Agression contre la CGT

samedi 28 juin 2008
par  Charles Hoareau
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Des évènements particulièrement graves se sont déroulés à la bourse du travail de Marseille, siège de l’union départementale CGT, que des patrons ont littéralement pris d’assaut sous le regard bienveillant de la police…

Tout le monde ici le sait bien, cela fait des années que la CGT se bat contre le travail du dimanche que la proposition de loi Maillé [1] voudrait voir étendu à l’ensemble du commerce, permettant ainsi aux enseignes d’ouvrir toute l’année 7 jours sur 7. A Plan de Campagne, zone de non droits, les patrons encouragés par le passé par le préfet et des élus locaux [2] s’affrontent depuis des mois à la CGT et la CFDT sur cette question.

L’association des patrons de Plan de Campagne organise régulièrement des opérations médiatiques (qui mobilisent de moins en moins de monde) pour tenter de faire pression. L’ennui pour elle, c’est qu’à force d’obstination, l’action des organisations syndicales progresse :
-  le petit jeu de la course aux dérogations arrive à son terme,
-  plusieurs enseignes qui ont décidé il y a plusieurs mois de fermer font la démonstration que cela n’a pénalisé ni les salariés, ni le chiffre d’affaires de l’entreprise
-  des employés, de plus en plus nombreux malgré la répression, disent leur refus de travailler le dimanche.

Jeudi 26 juin, 80 personnes présentées souvent dans la presse, comme des salariés de Plan de Campagne [3] ont organisé une opération escargot sur l’autoroute qui mène à l’entrée de la ville. Pour information la zone compte 6000 salariés….

Arrivés à l’entrée de Marseille, les manifestants ont garé leur voiture sur l’autoroute, et ont continué leur chemin à pied. Mais au lieu de prendre la direction de la préfecture, ils ont pris, avec à leur tête Tony Sessine, président de l’association des patrons de Plan de Campagne, celle, exactement inverse, de la bourse du travail voisine.

Là ils ont forcé la porte métallique qui donne sur la rue puis, ayant traversé la terrasse d’accès, ont tenté d’ouvrir la porte en bois afin de pénétrer dans la bourse. Heureusement des militants CGT présents les en ont empêché d’où des échanges de coups, deux militantes CGT molestées, le secrétaire d’une UL de Marseille avec le bras en écharpe….

Heureusement que la lourde porte a pu être refermée car au vu de l’équipement des manifestants (en particulier des bâtons) et leur état de surexcitation haineuse, nul ne sait ce qui se serait passé dans les locaux.

Et pendant ce temps que faisait la police ?
Elle gardait les voitures des patrons rangées sur l’autoroute : on ne peut pas tout faire !!!

Car le problème est aussi là. Comment ne pas faire le parallèle avec l’opération escargot organisée quelques jours avant sur la même autoroute par les salariés du port à l’appel de la CGT et qui avait vu la mobilisation de forces de police en nombre considérable (et même d’un hélicoptère !), opération qualifiée de délit par le préfet et l’attitude passive, pour ne pas dire plus, des policiers présents, devant de tels actes que l’on ne se rappelle pas avoir connu ici. Vous imaginez les salariés d’ADOMA tenter de rentrer en force au siège du MEDEF ? C’est vrai que vu leur salaire la plupart prennent le bus et il n’y a donc pas de voitures à garder…. La police était bien devant la porte du MEDEF pour empêcher toute intrusion intempestive des ADOMA qui manifestaient, quasiment à la même heure au côté des sans papiers ….

Comme nombre d’observateurs nous pensons que le régime mis en place par Sarkozy, avec son cortège de régression sociale, d’autoritarisme, de pouvoir personnel, de mise en avant d’une morale réactionnaire, est un retour au pétainisme.

Les faits graves de ce jeudi, sont ils le signe annonciateur du retour des ligues d’extrêmes droite qui, dans l’entre deux guerres, ont fait le lit du fascisme ? [4]

Parce qu’il ne s’agit pas, comme certains ont tenté de le faire croire, d’une simple bagarre de rue ou d’une rixe entre manifestants énervés, mais bien d’une action préméditée, organisée, ces faits doivent interpeller l’ensemble du mouvement politique et syndical français.

La CGT a bien sûr décidé de réagir. Au-delà des différentes expressions et courriers un rassemblement est prévu ce mardi à 11h devant la bourse du travail. Toutes celles et ceux que la défense de la démocratie importe se doivent d’y être présents.


En médaillon les patrons tentent de pénétrer dans la bourse....et ils sont équipés...


[1du nom du député UMP des Bouches-du-Rhône Richard Maillé par ailleurs épinglé dans le livre « Des députés sous influence » pour ses liens avec le lobby des hélicoptères (Eurocopter).

[2En particulier, la zone se trouvant sur le territoire de plusieurs communes, des maires, de l’UMP au PS, ont donné des dérogations d’ouverture pour contrer des décisions de justice

[3en réalité les militants CGT de la zone estiment à une vingtaine au maximum le nombre réel des salariés sur les 80 manifestants

[4lire à ce sujet sur Changement de société l’article de Danielle Bleitrach : Sarkozy ce n’est pas le fascisme c’est la dictature de la bourgeoisie .



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mardi 8 juillet 2008 à 16h35
lundi 7 juillet 2008 à 10h22

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