Les nations-unies soutiennent le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui

mardi 29 mai 2007
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Le 31 octobre 2006, le Conseil de Sécurité des Nations unies avait adopté une résolution sur la question sahraouie et prolongé de six mois le mandat de la Mission des Nations unies au Sahara occidental (MINURSO). Plusieurs mois avant la date limite du 30 avril 2007, le Maroc a mandaté des délégations ministérielles auprès des gouvernements des pays tiers pour faire avaliser "un statut d’autonomie de la région du Sahara, dans le cadre de la souveraineté du Royaume et de son unité nationale".

Le premier destinataire de cette initiative diplomatique, Jacques Chirac, jugea ce plan "constructif" sans aucune référence aux résolutions des Nations unies...auxquelles la France a souscrit. Après la France, ce fut l’Espagne où le gouvernement Zapatero s’est rallié aux thèses marocaines pour des raisons économiques (vente d’armes au Maroc, ouverture des zones de pêche). Malgré la forte opposition de parlementaires, autant démocrates que républicains, le gouvernement des Etats-Unis a appuyé la démarche franco-espagnole aux Nations unies.

Fort de ces soutiens de poids, le Maroc croyait avoir partie gagnée. Avant même le vote de la résolution par le Conseil de sécurité des Nations unies, les autorités marocaines ont multiplié les communiqués et déclarations annonçant l’adoption des thèses marocaines comme base de règlement du conflit. Effectivement, la France, l’Espagne et les Etats-Unis n’ont pas ménagé leurs efforts pour faire avaliser le plan marocain d’autonomie en n’hésitant à bafouer leurs propres engagements ainsi que la légalité internationale.

Avec l’adoption de la résolution 1754 le 30 avril 2007 par le Conseil de sécurité de l’ONU, le Maroc et ses alliés ont subi un grave revers. Ils se sont heurtés à l’opposition de pays soucieux du respect de la légalité internationale, en premier lieu la Russie et la Grande-Bretagne (membres du groupe chargé de la rédaction du projet de résolution) ainsi que l’Afrique du Sud qui préside le Conseil de sécurité.

Effectivement, la résolution 1754, tout en encourageant les négociations entre les deux parties "de bonne foi et sans conditions préalables", réaffirme le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination en tant que principe du règlement du conflit du Sahara occidental "dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations-Unies". Toutefois, la résolution 1754 met sur le même plan le colonisé et le colonisateur, le Front Polisario qui accepte le plan de paix et le Maroc qui le refuse. Le Conseil de sécurité refuse toujours d’appliquer des sanctions à la partie récalcitrante et renouvelle sa demande d’une solution "mutuellement acceptable"... Bien que le Haut- Commissariat des Droits de l’homme des Nations unies ait, dans son rapport de mission, dénoncé les violations des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés, la France s’est une nouvelle fois opposée à toute référence à ces violations dans la résolution et à toute extension de la mission de la MINURSO à la protection des populations sahraouies victimes de la répression des forces d’occupation.

D’ici le 31 octobre 2007, délai fixé pour la prolongation du mandat de la MINURSO et l’adoption d’une nouvelle résolution du Conseil de sécurité, les associations de soutien à la cause sahraouie et toutes les organisations (partis, syndicats, associations) soucieuses de la défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes devront tout mettre en Å“uvre et intensifier leurs initiatives pour faire échec aux manÅ“uvres du gouvernement marocain et "parvenir à une solution juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple sahraoui". (résolution 1754)

Les actions devront en priorité viser à informer et sensibiliser la population française sur la question sahraouie pour obtenir une changement de la politique du gouvernement, afin qu’il s’engage sur la voie du respect de la légalité internationale jusqu’à la tenue d’un référendum d’autodétermination qui permettrait enfin au peuple sahraoui d’exprimer librement son choix entre l’indépendance et le rattachement au Maroc.



Commentaires

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mercredi 11 juin 2008 à 18h19 - par  hayat tifariti

la seule chose realiste c’est les urne ou le peuple sahrawis aura son choix libre de se determiner

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