugus montés par les médias. A-t-il de surcroît obtenu quelques garantis du soutien capitaliste ? L’affaire GDF-Suez n’est pas non plus étrangère à ces grandes manoeuvres.

3- L’espace politique que pourrait réellement occuper une candidature anti-libérale.

On peut craindre que Jacques Chirac n’ait raison et que la gauche anti-libérale ait elle aussi laissé échapper la possibilité d’apporter une autre issue, d’autres choix fondamentaux. Aux intérêts du capital, à une vision de dupe de l’indépendance française, il s’agit d’opposer un nouveau dessein dans un contexte international et national.

Si cette candidature d’Alliot marie se précisait, pourrait-il surgir une candidature capable de défendre la paix, le développement, l’indépendance de la France, toutes choses qui passent par la maîtrise des leviers économiques et par la rénovation en profondeur du service public ?
Réfléchissons à cela et maintenant reposons-nous à partir de là la question des candidatures.



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