Les jeunes Palestiniens subissent torture et mauvais traitements dans les prisons israéliennes

lundi 5 septembre 2016
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Des jeunes Palestiniens dans les prisons et centres de détention israéliens disent qu’ils ont été victimes de torture, agressés verbalement, frappés à coups de pied et giflés par leurs interrogateurs israéliens durant leur détention et les séances d’interrogatoires, selon un avocat du Comité palestinien des Affaires des prisonniers qui a récemment pu rendre une série de visites à des adolescents palestiniens détenus en Israël.

Le recueil de témoignages rassemblés par Hiba Masalha est le dernier d’une série de rapports établis sur plusieurs années, documentant avec précision les abus et mauvais traitements infligés aux enfants palestiniens par les forces israéliennes.

Dans une déclaration du comité, Masalha a cité le cas de Muhammad Abdul-Hafith Atiyeh, âgé de 15 ans et originaire du quartier Issawiya de Jérusalem-Est sous occupation, qui a raconté comment vers 3 heures du matin le 19 avril « un grand nombre de soldats israéliens et d’agents du renseignement » sont arrivés à son domicile familial, fouillant la maison avant de kidnapper le jeune Atiyeh.

Rafles dans les quartiers de Jérusalem-Est

Trente et un autres Palestiniens – la majorité d’entre eux étant des mineurs – ont été kidnappés le soir même lors de raids en grand nombre dans le quartier de Issawiya, dans une série de rafles dans les quartiers de Jérusalem-Est contre des jeunes Palestiniens que la police israélienne accusait d’avoir lancé des pierres.

« Après que les soldats israéliens m’aient menotté et emmené en dehors de ma maison, » a raconté Atiyeh, « ils m’ont violemment battu à coups de poing, avec des clubs [de base-ball] et leurs fusils, me donnant aussi des coups de pied dans la tête, le dos et le ventre. »

Atiyeh a poursuivi en disant qu’il avait ensuite été poussé à l’intérieur d’une jeep militaire entre deux soldats, avec sa tête en bas, et que « chaque fois que je bougeais, ils me frappaient au visage. »

Il a ensuite été emmené au centre de détention du Complexe russe [cente de détention spécialisé dans les interrogatoires] israélien où, selon Masalha, il a été obligé « pendant 10 heures, de [se] mettre à genoux avec le visage collé au sol et les mains menottées derrière le dos. »

Un autre adolescent Muhammad Arafat Ubeidat, âgé de 16 ans et originaire du quartier de Jabal al-Mukabbir à Jérusalem-Est sous occupation, a raconté comment il a été enlevé à son domicile le 19 mai à 15 heures, après que la police et les soldats israéliens aient fouillé sa maison « en renversant tout ce qu’ils trouvaient ».

Un commandant a alors demandé Ubeidat de signer un papier en hébreu et en arabe certifiant que « personne ne l’avait battu ou agressé. »
Après avoir signé le papier, les soldats l’ont menotté derrière le dos et l’ont emmené dans un véhicule militaire.

Torture

L’adolescent était alors assis entre deux soldats avec sa tête vers le sol pendant toute la durée du voyage, au cours duquel « les soldats l’ont frappé sur le dos avec leurs coudes et giflé au visage à plusieurs reprises. »

Comme le jeune Atiyeh, Ubeida a ensuite été emmené au centre de détention du Complexe russe où il a été interrogé pendant six heures jusqu’à minuit, ses mains et les pieds attachés à une chaise.

« Un interrogateur m’injuriait et me giflait au visage en me répétant d’admettre les accusations (que j’ai toujours niées). »

Ubeida est resté 14 jours dans une cellule du Complexe, sous aucune charge, et il a été soumis durant cette période à 17 séances d’interrogatoire.

Certains jours, dit-il, il subissait trois ou quatre séances d’interrogatoire en une seule journée. Après les 14 jours, il a ensuite été transféré à la prison de Megiddo en Israël [Palestine de 1948].

Ubeidat a souligné que les prisonniers souffrent sévèrement quand ils ont des audiences devant les tribunaux, car ils doivent se rendre de la prison de Megiddo, dans le nord, à la prison de Ramla au centre d’Israël, puis à Jérusalem et ensuite revenir.

« Les gardes qui nous escortaient nous traitaient très mal, nous battant et à nous injuriant sans raison, » a raconté Ubeida. « Ils nous interdisaient de boire de l’eau et d’aller aux toilettes pendant le long voyage de retour. »

Masalha a rapporté des expériences similaires pour Muhammad Hussein Halasi, Jabal al-Mukabbir et Omar Abou al-Foul, tous âgés de 17 ans et originaires du camp de réfugiés de Jabalia dans la bande de Gaza, de Jihad Salih Ghaban, âgé de 17 ans, originaire de Beit Lahiya dans la bande de Gaza, et de Yazan Nidal Issa et Nidal Majid Adwein, du camp de réfugiés de Shufat à Jérusalem-Est sous occupation.

Les deux adolescents de la bande de Gaza ont été kidnappés en avril et mai après avoir tenté de franchir la clôture entre Israël et l’enclave côtière sous blocus, voulant se rendre en Israël et y chercher du travail.

Multiplication des abus

Le rapport de Masalha a été publié deux jours après que la Société du Prisonnier Palestinien (PPS) ait publié une déclaration disant que les Palestiniens détenus dans la prison Etzion en Israël ont été soumis à des violences et que les soldats israéliens auraient utilisé la torture à l’électricité sur un prisonnier âgé de 16 ans.

Defense for Children International – Palestine (DCIP) a publié un rapport le mois dernier décrivant avec précision les abus commis sur les enfants palestiniens par les forces israéliennes, et les violentes méthodes d’interrogatoire utilisées pour les forcer à faire des confessions. Ces abus et violences ont depuis longtemps été la cible des critiques de la communauté internationale.

Selon les témoignages recueillis par DCIP sur les récents enlèvements et condamnations de mineurs palestiniens pour avoir jeté des pierres, deux des adolescents « avaient toujours protesté de leur innocence et n’avaient avoué qu’après avoir subi de la violence physique et psychologique. »

Les deux adolescents ont raconté les séances de coups de pied et coups de poing alors qu’ils étaient menottés, étranglés, et poussés pour se cogner le visage contre une porte.

Les séances d’interrogatoire pour les enfants palestiniens peuvent durer jusqu’à 90 jours selon le groupe de défense des droits des prisonniers Addameer, durant lesquelles, en plus des coups et des menaces, les cas d’agression sexuelle et de placement à l’isolement pour provoquer des aveux sont souvent signalés. Quant aux documents de confession qu’ils sont contraints de signer, ils sont rédigés en hébreu – une langue que la plupart des enfants palestiniens ne parlent pas.

Selon le Comité palestinien des Affaires des prisonniers, les forces israéliennes ont enlevé 560 enfants rien que dans Jérusalem-Est sous occupation depuis le début de 2016, et que 110 mineurs étaient toujours détenus dans les prisons israéliennes, dont quatre filles et 10 garçons placés dans des centres de détention pour mineurs.

Ma’an News -20 août 2016. Traduction : Chronique de Palestine
Transmis par Linsay



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