Etats-Unis-Irak : Massacre d’Haditha.

lundi 29 mai 2006
popularité : 1%

Article de : « Eric Leser », trouvé dans « Le Monde », par Linsay.

L’affaire a été révélée par le magazine Time du 20 mars.

Depuis elle est comparée au massacre de My Lai en 1968, pendant la guerre du Vietnam.

Deux quotidiens américains, le New York Times et le Los Angeles Times, affirment dans leur édition du vendredi 26 mai que l’enquête criminelle ouverte le 14 février par la marine américaine devrait conclure que les 24 civils tués le 19 novembre 2005, dont sept femmes et trois enfants dans le village d’Haditha, à 250 kilomètres au nord-ouest de Bagdad, ont été délibérément massacrés par les marines.

Ce jour-là, la compagnie Kilo du troisième bataillon de la première division de marines est victime, au petit matin, d’une attaque avec une bombe dissimilée sur le bord de la route à l’entrée d’Haditha, dans la province Sunnite d’Anbar.

Un communiqué de l’armée, daté du 20 novembre, annonce que l’explosion a provoqué la mort du caporal Miguel Terrazas, 20 ans, le marine qui conduisait le véhicule, et de quinze civils irakiens. Deux autres militaires ont été blessés.

Devant les protestations locales, l’armée américaine fournit en janvier une autre explication.

Après l’explosion, les marines auraient été pris sous des feux nourris d’armes automatiques. Ils seraient entrés dans plusieurs maisons pour riposter, et auraient saisi deux fusils d’assaut. Dans la confusion, ils auraient abattu des assaillants et des civils.

L’armée américaine a versé alors aux survivants 2 500 dollars par civil mort et quelques centaines de dollars aux blessés.

Mais le témoignage des rescapés et les enquêtes menées par Time et la marine racontent une tout autre histoire.

Celle de la vengeance aveugle d’une unité qui, après la mort d’un de ses hommes, est entrée dans des habitations irakiennes pour abattre leurs occupants, certains même dans leur lit. « L’enquête montre que les marines ont volontairement tué des civils irakiens désarmés, dont des femmes et des enfants, et ont essayé ensuite de couvrir le massacre intervenu à Haditha, l’un des bastions de l’insurrection », écrit le Los Angelès Times daté du 26 mai.

Selon le New York Times du même jour, « une enquête militaire sur la mort de deux douzaines d’Irakiens en novembre 2005 devrait conclure qu’un petit nombre de marines a tué, dans l’ouest de l’Irak, sans provocation et de façon extensive, des civils irakiens ».

DES CIVILS TUES DE SANG-FROID.

Il y a une semaine, le représentant démocrate John Murtha, ancien colonel des marines et héros de la guerre du Vietnam, déclarait après avoir reçu des informations du pentagone sur l’affaire :

« Des marines ont tués des civils de sang-froid. C’est bien pire que le rapportait le magazine Time. Il n’y a pas eu d’échanges de tirs et presque deux fois plus d’Irakiens tués que l’a écrit le Time ».

Au mois d’avril, le commandant du bataillon de marines impliqué et deux chefs de compagnie ont été relevés de leurs fonctions par le général Richard Natonski, qui dirige la division et qui « a perdu confiance en eux ».

Selon le Los Angeles Time et le New York Times, l’enquête devrait déboucher sur des inculpations devant une Cour martiale pour « MEURTRE, HOMICIDE PAR NEGLIGENCE ET FAUX RAPPORTS ».

Cela ferait de la tuerie d’Haditha, le plus grave crime de guerre impliquant l’armée américaine en Irak.

Coîncidence, le président des Etats-Unis, Georges Bush, et le premier ministre britannique, Tony Blair, ont reconnu l’un et l’autre pour la première fois, jeudi, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, « avoir commis des erreurs en Irak ».

Pour Georges Bush, « la plus grosse » tient aux exactions commises contre des détenus irakiens de la prison d’Abou Ghraib : « Nous l’avons payé longtemps ».



Commentaires

Sites favoris


20 sites référencés dans ce secteur