Le peuple sahraoui fête le 30e anniversaire de la RASD

lundi 20 mars 2006
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De nombreuses délégations étrangères gouvernementales, politiques, syndicales, associatives ont fêté le 27 février avec le peuple sahraoui le 30e anniversaire de la proclamation de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD). Cette célébration, qui s’est déroulée à Tifariti dans les territoires libérés, a exprimé la détermination du peuple sahraoui à poursuivre la lutte pour la reconnaissance de ses droits à l’autodétermination et à l’indépendance conformément à la légalité internationale.

Une conférence internationale de solidarité, qui s’est tenue en marge des festivités, a réaffirmé l’engagement du mouvement international de soutien à la cause sahraouie à faire aboutir le processus de décolonisation du Sahara occidental par la mise en Å“uvre d’un referendum d’autodétermination. La conférence a vivement dénoncé la responsabilité des autorités marocaines qui empêchent, par toutes sortes de manÅ“uvres, la tenue du referendum. Elles bénéficient malheureusement de la complicité de nombreux Etats membres de l’Union européenne, notamment de la France, qui portent donc une grande part de responsabilité dans la situation actuelle.

Le Maroc ne se contente pas de bafouer les résolutions des Nations-Unies, il prétend faire passer un plan d’autonomie du Sahara occidental qui deviendrait une simple province marocaine ! Pour le président de la RASD, Mohamed Abdelaziz, cette nouvelle manÅ“uvre du Maroc constitue "une alternative qui consacre d’avance la marocanité du Sahara occidental, anticipe sur l’avis du peuple sahraoui et le dépossède de son droit à choisir librement son devenir".

Parallèlement, le Maroc intensifie sa politique de répression contre les manifestations pacifiques dans les zones occupées qui rejettent l’occupation marocaine et réclament le droit à l’autodétermination ainsi que le respect des libertés et des droits humains. Les manifestations s’étendent même au Maroc, dans les villes à forte population sahraouie et dans les établissements scolaires et universitaires à l’initiative d’étudiants sahraouis. Les manifestations à Guelmine, dans le sud du Maroc, ont été suivies d’une série de rafles, d’arrestations accompagnées de tortures et de procès arbitraires et expéditifs.

Malgré la violence de la répression, le Maroc n’arrive pas à empêcher, ni même à freiner, le mouvement de protestation. Il a donc décidé de développer une intense campagne de propagande dans les médias, notamment par le biais de la chaîne de télévision "El-Ayoun TV". Se prétendant chaîne de proximité au plus près des problèmes de la population sahraouie, elle doit respecter une règle de base, la marocanité du Sahara occidental. Tout le reste en découle ! La conférence internationale de solidarité a salué la lutte des habitants sahraouis des zones occupées engagés dans "l’intifada de l’indépendance" depuis mai 2005.

Le 30e anniversaire de la RASD a également été fêté à l’étranger. C’est ainsi qu’au siège du Parlement européen à Strasbourg, l’intergroupe "Paix pour le peuple sahraoui", présidé par l’Autrichienne Karin Scheele, a organisé le 23 février une soirée de commémoration avec la participation de nombreux parlementaires et représentants des ambassades des pays ACP. Le délégué de l’Afrique du Sud, qui a reconnu la RASD, a fait preuve d’une grande fermeté : "Il faut aider l’opprimé, ici le peuple sahraoui, et envoyer un message clair à l’oppresseur, en l’occurrence le Maroc, dont le salut réside dans la reconnaissance des droits du peuple sahraoui et la fin de l’occupation de la RASD".

Le peuple sahraoui, qui lutte contre les forces marocaines dans les territoires occupés, et qui subit des conditions difficiles , aggravées par les intempéries, dans les camps de réfugiés, a d’autant plus besoin de notre solidarité que le gouvernement français, malgré ses déclarations de principe, constitue un des principaux obstacles à l’application du plan de paix des Nations-Unies. Récemment Jacques Chirac a présenté de véritables exigences au nouveau gouvernement palestinien.

Mais il s’accommode, quand il ne les soutient pas, de toutes les manÅ“uvres d’obstruction du gouvernement marocain. Deux poids, deux mesures ! Le seul moyen de sortir du blocage actuel est d’amener les Nations-Unies, d’une part à protéger la population contre la répression et , d’autre part, à obliger le Maroc à respecter ses engagements sous peine de sanctions.



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jeudi 9 novembre 2006 à 17h05 - par  benitouffout

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