Marc Robert, dieudonniste sur le Front

samedi 29 juillet 2006
popularité : 1%

Trouvé sur le net...(http://www.bakchich.info/)

Ceux qui considèrent que le Dieudonné drôle a disparu avec l’arrivée du Dieudonné candidat à la présidentielle / obsédé du complot juif mondial, affirment souvent que c’est « son entourage » qui est la source de cette rupture. Marc Robert, coordinateur de campagne de « Dark Vador » comme M. MBala MBala aime s’auto-surnommer, est un membre clé de cet entourage. Et un ancien militant du Front national.

C’est d’abord l’histoire d’une rencontre. Marc Robert, « simple militant », croise la route du preux Dieudonné lors de son fameux spectacle à l’Olympia, il y a deux ans. Pour la première fois, assure-t-il. C’est quelques mois après le sketch du colon israélien, sur le plateau de Fogiel, la scène inaugurale où, pour beaucoup, le meilleur comique français troque l’humour contre l’idéologie. Il y a eu, depuis, de nouveaux spectacles pour confirmer cette nouvelle marotte. Dépot de bilan, le dernier, constitué pour une bonne part de « blagues antisémites », dans une ambiance « parano », voire « morbide » [1] enfonce le clou.

À l’Olympia, en 2004, entre Marc Robert et Dieudonné, un « bon contact, de la sympathie.. ». et surtout l’« efficacité » du premier l’intronisent dans ce qui est devenu le bureau d’un candidat à la présidentielle. Aujourd’hui, coordinateur de campagne - il s’occupe de la « mise en cohérence de l’ensemble des soutiens à Dieudo » - Marc Robert est probablement le plus influent de l’équipe auprès du comique, et son porte-parole le plus assidu.

« Je n’ai pas participé à une réunion politique entre 94 et 2001 », raconte l’homme aux deux prénoms (un pseudonyme), qui précise avoir occupé cette période, notamment, comme chargé de mission dans différents organismes. Les réunions de parti, c’est donc entre 1981 et 1994 qu’il les fréquente. Au Parti Socialiste d’abord, dont la « conversion au capitalisme » le déçoit très vite - mais que, tenace, il ne quittera qu’en 1988. Marc Robert estime ensuite que « l’effondrement du mur de Berlin et la redistribution des cartes au point de vue international » vont « se retrouver dans le système politique français ». Il adhère donc... au Front national.

« C’est la guerre du golfe qui m’a décidé. Là, Le Pen prend acte de la nouvelle donne et de la lutte des nation libres contre l’Empire. Il prend le parti d’une nation arabe contre les blancs ». Qu’importe que le charmant leader du FN soit un ami de Saddam Hussein - comme il est ami avec des dirigeants africains aussi sympathiques que l’indépassable Omar Bongo. Ce que Marc Robert regrette aujourd’hui (sans rire, ce garçon est sérieux), c’est que « cette recomposition pro-arabe, qui annonçait pour moi, plein de promesses, ne ce soit pas faîte ». La faute à « l’énorme pression et diabolisation du système », et à Le Pen, qui malgré son zèle tiers-mondiste n’a pas voulu aller « contre son appareil ».

Alliance objective

« Naïf » à l’époque, le n° 1 de la campagne de Dieudonné insiste cependant sur la « cohérence » de son parcours. Il se définit comme « socialiste républicain » et « chavéziste » (une référence que, pure coïncidence, Dieudonné arbore maintenant en permanence). Hugo Chavez, le président du Vénézuela, incarne selon lui la « résistance à l’Empire », comme d’autres dirigeants, tels que... l’adorable iranien Ahmadinejad (un homme mesuré et aimant). « Ils ne sont pas du même bord, mais est ce que les gens alliés à De Gaulle [« raciste viscéral » selon Dieudonné, ndlr] en 40 l’étaient ? ». Cette alliance objective, qu’il loue, souhaiterait-il la voir en France, entre, disons, Dieudonné et le Pen ? « Je n’irais pas jusque là, pondère-t-il. Mais dans une période aussi normative que la nôtre, le rôle d’un opposant n’est certainement pas de taper sur un autre opposant. Pour passer à une phase ultérieure, il faut d’autres conditions... ».

D’autres conditions, comme la dislocation des partis actuels, que Marc Robert prédit pour bientôt, une redistribution des cartes qui pourrait permettre de nouvelles alliances... Le sien, en tout cas, sera prêt : le « parti dieudonniste » devrait voir le jour entre septembre et janvier, « cela dépendra du marketing ». En attendant, Dieudonné squatte les mêmes tribunes que le leader du Front national [2], ou il geint, avec la même gourmandise que son compatriote breton, sur son nouveau statut de martyr. Mais il se retrouve là complètement par hasard : Marc Robert affirme ne pas faire fructifier ses anciens contacts frontistes. Selon nos informations, il se contenterait sobrement d’en établir avec des membres du GUD [3], l’éminent syndicat étudiant d’extrême droite. Peut-être pour compléter le « Front des patriotes », une union qui fédère des groupuscules droitiers avec un ennemi : « l’establishment ». Tous ensemble, main dans la main, contre l’Empire du mal.


[1Lire le compte rendu de Frédéric Pagès dans le Canard Enchaîné du 17 mai

[2Le Choc du mois, magazine d’extrème droite reparu en avril avec Dieudonné en vedette ou le nouveau Gri-Gri International, reparu un peu plus tard avec, à deux semaines d’intervalle, des interviews de Le Pen et du même Dieudo...

[3L’intéressé nous a, depuis, envoyé un email où il explique : « Je n’ai jamais eu de contact avec le GUD. Je ne connais aucun membre de cette organisation, que je croyais d’ailleurs dissoute » Peut-être que certains de ses charmants interlocuteurs ne lui ont pas livré l’intégralité de leur CV ?



Commentaires

Sites favoris


20 sites référencés dans ce secteur