Conférence de presse à La Havane : les FARC parlent plus que jamais de politique

lundi 3 décembre 2012
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Les discussions se poursuivent à La Havane...

Lors d’une conférence de presse convoquée par la délégation de Paix des FARC-EP à La Havane, les insurgés ont rappelé leur appel au gouvernement colombien de mettre le peuple dans le processus de paix.

La guérillera hollandaise Alexandra a souhaité la bienvenue à tous les collègues présents, donnant la parole d’abord aux commandants Yvan Marquez et Jesus Santrich.

Les chefs guérilléros soutiennent que pour un processus de Paix réussi, il est indispensable que le peuple participe. Ce ne peut pas être un processus fermé, mais un espace où tous les secteurs de la société colombienne aient voix et tribune.

Tant Yvan Marquez que Ricardo Téllez ont parlé du rôle fondamental que jouent les médias dans le sens qu’ils ont une grande responsabilité de n’être pas utilisés comme outils de manipulation par l’état colombien, comme le sont Caracol, RCN et El Tiempo, médias mentionnés par les commandants guérilléros qui selon Yvan Marquez jouèrent un rôle très sale durant l’inauguration du processus de paix à Oslo.

Plus de dix différents moyens de communication ont posé des questions sur tout le spectre des sujets qui se débattent en Colombie et qui devraient être à l’ordre du jour dans l’agenda entre les FARC et la délégation du gouvernement.

Au sujet de la déclaration des organismes de renseignement militaire, qui considèrent que les FARC souffrent d’une grave dégradation interne, les trois commandants présents ont beaucoup ri de la déclaration militaire mais soulignèrent que la guérilla la plus ancienne du monde est plus unie que jamais et qu’il n’y a rien de surprenant que ce type de déclarations viennent au commencement du processus, car elles constituent une partie de la guerre psychologique.

Pendant que les principaux chef de la délégation de la guérilla tenaient la conférence de presse, deux autres chefs de la guérilla étaient réunis avec les quatre représentants de la délégation gouvernementale colombienne pour concrétiser l’agenda pour le 15 novembre où va être abordé le premier point de l’agenda qui est la question agraire.

Pendant ce temps, en dépit de la distance avec la terre colombienne, les représentants des FARC parlent plus que jamais de politique. Médias et journalistes du monde entier tiennent cloués les chefs guérilleros à des conversations téléphoniques de tôt le matin jusqu’à minuit.

Si Santos (le président colombien, Ndt) et Humberto de la Calle avaient espéré que le fait de négocier à La Havane et non en territoire colombien éloignerait les guérilleros de la presse, ils ont fait un mauvais calcul au vu de la présence aujourd’hui au siège de Prensa Latina. Parce que novembre 2012 à La Havane n’est pas San Vicente de Caguan en 2001, où Pastrana et les Forces Armées Colombiennes , dans une tentative d’étouffer le fluide d’information de la guérilla, imposèrent différents décrets qui firent obstacle à l’accès de la presse internationale à la zone de dégagement.

A La Havane les commandants guérilleros rencontrèrent et discutèrent avec des représentants de toute la communauté et la presse internationale. Tous les jours ils reçoivent différents représentants de la société colombienne qui voyagent à La Havane et qui respirent un prudent optimisme.

Et c’est justement ce qui se reflète dans la « 4e Réflexion » qui a été publiée cette nuit, dans laquelle la délégation de paix des FARC-EP à La Havane, invite le gouvernement colombien à ne pas avoir peur de la présence du peuple dans les discussions de l’agenda, qui devra parler de tous les sujets qui ont à voir avec une véritable paix avec justice sociale en Colombie.

Source : ANNCOL-La Havana (6 11 2012)

Traduit de l’espagnol par Gérard Jugant



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