Quand le maire d’Aubagne refuse 3000 emplois

lundi 26 octobre 2015
par  Charles Hoareau
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Quelle mouche a donc piqué la municipalité d’Aubagne dont l’équipe de droite désormais au pouvoir dans cette ville non seulement ne s’est jamais distinguée pour son soutien aux Fralib et le maintien des 182 emplois directs que cela représentait mais là franchit un pas supplémentaire en s’opposant à la création de 3000 emplois nouveaux ?

Aux dernières municipales la droite a remporté les élections et M. Gazay est devenu maire d’Aubagne ville dirigée par un maire PCF depuis 1965. Bien sûr nombre d’engagements et d’orientations prises par l’ancienne municipalité ont été remis en cause. Le tramway en fait partie. La bourse du travail est menacée. Face à ces positions la population est décidée à ne pas laisser faire.

Moins connu, le projet de l’éco-quartier des Gargues, fait partie de ces abandons que la municipalité Gazay voudrait imposer. Ce projet, initié par différents investisseurs sous la municipalité précédente et soutenu par celle-ci, concerne une extension de la zone commerciale La Martelle. Cette extension prévue sur 40 ha est découpée en une zone industrielle, une zone de bureaux, une zone de commerce et de loisirs, des équipements collectifs et des logements dont une partie de logements sociaux. Il est à noter que concernant les emplois il ne s’agit pas de redéploiement mais bien de créations d’emplois nouveaux dont un tiers seraient des emplois industriels.

La nouvelle municipalité, après avoir exigé une diminution du pourcentage de logements sociaux (passés de 70 à 30% ) remet maintenant en cause la totalité du projet (le conseil municipal a voté en ce sens mardi 29 septembre) alors que sa réalisation représente 500 millions d’investissements, 680 logements, 2500 emplois BTP pendant les travaux et 3000 emplois nets après les travaux ! (pour plus de renseignements voir http://sapag.org/index.php?id=1 ).

Difficile de connaître les vraies raisons du refus de la municipalité Gazay. Interrogé à de multiples reprises sur le sujet, la maire a fini par lâcher qu’il s’agissait de défendre le petit commerce du centre-ville. Argument qui ne tient pas pour qui connait la ville. Le petit commerce en question, essentiellement du petit alimentaire et des produits de consommation courante, ne peut être menacé par l’extension d’une zone qui comprend déjà un certain nombre d’hypermarchés desservis par des autoroutes à la clientèle établie et provenant de secteurs souvent très éloignés de l’Est marseillais. Les commerces prévus dans ce secteur éloigné du centre-ville accessible uniquement en véhicule et situé au croisement de plusieurs bretelles d’autoroutes, ne peuvent concurrencer le commerce de proximité.

La vraie raison est donc à chercher ailleurs. est soit liée à ses liens avec l’équipe Gaudin qui pense que ce projet ferait obstacle au projet d’extension de la zone de la Valentine située sur Marseille Est, soit, comme le suggère un élu de Roquevaire (municipalité Front de Gauche) commune voisine et appartenant à la communauté d’agglomération, à d’autres projets immobiliers de luxe sur la plaine agricole de Beaudinard et qui bien sûr ne favoriseraient pas l’emploi pérenne…

En tous cas au bas mot c’est 3000 emplois qui sont en jeu et pour l’instant la mairie de Roquevaire semble la plus à l’offensive, bien qu’il y ait aussi un soutien qui semble s’affirmer du côté des municipalités de La Penne, de Belcodène… ce qui contraste avec l’opposition municipale aubagnaise qui semble impuissante à sortir de ses querelles internes.

Enfin il faut savoir que l’abandon de ce projet, outre les 3000 emplois que cela concerne, coûterait cher aux communes (et donc aux contribuables !!). Le chiffre faramineux de 240 millions d’euros a été avancé car évidemment les investisseurs qui ont déjà mis 500 millions dans l’affaire ne vont pas se laisser tondre d’autant qu’ils ont la loi et toute une batterie d’avocats avec eux !!

Le comité chômeurs CGT, informé de cette affaire a d’ores et déjà décidé de ne pas laisser faire. Ils ont en mémoire les débuts de Grand Littoral quand cela se nommait encore ZAC St André et que l’action des chômeurs (bureau d’embauche, occupations…) a permis la création de milliers d’emplois pour les chômeurs du secteur selon un processus transparent et associant les organisations des quartiers Nord.

Rouge Vif, pour sa part ne va pas lui non plus rester sans réaction et a prévu de s’adresser aux organisations progressistes sur ce projet qui touche à l’emploi et au développement du secteur. Non pas pour qu’elles défendent les yeux fermés le projet de ZAC des Gargues mais pour qu’elles puissent intervenir et donner leur avis sur la nécessité de mettre en œuvre ce projet et, au-delà du volume des 3000 emplois annoncés, sur la nature des activités et le processus d’embauche à mettre en œuvre en association avec la population.



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