2e jour de grève : SODEXO licencie les grévistes…pour abandon de poste !

(ou l’histoire incroyable d’illégalités que le pouvoir laisse perdurer)
samedi 19 décembre 2015
par  Charles Hoareau
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Ça n’a pas trainé !
SODEXO avait déjà montré le peu de cas qu’elle fait du dialogue social mais alors là elle a franchi un nouveau cap ! et en plus en se moquant ouvertement de la justice et des institutions…qui semblent en redemander. SODEXO aurait tort de se gêner !!
On reprend cette incroyable affaire en prenant la suite de l’article précédent :

  • Le 25 novembre, 2e jour de grève, le directeur régional, M. Eric GARDET, qui pense peut-être que le FN a pris la France et que la grève est interdite comme sous Pétain, dit à l’assemblée de grévistes qu’ils sont en « abandon de poste » (sic !) et que donc il les met en mise à pied : violation du droit constitutionnel.
  • Le lendemain le délégué syndical CGT est interdit d’entrée dans l’usine : violation du droit syndical ce qui relève du pénal
  • Lundi 30 novembre on apprend que la direction embauche des intérimaires : violation du droit du travail
  • Les camions sont toujours chargés à 2 tonnes au lieu des 665kg réglementaires : violation du code de la route qui prévoit dès un dépassement de 5% l’immobilisation des véhicules
  • Devant cette avalanche les salariés, soutenus par la CGT interpellent les pouvoirs publics :
  • Saisine en urgence du TGI (Tribunal de Grande Instance) sur la violation du droit constitutionnel : refus de la présidente, Mme SOMMIER, qui considère qu’il n’y a « pas d’urgence caractérisée » (resic !)
  • Interpellation de l’inspection du travail sur les violations répétées de la loi : à ce jour aucune visite à l’entreprise ni sommation.
  • Jeudi 10 décembre saisine en urgence du conseil de prud’hommes qui n’arrive pas à se départager et fait appel au juge départiteur. Le même jour les salariés et leurs soutiens font un rassemblement d’une heure devant l’entrée de leur lieu de travail
  • Dès le vendredi 11 le même TGI considère qu’il y a urgence à statuer sur la notion de violation du droit de propriété : les salariés reposent alors la question de la violation du droit de grève et de l’embauche illégale d’intérimaires : déboutés par contre l’employeur obtient un arrêté d’expulsion pour une occupation qui n’existe pas !
  • Mercredi 16 passage devant le juge départiteur à qui les salariés demande l’annulation des procédures en cours et la nomination d’un médiateur. La juge renvoie au fond à une audience ultérieure dans plusieurs mois.
  • A la sortie de l’audience on apprend qu’au nez et à la barbe du juge, l’employeur avait écrit dès avant l’audience aux salariés (ce qu’il s’est bien gardé de dire au tribunal) une lettre de licenciement pour faute lourde [1] pour…abandon de poste !!

Pendant tout ce temps silence radio à la mairie de Marseille qui a confié à SODEXO le marché des cantines scolaires. Il faut qu’elle soit interpellée au conseil municipal du 16 décembre pour qu’elle dégage en touche sur cette question qui l’embarrasse visiblement.

A une semaine de Noël, les salariés de la SODEXO sont sans salaire, sans indemnités et ne savent pas quand ils retrouveront leurs droits : pas avant des semaines si nous n’arrivons pas à bousculer les choses.

Ce qui se passe à SODEXO est une démonstration :

Voilà ce qui peut arriver quand on confie une mission de service public à une entreprise qui n’est mue que par un objectif : le profit maximum.

Voilà ce qui risque d’arriver si certains mettent en application leur volonté de rendre le code du travail moins obèse

En attendant qu’un jour nous ayons le rapport de forces nécessaires pour renverser les choses et rendre au public, c’est-à-dire à la population ce qui lui appartient, si l’administration du travail, les juges et le préfet qui représente le gouvernement ne sont pas capables de faire respecter la loi, de mettre un terme à des comportements délictueux et de les sanctionner, comment veut-on que les travailleurs de ce pays aient confiance à la justice et croient en la probité du gouvernement et de l’appareil d’état ?

Dernier élément : si la mairie, la SODEXO, le gouvernement ou l’appareil d’état croient qu’ils vont s’en sortir par un pourrissement du conflit et que les salariés et la CGT vont abandonner ils se trompent. Le dos au mur, les salariés se battront jusqu’au bout assurés qu’ils sont du soutien de leur syndicat auxquels ils ont adhéré massivement depuis le 25 novembre.

Si les lecteurs veulent soutenir l’action en cours, qu’ils envoient leur don par chèque, en précisant solidarité SODEXO, à Rouge Midi (9 rue St André 13014 Marseille) qui transmettra.

Hasta la victoria !


[1la faute lourde est la plus forte sanction prévue par le code du travail : elle est privatrice de toute indemnités légales



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dimanche 20 décembre 2015 à 10h09
samedi 19 décembre 2015 à 17h58

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