Valérie Pécresse : notre dadame de Paris.

mardi 9 juin 2015
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A 47 ans, la tête de liste sarkozyste pour les régionales d’Ile-de-France essaie de faire oublier son style très versaillais.

Etre proche des gens, voilà l’obsession de Valérie Pécresse

Ras le bol de Versailles , des Yvelines , dont elle est députée depuis 2002 , des petites dames bien mises et des gandins de Rambouillet : elle ne jure plus que par le « 9-3 » , la ligne A du RER , les ZEP et la diversité.

Tête de liste LR (les Républicains) pour les régionales en Ile-de-France, elle multiplie les contacts avec les « acteurs sociaux » , les « petits patrons des zones enclavées », la « communauté éducative » et les "jeunes des quartiers.

Tous lui parlent, ouvrent leur coeur et se confient , ce qui, explique-t-elle , la nourri[t]".

Magnifique.

Dans le souci louable d’une proximité toujours plus grande, la candidate a tenté et réussi , la semaine dernière, une « immersion » , ce sont ses propres termes, dans le métro parisien aux côtés d’un autre intrépide , l’UMP Pierre - Yves Bournazel.

Une photo envoyée , via « Twittter », sur le compte « J’ai choisi Valérie » , a immortalisé ce moment.

Les internautes ont raillé ce périple.

« C’est un bien bel exemple de ce qu’on appelle le courage en politique », a rigolé l’un , un autre lançant : « Va-t-elle pousser le vice jusqu’à acheter une baguette de pain ? ».

« Je veux porter le cri des PME ».

Pas découragée pour deux sous, Valérie a voulu connaître le quotidien des salariés d’une PME.

Elle a donc profité de sa semaine de vacances parlementaires pour faire une seconde « immersion » , à Accessit , qui fabrique du mobilier pour restaurants.

Elle est venue sans « maquillage » , précise « Le Parisien ».

On la voit porter une caisse , « échanger » , puis déclarer : « Je veux porter le cri des PME ».

Immergée ou pas, Valérie Pécresse a toujours été la meilleure, la plus sage , la plus appliquée.

Elle aime encore raconter son histoire d’enfant modèle , silencieuse et précoce , ayant appris seule à lire à 3 ans en déchiffrant les paquets de biscottes rangées dans la cuisine familiale.

Trois cents livres par an dès qu’elle a su déchiffrer , c’est elle qui le dit , tout Balzac à 13 ans , à peine sortie de l’enfance , et tout compris des tourments de Rubempré , le bac à 16 ans , insiste-t-elle , l’entrée dans une grande école à 18. L’ENA à 23 ans, sortie au Conseil d’Etat.

« Déjà 1 000 élus et plus de 10 000 Franciliens dans mon comité de soutien » , assure-t-elle.

Cette manie de dater et de chiffrer tous ses exploits.

Avaler les dossiers , les rencontres , les kilomètres.

Etre deux fois ministre , très jeune.

Connaître par coeur le nom des stations de RER

Une sorte de tour de force sur fond de mythification du « terrain ».

Mais , en guise de pensée structurée , c’est le désert des Tartares.

« Elle n’imprime pas », rigole méchamment un député « ami » , qui enfonce le clou :

"Qu’est-ce qu’elle a dit , qu’est-ce qu’elle a fait en vingt-cinq ans ? ;

Rien.

Un sacré robinet d’eau tiède".

Il y a peu , elle se frottait les mains : Huchon , cette fois-ci , elle le tenait , le vieux grigou à bout de souffle , lâché par ses troupes.

Et voilà qu’ils ont sorti Barto du chapeau.

Le renard de l’Assemblée , le petit malin qui serre toutes les mains , copain avec les écolos.

« Elle va avoir du mal à éviter le piège qu’on lui tend , Neuilly contre Aubervilliers , la bourgeoise bien mise contre le fils d’immigrés » , se félicite un ministre , qui reconnaît pourtant que la partie est loin d’être gagnée pour la gauche.

Valérie dispose d’une équipe de choc pour remporter une victoire que tous les sondages prédisent : Gérard Larcher , Patrick Stefanini et Geoffroy Didier , fondateur de la Droite forte.

Valérie a beau clamer qu’elle n’a « pas d’ennemis » , elle n’a guère de soutiens non plus.

Les grands barons d’Ile-de-France , les Devedjian , les Bédier , les Karoutchi , n’ont nulle envie de la voir « émerger ».

Elle se compare à Merkel.

Elle n’enthousiasme pas, c’est le moins que l’on puisse dire , et s’en console avec un brin d’amertume :

« La valeur travail n’est pas reconnue chez nous, on n’aime que l’intelligence paradoxale , les mots. »

Elle se compare à Merkel , qui, comme elle , ne serait pas une « marrante » mais une « bosseuse ».

C’est Merkel qui doit être contente.

Quand Valérie est en voiture , elle ne perd pas une minute.

« Elle révise sur son iPad les stations du nouveau tramway qui part d’Argenteuil et traverse Bezons » , révèle « Le Point ».

Ensuite , elle révisera le prix de la baguette.

Anne -Sophie Mercier dans Le Canard enchaîné du 03/06/2015

Transmis par Linsay



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