Ali Rodriguez Araque assume le Secrétariat Général de l’Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR) « La pauvreté est le principal problème de l’Amérique du Sud »

mardi 9 octobre 2012
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Le Venezuela a assumé récemment le Secrétariat Général de l’UNASUR, par Ali Rodriguez Araque, qui posa comme axes de sa gestion la matérialisation des principes d’ « identité et citoyenneté » et identifia la pauvreté comme le principal problème de l’Amérique du Sud.

Une fois investi comme Secrétaire Général de l’UNASUR, Rodriguez Araque a indiqué qu’il y « avait plus de 130 millions de pauvres dans notre région pour une population de 397 millions d’habitants, sur un territoire qui dépasse les 17 millions de kilomètres carrés et qui contient la plus grande réserve de ressources naturelles du monde, au moment où les demandes croissent toujours plus, surtout dans les pays industrialisés ».

L’ex-Secrétaire Général de l’OPEP ajouta que cette réalité implique le défi de tracer une stratégie « pour la bonne utilisation des ressources naturelles » et « un plan cohérent d’industrialisation ». L’ex-diplomate souligna aussi que l’Union des Nations Sud-Américaines a un futur prometteur, c’est pourquoi dans son nouveau rôle elle a la tâche de combattre la précarisation du travail, en plus de rejeter les tentatives de coups d’Etat et de défendre la souveraineté de l’Amérique du Sud.

Il exposa que le bloc n’a pas été créé pour menacer l’existence de l’Organisation des Etats Américains (OEA), tout en déclarant que « si les organisations ne se transforment pas et n’adoptent pas les nouvelles réalités politiques, elles sont destinées à disparaître ».

Il profita de l’occasion pour qualifier d’ « excellente » la gestion réalisée par la Colombienne Maria Emma Mejia à la tête de l’organisme régional, parce que « s’établirent les bases institutionnelles et elle réussit une certaine présence comme observateurs aux Nations Unies ».

Il convient de souligner que la consolidation et le renforcement de l’UNASUR se fait, car le Conseil Electoral de l’Union des Nations Sud-Américaines débutera avec ses observateurs aux élections présidentielles du 7 octobre au Venezuela, où la bataille sera entre l’actuel mandataire Hugo Chavez Frias et son opposant Enrique Capriles, ex-gouverneur de l’Etat de Miranda.

Le Conseil Electoral est aussi la neuvième instance sectorielle créée par l’UNASUR et est constituée par les maximales autorités des organismes électoraux des pays qui la constitue. En outre, il existe un consensus entre les différents représentants internationaux pour établir entre les normes la rotation de la présidence pro tempore du bloc par périodes d’une année.

L’Union des Nations Sud-Américaines est un organisme de portée régionale qui a pour objectif de construire une identité, une citoyenneté et de développer un espace régional intégré. Il est constitué de 12 nations, avec 400 millions d’habitants qui représentent 68% de la population d’Amérique latine.

L’année passée fut couvert le vide juridique après que les législateurs de neuf pays souscrivirent cette convention. Le traité constitutif fut signé dans la ville de Brasilia où se structura et s’officialisa l’organisation. Avec la formation du Secrétariat Général et la charge de Secrétaire Général de l’UNASUR elle se donna un leadership politique au niveau international et c’est un pas de plus vers la formation d’une institution permanente en construction.

Le Secrétariat Général a son siège permanent dans la ville de Quito en Equateur, pendant que le Parlement Sud-Américain se localisera dans la cité bolivienne de Cochabamba et le Quartier Général des opérations se situe à Buenos Aires.

Chaque jour l’UNASUR cherche le développement d’un espace intégral dans tous les domaines, un modèle d’unification qui envisage tous les succès et les avancées des processus du MERCOSUR et de la Communauté Andine, ainsi que l’expérience du Chili, de la Guyane et Suriname, afin de favoriser un développement plus équitable, harmonieux et intégral de l’Amérique du Sud, basé sur le caractère multi-ethnique, multiculturel et plurilinguistique des peuples de la région.

Profil de Rodriguez Araque
La nouvelle charge d’Ali Rodriguez Araque sera un défi pour qui a été guérillero, plusieurs fois ministre, président de l’entreprise Petroleos de Venezuela. Durant la décade des années 60 et 70, sous le nom clandestin de Comandante Fausto, il dirigea divers fronts de guérilla comme expert en explosifs du Parti de la Révolution Vénézuélienne, de tendance marxiste.

Le guérillero d’alors soulevé contre les gouvernements surgis après le dénommé Pacte de Punto Fijo qui durant des décennies permit aux sociaux-démocrates et aux démocrates-chrétiens d’alterner au pouvoir, fut persécuté par l’officier de l’armée d’alors Hugo Chavez.

Rodriguez abandonna la lutte armée en 1983 et passa au parti Causa R, un groupement dissident du Parti Communiste, où il se distingua comme féroce critique à la privatisation du secteur pétrolier. Il exerça la profession d’avocat et parallèlement intégra divers groupes d’étude en économie pétrolière, activité qu’il alterna avec ses responsabilités comme législateur, de 1983 à 1999.

Il présida au cours de ces années la Commission de l’Energie et des Mines du Congrès et fut membre du Conseil National de l’Energie, de la Commission de l’Energie et des Mines du Parlement Latino-Américain, et fut assistant aux réunions de l’Energy Council des Etats Unis de 1994 à 1997.

En devenant président en février 1999, Chavez le nomma ministre de l’Energie et des Mines. Il laissa le Ministère en 2000, après avoir été élu Secrétaire Général de l’OPEP, charge qu’il occupa jusqu’à juin 2002, deux mois après le coup d’Etat qui en avril de cette année renversa le mandataire vénézuélien durant deux jours.

A l’OPEP il défendit des politiques qui permirent au cartel une meilleure incidence sur le marché pétrolier mondial, avec des décisions orientées à empêcher tant l’effondrement que les hausses excessives des prix.

En 2002 il fut remplacé à la tête de l’OPEP par un autre vénézuélien Alvaro Silva, étant donné que Chavez le nomma président de Petroleos de Venezuela (PDVSA). A la tête de la pétrolière étatique, Rodriguez exécuta l’ordre présidentiel de congédier ceux qui participèrent au dénommé « arrêt pétrolier » qui durant 63 jours, de décembre 2002 à février 2003, fit pression infructueusement pour la démission de Chavez.

Parmi ses autres apports il promut l’accord d’intégration régionale Alternative Bolivarienne pour les Peuples d’Amérique (ALBA) et obtint que le Venezuela sera accepté comme membre de plein droit du Marché Commun du Sud (MERCOSUR), quelque chose qui reste encore en cours dans l’attente de la ratification de la part du Parlement du Paraguay.
Lucia Berbeo

Source : Rebelion

Traduit de l’espagnol par Gérard Jugant



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