Le Venezuela et nous

dimanche 24 février 2019
par  Charles Hoareau
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« Je suis un homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger. »

Quiconque partage cette pensée de Térence, esclave africain (et inspirateur des philosophes des lumières dont nombre d’entre eux justifiaient pourtant l’esclavage !) devenu bien plus célèbre que son maitre par la force de son esprit bien plus grande que celle de ses chaines, ne peut pas ne pas se sentir concerné par ce qui se passe au Venezuela.

Que ce pays soit distant de la France de 7600 km ne change rien à l’affaire. Heure après heure les médias martèlent des informations les plus alarmistes très partiales et souvent inexactes sur une situation exclusivement due selon elles à celui qu’elles ne désignent plus que comme le « dictateur Maduro » en « oubliant » le fait qu’il a été régulièrement élu. Faut-il rappeler que Capriles l’opposant officiel de l’époque, celui désigné par l’occident, n’a pu concourir suite à un scandale de corruption dans lequel il était empêtré jusqu’au cou et que Falcon qui lui a succédé a recueilli 20% des suffrages ? La presse et les pouvoirs en place en Europe et en Amérique du Nord contestent le résultat car il n’y a eu que 46% de votants mais alors que doit-on dire des élections américaines où non seulement près de la moitié des électeurs n’ont pas voté, mais en plus Donald Trump a été « élu » avec près de 3 millions de voix de moins que Hillary Clinton ce qui fait de lui le président le plus mal élu de l’histoire des Etats-Unis (au moment où Macron, autre donneur de leçon, est lui le président le plus mal élu de l’histoire de la Ve république…).

La déclaration du PC de Cuba ci-dessous est suffisamment explicite pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en rajouter. Au moment où la provocation pseudo humanitaire a échoué et où les USA annoncent leur volonté « de passer aux actes » il est plus que temps que le mouvement communiste international et toutes les forces progressistes du monde renforcent leur action pour la paix et le respect de la souveraineté du peuple vénézuélien.
Car c’est bien de menaces de guerre qu’il s’agit !

Quels « actes » supplémentaires peuvent poser les USA eux qui depuis plusieurs années font tout pour étrangler économiquement le Venezuela ? Quels « actes » supplémentaires quand on sait que ces sanctions sont allées crescendo depuis ces deux dernières années ?

Depuis la tentative de coup d’état, dans le monde des protestations se sont fait entendre à l’appel d’organisations tant politiques à l’appel de partis communistes et ouvriers, que syndicales à l’appel de la FSM. En France, des forces progressistes dont l’ANC, se sont mobilisées en particulier à Paris. Il est de notre responsabilité et c’est ce à quoi nous nous attelons dès maintenant d’aider à ce que partout monte la protestation unitaire contre le coup d’état piloté par les USA et la bourgeoisie vénézuélienne.

Message urgent aux forces politiques communistes et aux travailleurs du monde

Parti communiste de Cuba - 20 février 2019
Comme il est indiqué dans la Déclaration du Gouvernement révolutionnaire de Cuba du 13 février dernier, « l’escalade des pressions et des actions du gouvernement des États-Unis pour définir la scène pour une aventure militaire déguisée en intervention humanitaire » est non seulement une réelle menace contre le peuple vénézuélien, mais aussi contre la paix mondiale.
Washington ne devrait pas sous-estimer les coûts d’une agression contre le Venezuela. La possibilité d’une régionalisation désastreuse du conflit armé toucherait nos peuples et tous les secteurs sociaux, économiques et politiques.
Nous sommes confrontés à une menace typique d’agression impérialiste - quel que soit le déguisement utilisé - dont l’objectif principal est l’appropriation par les États-Unis des plus grandes réserves de pétrole certifiées de la planète. Il est évident, une fois encore, du mépris de Washington pour les dizaines de milliers de victimes civiles que pourrait causer une telle conflagration à vue.
Cela n’attaquerait pas seulement la révolution bolivarienne. Dans la logique des faucons qui contrôlent la politique de l’administration Trump à l’égard de l’Amérique latine, cette action est considérée comme la dernière tentative contre les forces de gauche et progressistes du monde entier. Aujourd’hui c’est le Venezuela ; demain ce sera le Nicaragua, la Bolivie ou Cuba.
Par conséquent, la défense de la révolution bolivarienne devient la première tranchée de la lutte pour la souveraineté de Notre Amérique, pour l’idéal de la justice sociale, de la paix dans la dignité et de l’unité dans le monde entier.
Nous réaffirmons à l’heure actuelle la thèse de notre gouvernement lorsqu’il est rappelé que « ce qui est en jeu au Venezuela aujourd’hui, c’est la souveraineté et la dignité de l’Amérique latine et des Caraïbes et des peuples du Sud. La survie des normes du droit international et de la Charte des Nations Unies est également en jeu. Que la légitimité d’un gouvernement vienne de la volonté exprimée souverainement par son peuple ou de la reconnaissance de puissances étrangères est en jeu ».
Nous appelons à montrer à l’empire Yankee que les peuples du monde ont le sens de la souveraineté. Le moment est venu pour les partis communistes et ouvriers de tous les continents de montrer l’immense potentiel politique que nous représentons dans la lutte contre la guerre et dans la défense de la paix.

En médaillon : initiative unitaire à Paris le 2 février en soutien au Venezuela. Photo : ANC de France



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