« C’est le Fidel de toujours »

dimanche 19 février 2012
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NEUF heures de conversation à peine interrompues par deux brèves pauses. C’est vite dit, mais, quiconque ayant suivi le parcours du leader de la Révolution cubaine pendant cinquante ans, sait que ces 540 minutes supposent l’intensité de plusieurs bibliothèques, et une charge émotionnelle qui durera plusieurs jours et que les participants ne sont pas prêts d’oublier. « C’est le Fidel de toujours », s’exclame admiratif Ignacio Ramonet, l’auteur d’un volumineux livre d’entretiens du commandant en chef.

« Quelle mémoire inépuisable et privilégiée ! », commente Fina Garcia Marruz, Prix national de littérature, dans les couloirs du Palais des Conventions de La Havane.

Dans la chaleur de la Rencontre des intellectuels pour la paix et la préservation de l’environnement, un titre un peu juste face au nombre de sujets abordés, les 69 intellectuels de 21 pays qui participent à la 21e Foire internationale du livre de La Havane, ainsi que les 48 écrivains, penseurs et scientifiques cubains ont rencontré un Fidel intime, qui a porté une attention particulière à chaque interlocuteur, devenu pour lui une source de curiosité inépuisable. Lorsque les invités exposaient leurs idées, on pouvait suivre le fil de ses pensées dans l’expression de son regard, dans ce geste familier qui consiste à tendre le doigt, et se tenir le menton entre le pouce et l’index en se caressant distraitement la barbe.

En présence, dans la petite salle du Palais des Conventions, du Mexicain Sergio Pitol, Prix Cervantés 2005, et de l’Agentin Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix en 1980, les sujets ont porté sur les questions les plus urgentes. Les propos étaient parfois teintés d’inquiétude, comme lorsque plusieurs invités se sont interrogés sur la possibilité d’extinction de l’espèce humaine, ou ont touché des sujets comme l’épuisement des ressources naturelles, la perversion dont font preuve les transnationales médiatiques, et l’apparition de nouvelles armes de guerre et de techniques de contrôle mental, qui dépassent la plus folle des fantaisies.

Daniel Chavarria, l’Uruguayo-cubain Prix national de littérature, a parlé dans son intervention de la capacité de Fidel à devancer les événements, et il l’a qualifié de sorte de « devin historique » (un autre invité a considéré le leader de la Révolution comme un « pessimiste tactique et un optimiste stratégique »). Chavarria a demandé à Fidel si dans ce monde menacé de destruction et confronté à d’aussi graves problèmes il devait s’alarmer ou être confiant. Fidel a répondu sans sourciller : « Pour être tranquille, il faut réfléchir au problème et le combattre ».

L’une des meilleures façons d’aider à « réfléchir à ce problème » c’est de donner le plus d’information possible aux peuples. Fidel a suggéré de faire transcrire les interventions à cette rencontre afin qu’elles soient recueillies dans un livre qui puisse aider à divulguer les idées qui y sont exprimées. « Les intellectuels pourraient même relire et réécrire leurs propos en y ajoutant ce qu’ils auraient pu oublier dans la chaleur des débats », a-t-il précisé.

Mais la conversation pouvait parfois aussi prendre des tournures surprenantes, comme lorsque la Brésilienne Marilia Guimaraes a donné des nouvelles d’un ami de Fidel, l’architecte Oscar Niemeyer – il a fêté ses 104 ans –, qui « a l’esprit très clair » et demande souvent des nouvelles du « jeune homme de 85 ans ». Ce à quoi le chef de la Révolution a demandé : « Pourquoi ne lui soumet-on pas à une étude génétique ? ». Ou lorsqu’il a demandé au ministre de la Culture du Chaco, Neri Francisco Romero, de lui rappeler « par où le général José de San Martin était descendu au Chili ». Plus loin, Fidel a suggéré à l’Allemand Harri Grünberg d’entamer des recherches sur la manière dont son pays pensait remplacer l’énergie nucléaire, comme l’a annoncé le gouvernement allemand à la suite de la catastrophe de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima. Fidel a également posé des dizaines de questions à Santiago Alba Rico, « arabe par adoption » et « européen désemparé qui comme beaucoup s’appuient sur Cuba », sur la Tunisie, son pays de résidenc. Il l’a questionné sur la situation actuelle, l’économie, l’agriculture, la production viticole et dattière…

Le prêtre brésilien Frei Betto, auteur du mémorable ouvrage Fidel et la religion, devait ensuite signaler : « Beaucoup ici, à l’instar Santiago Alba, le camarade de Tunisie, ont eu l’occasion de vivre un examen oral dans une école de jésuites. C’est dur. C’est de là que vient Fidel ».

LE POUVOIRDIATIQUE, APPAREIL IDÉOLOGIQUE DE LA MONDIALISATION

Zuleica Romay, présidente de l’Institut cubain du livre, et Abel Prieto, ministre de la Culture, ont accompagné Fidel à la table de la présidence pour la tenue de la rencontre. Zuleica, qui vient tout juste de remporter le Prix Casa de las Américas, a été chargée d’ouvrir la séance avec la présentation des invités et une excellente dissertation qui a aussitôt animé les débats. Abel a agi comme modérateur et a donné la parole en premier à Ignacio Ramonet, auteur du livre Fidel Castro, biographie à deux voix. Ramonet s’était vu conférer dans la matinée de ce vendredi 10 le doctorat Honoris causa en communication de l’Université de La Havane.

Le thème de l’utilisation et de l’abus des médias a aussitôt attiré l’attention générale et a servi dans une certaine mesure de base aux débats et aux accords issus de cette rencontre, la

parole étant l’outil commun pouvant de permettre aux participants d’abattre le mur de mensonges, de demi vérités et de manipulations qui accompagnent les stratégies de domination actuelles. « Il faut partir du principe qu’aujourd’hui dans le système médiatique, l’information fonctionne comme une marchandise », a dit Ramonet, qui a repris une bonne partie de son discours prononcé au Grand amphithéâtre de l’Université de La Havane.

« L’information est aujourd’hui une marchandise, avec un caractère très particulier, dans la mesure où elle est gratuite. La plupart d’entre nous, lorsque nous consommons de l’information par la radio, la télévision, Internet ou même la presse écrite, ne ne payons rien pour cette information. Comment un système qui s’intéresse toujours aussi vivement aux profits s’arrange-t-il pour que l’information circule gratuitement ? Et bien c’est parce qu’aujourd’hui le commerce de l’information ne consiste pas à vendre de l’information aux gens mais à vendre des gens aux annonceurs », a-t-il souligné.

Ainsi, le système d’information dominant est aujourd’hui constitué de fabricants d’informations triviales, manichéennes et très courtes pour que n’importe qui puisse les comprendre, et rédigées avec un arsenal de 600 mots de base qui font que les messages soient dénués de toute nuance et qu’ils fassent appel à des ressorts émotionnels au dépens du rationnel.

« Plus il y aura de communication, plus l’entreprise gagnera de l’argent. À cet égard, l’information est une matière première stratégique », a souligné Ramonet.

Plus loin, il a signalé que le pouvoir médiatique peut être considéré comme le frère jumeau du pouvoir financier. « Qui est chargé de calmer, d’apprivoiser les sociétés ? L’appareil médiatique ! ». Et il a reconnu que ce tandem est plus puissant que le pouvoir politique, qui perdu sa force au point que les transnationales traînent dans la boue les hommes politiques.

« Est-ce parce que les médias ont plus de liberté qu’avant ? La réponse est non. C’est parce que les dirigeants politiques ont moins de pouvoir qu’avant, et les médias profitent de cet affaiblissement et de l’absence d’autorité pour passer à l’attaque au nom des objectifs fixés par le pouvoir financier ».

Ramonet ne voit qu’une issue, d’où l’importance de ce genre de rencontres, avec le privilège d’avoir Fidel à leur tête. « Le moment est venu de créer un cinquième pouvoir, avec la possibilité que nous donne Internet avec les réseaux sociaux d’élaborer et de divulguer notre propre information, une occasion qui nous est donnée pour la première fois, sans penser que la démocratisation de l’information viendra d’elle-même. Nous avons aujourd’hui des outils qui nous permettent d’intervenir, de modifier, de donner une opinion, pas seulement passive ou interne, mais d’avoir une participation au niveau général. Ils nous permettent de nous exprimer comme les citoyens d’un cinquième pouvoir capable d’agir comme un contrepoids à ce pouvoir qui s’est constitué ».

LA DOMINATION CULTURELLE

Le Prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel a utilisé des termes précis pour identifier les risques latents : « La domination ne commence pas par l’aspect économique, mais par l’aspect culturel », a-t-il dit avant d’ajouter : « Le système est fichu, mais il est intelligent ».

Face aux tentatives d’instaurer une « monoculture des esprits », l’intellectuel argentin a lancé un appel à « la résistance face à la domination culturelle ». « Nous n’avons pas de recettes, mais nous avons des manières de construire, de réfléchir et de faire ». Et d’ajouter : « En Amérique latine, nous vivons indignés ».

La résistance culturelle, la lutte face à la domination asservissante et la préservation de l’environnement ont également marqué les interventions de l’écrivain argentin Vicente Battista, de la dramaturge salvadorienne Liña Cerritos, et des ministres de la Culture d’Angola, d’Équateur et de Jamaïque, entre autres.

« J’AIME BEAUCOUP TELESUR »

TeleSur a été plusieurs fois mentionnée, et le leader de la Révolution cubaine a fait l’éloge « du sérieux et du professionnalisme » de cette chaîne multiétatique « qui gagne de plus en plus d’auditeurs ».

« J’aime beaucoup TeleSur », a dit Fidel lors du débat sur la manière de contrer les mensonges du puissant appareil médiatique de nos adversaires. Il a avoué ne plus prendre la peine de se vexer devant les mensonges. « Le problème n’est pas dans les mensonges qu’ils peuvent dire. Nous ne pouvons pas les en empêcher. Ce qu’il nous faut chercher, c’est comment nous devons dire la vérité ». Et il a qualifié TeleSur d’un des instruments les plus importants pour divulguer cette vérité. La clé, selon Fidel, c’est que « le téléspectateur soit informé ».

Il a dit préférer cette chaîne pour la quantité d’informations politiques et sportives. « Moitié sport et moitié politique », a-t-il dit, avant de se féliciter également du travail de TeleSur dans la promotion des valeurs patrimoniales de notre région et sans publicité, un fléau répandu dans le monde entier.

Pendant son échange animé avec Francisco Sesto, ministre vénézuélien pour la reconstruction de Caracas, Fidel s’est enquis des projets de construction de logements et d’autres programmes sociaux entrepris par le gouvernement bolivarien, et il a dénoncé l’« appareil de propagande et de publicité monté contre Chavez ».

Le thème de la publicité a également été abordé par Carlos Fabretti, un Italien résidant en Espagne qui écrit des livres pour enfants et adolescents. « La publicité tente de nous convaincre que vivre heureux, c’est posséder plus que les autres, alors que le vrai bonheur c’est de posséder plus avec les autres », a-t-il souligné. Les enfants sont les plus vulnérables à ce fléau. Et il s’est félicité du fait que Cuba n’est pas soumise à ce genre d’agression. « En Europe, un citoyen peut recevoir jusqu’à mille impacts de messages publicitaires par jour.

Fabretti admire Cuba pour être un pays où les enfants pleurent à peine. Dans les pays où l’on vit exposé à des stimuli consuméristes permanents, les enfants ressentent une frustration et se montrent plus agressifs. Il a rappelé la phase de Plutarque, l’historien et penseur grec : « Les enfants ne sont pas des vases que l’ont remplit, mais des feux que l’on allume ».

Fidel a livré ici quelques réflexions à propos de son aversion pour la publicité, dont la Révolution ne s’est jamais servie, pas même pour faire connaître ses bonnes actions.

Il a rappelé que tout ce qu’a fait Cuba pour d’autres peuples a été fait « sans aucun esprit de concurrence, de publicité ou de propagande », avant de souligner que l’esprit solidaire fait partie des fondements de la Révolution qui a triomphé en janvier 1959. En ces premières années, l’île comptait 6 000 médecins, dont beaucoup sont partis aux États-Unis lorsque ce pays nous imposa son siège économique et politique. Et certains de ces professionnels qui sont restés et ont adhéré au processus révolutionnaire ont accepté d’aller en Algérie aider la population de ce pays. « C’est là qu’a commencé la tradition internationaliste de Cuba ». Fidel se souvient aussi que « c’est à bord des vieux avions Britannia que nous avons dû transporter la première aide à l’Angola. Et nous l’avons fait sans chercher à nous mettre en avant ».

À ces principes qui s’inscrivent dans le cadre de ce que Fidel a appelé « une politique honnête, non exempte d’erreurs mais honnête », s’est joint l’expérience. Sans cette conjonction,

« nous n’aurions pas pu résister », a-t-il dit, avant d’ajouter :

« Les idées que nous défendons sont parties de l’expérience ; elles ne sont pas le fruit de notre imagination. Ce sont des choses que nous avons vécues ».

ILS DEVRONT QUITTER LES MALOUINES

Visiblement ému, l’écrivain Miguel Bonasso a pris la parole pour rappeler un épisode insignifiant en apparence, qui s’est produit en 2006 : lorsque Fidel écrivit cette dédicace sur la première page d’un livre qu’on lui tendit : « Avec un grand espoir dans la jeunesse et que le monde continuera d’exister ».

Il a partagé cette anecdote. Bonasso se souvient qu’un certain soir au Palais de la Révolution, peu avant le tremblement de terre d’octobre 2005 au Pakistan, et une fois la décision prise de dépêcher une brigade médicale cubaine pour venir en aide aux victimes, Fidel avait commenté : « C’est bientôt l’hiver, le froid, et des milliers et des milliers de gens ont perdu leurs maisons dans les montagnes. Qu’adviendra-t-il d’eux, des femmes et des enfants ? ». Et l’écrivain argentin a dit au leader de la Révolution : « Vous êtes le seul chef d’État de ma connaissance capable de penser, de réagir avec une telle sensibilité. Je vous ai vu profondément touché par le drame de ces gens. Je repense encore à cette soirée avec émotion ! ».

Bien entendu, Bonasso ne pouvait manquer l’occasion de s’exprimer sur un sujet qui secoue l’opinion publique argentine aujourd’hui : la nouvelle provocation coloniale du Royaume-Uni concernant les îles Malouines. À cet égard, le leader de la Révolution a déclaré : « Ils n’ont pas d’autre option que de négocier et de s’en aller. Ce qu’ils ont fait est vraiment déplacé. Ils ont fait preuve d’un sans-gêne éhonté. Ils sont allés jusqu’à envoyer un bateau, un destroyer et un hélicoptère, avec leur prince qui est pilote ». Et d’ajouter : « Les Nord-américains ne sont certainement pas très contents. Ce n’est pas une situation de guerre, mais il faut faire pression sur eux ».

L’écrivain a signalé qu’il y a une manière de faire pression, car il existe une Loi argentine – la 26569 – qui stipule que les compagnies britanniques opérant aux Malouines ne peuvent pas le faire sur le continent argentin.

« Pinochet n’est plus là. C’est lui qui a aidé les Britanniques dans leur dernière guerre contre l’Argentine. Ils sont désespérés, comme on l’a vu lorsque l’Uruguay a interdit récemment l’entrée d’un bateau britannique battant pavillon des Malouines. Ils n’ont rien à faire là-bas. Ils n’ont pas d’autre choix que de partir », a affirmé Fidel.

ILS NE CONTRÔLENT PAS LES FORCES TERRIBLES QUILS ONTCLENCHÉES

« Je suis venu pour vous écouter, pour apprendre de vos expériences », a rappelé le commandant lorsqu’un des invités a manifesté son inquiétude devant l’effort consenti pendant la durée des débats.

La parole a ensuite été donnée au politologue argentin Atilio Boron, qui a rappelé les divisions absurdes au sein de la gauche, qui engendrent parfois des censures même chez ceux qui partagent des idéaux supérieurs. « Ce sont de vieilles habitudes qui seront progressivement éliminées », a dit Fidel.

Revenant sur la nécessité de tirer davantage de profit des réseaux sociaux, un sujet qui tenait à cœur à de nombreux invités, Atilio Boron a souligné que pendant les récents événements en Afrique du Nord on a beaucoup insisté sur le fait qu’Internet a agi comme un important dynamiseur social, alors que 20% à peine de la population de cette région a accès à ce réseau. Il a demandé de ne pas oublier les origines militaires d’Internet, et la surveillance à laquelle nous sommes tous soumis.

Fidel a signalé que l’utilisation et l’abus de la technologie « ont envahi la vie privée des gens. Ils sont partout. Tous les êtres humains sont surveillés par ceux-là mêmes qui se posent en champions des droits individuels ».

Il a plaisanté sur « certains qui croient encore aux messages chiffrés », rappelant que les yankees, dans leurs guerres, ont appris à les déchiffrer. Il a parlé des appareils, en phase d’étude avancée, capables de transmettre l’électricité à travers des fils de la minceur d’un atome, des avions sans pilote et de la technique d’injection d’ordres électroniques dans le subconscient des soldats. « Ce qu’ils inventent va au-delà de la folie ! », c’est-il exclamé.

Atilio a suggéré de relancer la Tricontinental, (rendez-vous des intellectuels militants d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, car de ce côté-ci du monde, on ignore encore beaucoup de choses sur le caractère et la portée des mouvements révolutionnaires en Afrique du Nord, et les gens sont une proie facile pour les manipulateurs des grands groupes médiatiques.

Quelques instants auparavant, Fidel avait qualifié le moment que vit l’humanité de dur et difficile, « Nous nous posons tous la même question : que faire ? ». Mais toujours optimiste : « Il y a des réponses », a-t-il dit, avant de mentionner TeleSur.

Concernant l’adversaire, Fidel a affirmé que ce qui l’inquiète le plus, c’est qu’ « ils croient contrôler, ils tentent d’imposer des choses, mais ils ne contrôlent rien. Nul ne sait ce qui se passe vraiment ». Il a ensuite parlé de la situation en Iran, rappelant les antécédents historiques de ce pays. « La vérité, c’est que le danger d’une guerre existe ».

Avec l’expérience qu’il a vécue à Cuba pendant la Crise d’Octobre, le leader de la Révolution a averti que le plus dangereux, c’est qu’ils ont de moins en moins d’emprise sur les terribles forces et les processus qu’ils ont déclenchés. Il a cité en exemple la situation des Nord-américains et des Européens en Afghanistan et en Irak, où leurs troupes ne peuvent ni rester ni partir.

En début de rencontre, le sujet de la guerre avait été soulevé par Stella Calloni. Cette journaliste et écrivaine argentine s’est dit préoccupée par le silence angoissant des médias et d’une partie de la gauche face aux guerres coloniales qui depuis 2001 se sont succédées l’une après l’autre et qui menacent de rééditer le scénario en Syrie et en Iran. « Nous avons un sujet devant nous : l’information en tant qu’arme. C’est elle qui mène à la guerre. La parole tue », a-t-elle dit, et elle a exhorté à une meilleure coordination au sein du réseau Pour la défense de l’Humanité pour « mettre en marche ce cinquième pouvoir – dont a parlé Ramonet – d’une manière créatrice ».

« Si nous ne pouvons pas stopper ces guerres ils débouleront ensuite sur nous. Le silence des intellectuels, plus jamais ! », s’est-elle exclamée.

Au début de la rencontre, lors de la présentation des invités, Zuleica Romay avait demandé à Fidel ce qu’il pensait de son auditoire. « Infini », avait-il répondu en pensant certainement, non pas au nombre de participants ni au temps – qui est toujours court lorsque les idées sont mises au service du bien commun –, à la capacité des hommes et des femmes présents à décupler leur opposition à l’ordre mondial en vigueur, et à mettre en avant des projets et des paradigmes qui puissent sauver notre espèce de l’autodestruction.

Par Arleen Rodriguez et Rosa Miriam Elizalde source Granma le 15/02/2012

Transmis par Linsay



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