La truelle contre les ghettos urbains.

lundi 1er janvier 2007
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Pour développer la mixité sociale, la municipalité de Rotterdam vend à bas prix des logements délabrés dans les quartiers défavorisés. A rénover soi-même.

NRC HANDELSBLAD (extrait)
Rotterdam.

A côté de la station de métro Marconiplein, à la périphérie du quartier de Spangen, à Rotterdam, une gigantesque pancarte de la municipalité accueille les visiteurs.La ville y vante les mérites de son tout nouveau projet de logement : les maisons à rénover.

Pour un faible montant, elle vend à des particuliers des immeubles délabrés de ce quartier défavorisé, à condition qu’ils retapent leur logement.

Il s’agit d’une rénovation urbaine dont se chargent des particuliers, explique la chef du projet, Ditty Blom.

Cette initiative s’inscrit dans une politique dite « de points sensibles », destinée à réhabiliter les quartiers défavorisés de Rotterdam.

Elle porte sur 169 logements répartis dans sept rues, à Spangen et dans les arrondissements de Feijenoord et de Charlois, dans le sud de l’agglomération.

- Une maison à deux étages coûte environ 40 000 euros, une maison à quatre étages, 75 000 euros. Travaux inclus,ces bâtiments coûtent quelque 150 000 euros.

Trois banques apportent leur collaboration.

Selon la municipalité, 1 500 personnes ont déjà manifesté leur intérêt. Parmi elles, Peter Snaterse et Floor Leemans, associés dans une entreprise de graphisme, qui cherchent un logement avec un espace de bureaux.

« Le principal intérêt, c’est que nous avons la possibilité de recomposer nous-mêmes les espaces dans ces locaux », expliquent-ils lors d’une journée portes ouvertes organisée par la ville de Rotterdam.

- « Tout un immeuble à un prix abordable, c’est une occasion unique dans une ville ».

La vente de ces maisons à retaper fait suite à un projet initié en 2005.
A l’époque, la municipalité a cédé gratuitement la moitié du Wallisblok, un pâté de maison de Spangen comportant 36 logements. « Le succès du Wallisblok nous a mis sur cette voie », dit Ditty Blom, qui explique l’intérêt des gens à retaper pour trois raisons : le prix, le fait que ce sont les acheteurs qui décident de l’aménagement de la maison et la possibilité de s’occuper soi-même de la rénovation.

- Spangen est un des quartiers défavorisés sensibles dans lesquels la qualité de vie doit être améliorée.Cela préoccupe Peter Snaterse. "J’ai des doutes, mais ce projet peut marquer un tournant. Cela fait une différence de venir habiter avec tout un groupe dans ce quartier. C’est pour cela que j’observe le genre de personnes qui se promènent ici.

- J’ai été frappé de constater à quel point tout le monde est ouvert. Je trouve que c’est un point positif. Ici tout le monde vous parle".

Karim Benmakhlouf, qui habitera bientôt le Wallisblok, estime qu’il n’y a pas de problèmes dans le quartier. « Je viens de Spangen. Ce coin a toujours été tranquille. Il y avait bien un peu plus loin des gars qui traînaient, mais la situation s’est améliorée ».

Frederik Jan Van den Berg, un artiste de Bois-le-Duc, fait quand à lui aussi attention aux gens qui viennent à la journée portes ouvertes. Ils sont tout de même différents des personnes que l’on rencontre habituellement dans ce quartier. Ils sont tous jeunes et entreprenants.

Ceux qui achètent une maison ici sont des néerlandais d’une trentaine à une quarantaine d’années.

Les vrais habitants de Spangen se déplacent vers des quartiers défavorisés situés plus loin, et certains craignent que des conflits naissent entre les nouveaux habitants et ceux qui habitent déjà dans le quartier. « Nous avons déjà des exemples de quartiers ou cela n’a pas marché », explique Jan-Willem Duyvendak, professeur de sociologie à l’université d’Amsterdam.

« Il est important que l’écart culturel et social entre les nouveaux et les anciens habitants ne soit pas trop grand. Dans une partie de Hoogoliet, cela s’est mal passé. Les nouveaux habitants ont milité en faveur d’une démolition des logements locatifs ou vivaient les anciens habitants ».

M. Van Duinhoven, un des futurs habitants, comprend ce problème.
« Nous ne devons pas devenir une sorte de colonie. Mais nous n’avons pas encore eu l’occasion de rencontrer les voisins. Nous formons déjà un groupe solide. A partir de là, nous pouvons développer des relations dans le quartier ».

La chef du projet, Mme Blom est de son avis. « La cohésion sociale à Spangen est faible. Ce groupe peut montrer que les choses peuvent se passer autrement ».

« Tout le monde est parti d’ici, nous avons été les seuls à rester », fait remarquer Amar Ghaddari, qui vit dans le pâté dont fait partie les maisons à retaper.

A-t-il vraiment hâte que la rénovation commence ? « Quand vont-ils venir ? En 2007 seulement ? »

Art de « Djaja Ottenhof » paru dans le « Courrier international » en juillet 2006. Transmis par Linsay.



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