ArcelorMittal s’engage dans une grève générale illimitée

mardi 15 juin 2010
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Plusieurs milliers d’ouvriers du complexe sidérurgique ArcelorMittal d’El Hadjar à Annaba ont voté le 10 juin 2010 la grève générale illimitée.

L’arrêt de travail doit intervenir le 20 juin 2010.

Dans un message adressé aux travailleurs du complexe, Vincent Le Gouic, directeur général, demandait aux travailleurs de ne pas faire grève, le dernier conflit de janvier 2010 ayant coûté 6 M$(4,951 M€) au complexe et entrainé une perte de production de 36 000 tonnes.

Il n’a visiblement pas été entendu. Réunis au sein du complexe sidérurgique d’ArcelorMittal à Annaba (Est algérien), plusieurs milliers de travailleurs ont voté jeudi 10 juin 2010 en faveur de la grève générale illimitée en présence d’un huissier.

Cette décision fait suite à l’échec des négociations entre la direction et le syndicat d’entreprise affilié à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA).

Les représentants de ce dernier avaient soumis, le 9 mai 2010, une plate-forme de revendications dans laquelle figurait, en particulier, la demande d’augmentation des salaires en application de la convention de branche signée le 1er mai dernier par les partenaires de la Tripartite (gouvernement, patronat, UGTA).

Echec des négociations

La direction ayant refusé de souscrire aux demandes du syndicat, une procédure de conciliation avait été engagée par la section syndicale du complexe auprès de l’Inspection du travail d’El Hadjar.

Cette tentative n’ayant pas aboutie, le syndicat dirigé par Smaïn Kouadria a donc décidé de s’en remettre aux salariés de l’entreprise sans refuser au préalable, et à la demande expresse du wali (préfet) de Annaba, de tenir des négociations de la dernière chance avec la direction.

L’échec de cette nouvelle tentative ne laissait d’autre issue que la tenue d’une assemblée générale des travailleurs du complexe. Qui donc ont voté la grève.

En dépit de ces échecs répétés, l’Inspection du travail territorialement compétente n’a pas remis de procès-verbal de non-conciliation aux deux parties. Le syndicat l’a interpellée à plusieurs reprises. En vain… Nombre d’observateurs s’interrogent sur les motivations de cette attitude de l’Inspection.

L’appel à la solidarité entendu

Le syndicat d’El Hadjar a par ailleurs lancé, il y a quelques jours un appel à la solidarité.

Il a reçu le soutien de nombreux syndicats dont celui auquel il est affilié, à savoir la Fédération nationale des travailleurs de la métallurgie, de la mécanique, de l’électricité et de l’électronique (FNTMMEE). Ainsi que celui de partis politiques dont le Parti des travailleurs de Louisa Hanoune.

Une grève générale avait déjà paralysé le complexe en janvier 2010.

Les 7 200 sidérurgistes contestaient la décision de la direction de fermeture de la cokerie qui emploie 320 ouvriers et exigeaient sa rénovation pour un montant de 40 M$(27,5M€).

Un accord fut finalement trouvé en vertu duquel ArcelorMittal, actionnaire principal du complexe d’El Hadjar à hauteur de 70%, et le groupe public algérien Sider, actionnaire minoritaire à hauteur de 30%, prendraient en charge, en proportion de leurs parts de capital respectives, cette rénovation dans le cadre d’un plan de développement des installations de l’usine.

Vendredi 11 Juin 2010
Amal Belkessam, à ALGER

Transmis par Jean-Paul Le Marec




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