Après les vandales les criminels !!!

lundi 25 septembre 2006
par  Charles Hoareau
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Cela ne suffisait pas d’avoir cassé les appartements pour « convaincre » les expulsés de La Renaude de ne pas revenir chez eux, voilà maintenant que des « inconnus » ont mis le feu à un des appartements, celui de Rosalie et de sa mère, celle qu’on appelle La Pastora et qui avait commencé, après avoir récupéré ses affaires au garde meubles, péniblement à vider les gravats, remettre quelques meubles rudimentaires, un frigo, une machine à laver....

la « maison » ou ce qu’il en reste

Que s’est il passé ? Qui a fait cela ? Les questions pleuvent dans la tête des habitants de La Renaude. Plusieurs à voix haute désignent des coupables qui sont selon eux des voyous pas ordinaires. Pour eux c’est clair il y en a qui sont prêts à tout pour voir la cité se vider...Et de faire le lien avec la rue de la République*

Un petit rappel des faits et de leur contexte. La Renaude est à l’origine un camp de gitans sédentarisés en fait un bidonville insalubre au beau milieu d’un terrain vague municipal. Dans les années 60 la mairie décide de construire en dur une cité en deux parties, des pavillons mitoyens dans la partie basse et des bâtiments à étages dans la partie haute. Le projet est confié à l’office HLM de la ville, HMP.

L’idée déclarée des concepteurs de l’époque c’est de faire la partie basse en prenant en compte la culture gitane, sauf que comme tout est fait à l’économie et aux grosses économies les maisons sont rapidement dégradées. La porte d’entrée est une simple porte vitrée qui ne protège de rien, froid, chaleur, intempéries..., le « hall » d’entrée est en terre battue, les pavillons sont dans une cuvette et à la moindre pluie, en l’absence de drain, les appartements sont inondés, l’approvisionnement en gaz n’a pas été prévu, les malfaçons sont innombrables au point que rapidement tout le monde est au moins d’accord sur un point : il faut tout refaire. Régulièrement les habitants écrivent, manifestent, multiplient les actions de toute sorte, réussissent à se faire recevoir au ministère du logement, réclament une table ronde en préfecture pour obliger HMP à discuter :rien ne bouge..

Un terrain vague jouxte la cité et les associations réclament pendant des années outre la réhabilitation de leur cité, que ce terrain soit affecté à l’emploi dans un projet dont tous les représentants des pouvoirs publics rencontrés soulignent la qualité et l’intérêt. Passent les préfets et les ministres, passent les promesses, rien n’est fait. Les seuls travaux réalisés (carrelage, appareil de chauffage, menuiseries....) ont été accomplis par les locataires eux mêmes et à leurs frais.

Pendant ce temps les alentours se modifient profondément. A 5mn en voiture se crée un technopole à la population salariée très majoritairement composée d’ingénieurs et de cadres. De l’autre côté de la rue se construit une résidence avec portail électrique à l’entrée et court de tennis. Un peu plus tard HMP cède à la ville le terrain vague, qui le cède à son tour à Bouygues. Evidemment il n’est plus question d’emploi, le géant de l’immobilier construit un ensemble de villas qu’elle compte séparer de la cité des pauvres par un mur.

Alors du coup La Renaude fait tâche, il faut la gommer. Cet été on a appris que le centre social de la cité allait être rasé car le terrain sur lequel il se trouve est situé tout en bas de la cité et Bouygues là aussi rachète...la spéculation comme la gangrène ronge.

Plutôt que de réhabiliter ou au pire de loger les familles ailleurs, HMP a choisi la manière forte : expulser sous tous les prétextes et par tous les moyens. Le président d’HMP qui a du mal lire Des souris et des hommes parle d’assainissement, invente des dettes imaginaires, des plaintes de voisins qui n’existent pas ce qui au passage lui permet d’expulser pour troubles de voisinages, quand la dette n’existe pas. Il a même été jusqu’à dire que le comité chômeurs organisait un trafic de cuivre sur la cité ... « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ! »

Cet été donc, dans cette logique il y a eu les expulsions et les destructions du 11 août (voir Les vandales), 15 jours plus tard une nouvelle famille est mise dehors dans les mêmes conditions.

La rébellion et la colère enflent. Lundi dernier 18 septembre à 6h du matin les habitants, qui avaient alerté la presse, se sont rassemblés à l’entrée de la cité pour empêcher une nouvelle expulsion annoncée et de fait les expulseurs ne sont pas venus. Jeudi 21 avec les habitants des autres cités HMP du secteur ils sont venus crier leur colère et ont juré de ne pas se laisser faire.

Ces manifestations ont elles excédé ? Quelqu’un a-t-il jugé nécessaire de faire peur ? Comme toujours quand il y a crime il faut se poser la question : à qui profite le crime ?

Car il s’agit bien d’un crime. Dans la nuit de vendredi à samedi la Pastora dort dans son camion garé devant ce qui reste de son appartement. A côté de celui-ci il y a une caravane, propriété de la famille où elle a entreposé la vaisselle et les habits. Vers 3h du matin elle est réveillée par les flammes. Simultanément son appartement et sa caravane ont pris feu. Les pompiers à leur arrivée ne peuvent que constater les dégâts et empêcher les flammes de ravager les pavillons voisins. Heureusement la fille et son petit enfant ne sont pas là, ils sont partis pour quelques jours dans la famille car vu le campement dans lequel ils vivent...

Ce qui reste de la caravane

L’incendie aurait pu avoir des conséquences encore plus graves car deux adolescents dormaient dans l’appartement sur des lits qui avaient pu être installés dans un coin débarrassé. Ils n’ont eu que le temps de sortir en courant de la maison. Traumatisés ils sont allés chez un oncle à Toulon et jurent qu’ils ne remettront plus les pieds à La Renaude.

Aujourd’hui la Pastora disait : « Ils m’ont tout brûlé, ma vaisselle, mes habits, je n’ai plus rien à me mettre...Le frigo j’avais même pas fini de le payer...je n’ai même plus de larmes ... ». Dès ce lundi la CSF et la CGT chômeurs vont saisir la justice et le préfet pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que les coupables soient trouvés et punis. Ils vont le faire d’autant plus que pour l’instant la police ne s’est pas déplacée et qu’aucune enquête ne semble démarrée...

Après tout c’est vrai qu’il n’y a pas urgence...

*Dans cette rue où les habitants se battent pour ne pas être expulsés dans le cadre d’une vaste opération immobilière, il y a eu, il y a quelques mois, une épidémie d’incendies mystérieux qui ont tous touchés des immeubles où les locataires ne voulaient pas partir...La police n’a pas retrouvé les coupables...



Commentaires

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mercredi 7 décembre 2011 à 00h16 - par  Patience

Je devouvre votre website en verite bien fini. Je pense que je vais reexaminer quand j’aurais plus de temps afin de lire vos revue.

gagner toute de suite sur le jeu casino en ligne
dimanche 10 décembre 2006 à 12h06

8 decembre 2006 : Noel approche , la rigueur de l’hiver aussi.Des propositions de relogement arrivent mais qui ne seront pas effectives avant plusieurs mois .la lutte continue mais il est inadmissible que des familles avec enfants passent l’hiver dans des conditions aussi difficiles.Il y a non assistance a personnes en danger.
En 2006 nous revivons des drames des annees 50.
Est-il donc si difficile d’installer au minimum un sanitaire de chantier avec douche toilette et machine a laver le linge ? Nous nous battrons pour l’egalite des droits et pour la construction de logements accessibles a tous. Dominique Idir du comite chomeurs.La Renaude.

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