Les Amiantés du sud poursuivent la lutte

mercredi 30 mai 2007
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Le 25 mai, à l’initiative du collectif Amiante PACA et des associations de défense des victimes de l’amiante du Sud Est avait un lieu un rassemblement devant le palais de justice de Marseille. Ci-après leur déclaration qui se passe de tout commentaire...

Le collectif Amiante PACA et les associations de défense des victimes de l’amiante de la région sud-est se sont rassemblés ce vendredi 25 mai 2007 devant le palais de justice de Marseille pour protester contre la remise en cause des avantages acquis par les victimes professionnelles en général et de l’amiante en particulier.

Les attaques qui sont portées ne sont pas anonymes, elles sont dictées par le patronat et le Medef qui font des pressions énormes sur le pouvoir en place qui cède aux exigences du grand patronat. Elles viennent pour tenter de reprendre nos avancées plus que significatives obtenues sur l’amiante pour les remettre au niveau des autres maladies professionnelles, que ce soit sur la cessation anticipée d’activité (ATA), que le niveau des indemnisations obtenues durant ces 10 dernières années, mettre le dossier amiante dans la négociation nationale sur la prévention des risques professionnels.

Alors que la faute inexcusable des employeurs est obtenue, que le conseil d’Etat a validé définitivement la responsabilité de l’Etat dans l’affaire de l’amiante, que la cour de cassation a donné raison aux victimes de l’amiante sur la gravité exceptionnelle des employeurs et de l’Etat, on assiste aujourd’hui à une véritable agression contre le niveau des indemnisations obtenues par le passé.

Les différents rendus de justice sont honteux, les préjudices attribués sont divisés par trois et même quatre ; que ce soit pour les veuves qui avaient avant au moins 60 000 euros, maintenant il est versé 15 000 euros de même pour les salariés atteint par la maladie : plaques pleurales pour une IPP de 5 % auparavant le niveau était d’environ 25 000 euros à ce jour cela tourne autour de 8 000 à 12 000 euros.

On en arrive à obtenir des rendus de justice inférieurs à ce que l’on obtient auprès du FIVA (fond d’indemnisation des victimes de l’amiante), où on sait que toutes les associations nationales avaient dénoncé l’injustice d’indemnisations trop faibles. On tente de nous renvoyer auprès de cet organisme pour limiter le nombre de faute inexcusable de l’employeur.

On voit là la brutalité des orientations prises par les tribunaux de façon qui se généralise et qui ne sont pas seulement de quelques juges qui feraient du zèle, mais bien une directive qui tente de plus en plus à se généraliser dans tout notre pays.

A l’heure où des milliers de plainte sanctionnent enfin la responsabilité de l’Etat, groupes industriels et patronat, c’est bien une justice de classe qui se met en place, aux orientations du ministère de la justice, avec en tête le patronat et le Medef auprès des tribunaux des affaires de sécurité sociale. On n’insistera jamais assez pour dénoncer notre système de justice qui n’est pas et n’a jamais été indépendant qui est bien aux ordres des hommes politiques.

Nous ne saurons tolérer les menaces actuelles de remise en cause sur la préretraite amiante. Après la cour des comptes, puis l’inspection générale des affaires sanitaires et sociales, c’est le contenu de la loi de financement de sécurité sociale pour 2007 qui nous alerte. Il a comme but de redonner la main au ministère pour fixer les conditions d’octroi de l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante par un simple décret d’application, telle est la réponse du ministère suite à notre réunion d’Octobre 2006.

Comment le gouvernement peut expliquer un tel revirement alors qu’un rapport du sénat fait par toutes les tendances politiques, a dénoncé les carences de l’Etat en la matière en demandant un élargissement du dispositif de façon beaucoup plus égalitaire et de prendre en considération les indemnisations des victimes, et que les organismes payeurs engagent des actions récursoires pour récupérer auprès des entreprises responsables les pénalités dues.

A tout moment ce ministère peut sortir un décret fermant le dispositif, ce qui nous laisse à penser que la tentative est réelle car depuis 2 ans pratiquement plus aucune entreprise n’est listée pour entrer dans ce dispositif ; une orientation appuyée en ce sens par le patronat et le Medef :

-  les propositions sont d’allonger la durée d’exposition : 1 année de moins pour 5 ans d’exposition au lieu d’1 pour 3 ans actuellement.
-  Diminuer le niveau de l’allocation à 60 % au lieu des 65 % dans le système actuel.
-  De permettre aux salariés atteint par l’affection de l’amiante de rentrer dans le décret amiante dès 55 ans au lieu de 50 ans actuellement.

L’ensemble de ces éléments pour dissuader les salariés d’entrer dans le dispositif et faire aussi des économies, car les ministères considèrent que le coût devient trop élevé en fait un gestion comptable et non une gestion face au désastre humain que l’on connaît avec 100 000 morts d’ici 2025.

C’est pourquoi nos actions à venir ne seront pas de simples délégations mais de véritables manifestations et actions en direction des responsables politiques de notre région et au niveau national, des députés pour là aussi se faire entendre dans les élections législatives à venir, conseils généraux et régionaux, le Maire de Marseille qui est le président de l’UMP par intérim. Exiger que nos propositions soient acceptées et mises en Å“uvre rapidement dans ce problème de santé publique qu’est l’amiante ; catastrophe sanitaire et humaine. Oui nous avons un devoir de témoignage, de mémoire, et évoquer les valeurs de ceux qui sont morts et ceux qui sont fortement atteint par cette horrible maladie, se battre pour le respect des valeurs face à l’horreur la plus absolue de mourir pour de mauvaises conditions de travail fournies.



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