Les brèves de juin 2013

Le monde comment il va
samedi 8 juin 2013
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Afrique du sud : Des locaux du Syndicat national des mines (NUM) implantés au sein du groupe britannique Lonmin à Marikana, en Afrique du Sud, théâtre l’an dernier d’une longue grève meurtrière, ont été attaqués lundi par deux inconnus qui ont abattu un responsable et en ont blessé un autre, rapporte le syndicat. Les signes d’une reprise des rivalités syndicales alimentant surenchères et assassinats sont déjà là pour 2013. Il y a eu trois meurtres le week-end des 11 et 12 mai dans la région de Marikana. Chez Lonmin, le nouveau syndicat minier AMCU est désormais majoritaire face au NUM, syndicat historique proche de l’ANC au pouvoir. Selon la presse sud-africaine, le gouvernement envisageait l’envoi d’une force d’interposition.

Algérie :L’hypothèse d’un quatrième mandat du président Abdelaziz Bouteflika s’éloigne au fur et à mesure que se prolonge son hospitalisation à Paris depuis le 27 avril dernier. Alors que l’Algérie semble sur le point de clore un chapitre de son histoire, celui du maintien aux commandes de la génération issue de l’indépendance, l’agitation – grèves, manifestations, révolte dans le Sud - se poursuit dans le pays, révélant à la fois un profond malaise social et la grande instabilité qui menace le pays le plus riche du Maghreb . Le mécontentement est général devant l’ampleur de la misère et du chômage dans un pays dont les richesses issues de la manne pétrolière restent invisibles pour la plus grande partie de la population. La colère est vive devant les inégalités sociales et le désespoir profond chez une jeunesse privée d’avenir.

Argentine  : Un mouvement syndical contre la politique économique du gouvernement argentin a entraîné mercredi 29 mai le blocage de nombreux accès routiers à Buenos Aires, aggravant les habituelles congestions du trafic dans la capitale. Sous le mot d’ordre « contre l’ajustement et pour un salaire digne », l’aile d’opposition de la Centrale des travailleurs argentins (CTA), appuyées par des organisations sociales et politiques de gauche, a appelé à une grève de vingt-quatre heures incluant des barrages de rues, avenues et autoroutes, ainsi qu’un rassemblement sur la place de Mai, face au palais présidentiel. La CTA réclame notamment un salaire minimum de 5 000 pesos (environ 700 €) et des mesures pour freiner l’inflation, estimée par le gouvernement à 10 % par an, mais qu’analystes et opposition situent à 25 %.

Bangladesh :Plusieurs centaines d’ouvriers d’une usine textile au Bangladesh sont tombés malades mercredi 5 juin après avoir bu de l’eau sur leur lieu de travail. De nombreux ouvriers de cette usine située à Gazipur, à la périphérie de la capitale Dacca, ont été hospitalisés pour des vomissements. Un responsable administratif de l’usine, Based Ali, a indiqué qu’il pourrait y avoir jusqu’à 600 ouvriers affectés. L’association bangladaise de manufacture et d’exportation du textile qui représente les 4 500 usines du pays pense que la contamination pourrait avoir été délibérée. L’industrie textile au Bangladesh, un pilier de l’économie, a été endeuillée en avril par l’effondrement d’un immeuble, qui a causé la mort de 1 129 personnes. Cet accident industriel, le pire dans l’histoire du Bangladesh, a jeté une lumière crue sur les conditions de travail et de sécurité des ouvriers travaillant à des cadences infernales pour des marques occidentales de prêt-à-porter.

Centrafrique  : La Centrafrique a lancé un mandat d’arrêt international contre le président déchu François Bozizé, renversé en mars. Le procureur de Bangui, a indiqué que l’arrêt était émis depuis le 29 mai 2013 et que parmi les chefs d’accusation figuraient notamment « des crimes relevant du statut de la Cour pénale internationale (CPI), entre autres : crimes contre l’humanité et incitation au génocide ». Le parquet de Bangui a ouvert début mai une enquête sur les violations des droits de l’homme commises par François Bozizé et ses proches durant son mandat et après le coup d’État qui l’a renversé le 24 mars .

Chypre :Le 25 mars, en échange d’une aide de 10 milliards d’euros, les Européens et le Fonds monétaire international (FMI) ont exigé de Chypre, donht les banques étaient au bord de la faillite, un plan d’économies massif et la réduction de moitié de son secteur financier. La deuxième banque du pays, la Laiki, a ainsi été fermée et la première, la Ban of Cyprus, profondément retructurée. Presque trois mois plus tard, l’économie de l’île ne se redresse pas et le FMI prévoit trois années de récession. Ioannis Kasoulides, ministre des affaires étrangères chypriote, évoque « l’amertume » créée dans le pays par ce plan et exprime ses craintes pour le secteur bancaire lorsque les dernières restrictions des mouvements de capitaux seront levées.

Costa Rica :La Chine et la Costa Rica ont souscrit lundi 3 juin des accords de coopération portant sur plus de deux milliards de dollars (1,5 milliards d’euros), quasiment 4 % du PIB de ce petit pays d’Amérique centrale, qui recevait la visite du président Xi Jinping. Les deux États se sont notamment entendus pour la construction d’une raffinerie de pétrole et d’un axe routier à travers les Andes centrales, jusqu’au principal port caribéen du pays, pour respectivement 1,2 milliard et 400 millions de dollars financés par la Chine .Ces accords, qui portent également sur les domaines de l’éducation et du commerce.

Égypte : La justice égyptienne a invalidé, dimanche 2 juin, le Sénat, qui assume le pouvoir législatif en l’absence d’assemblée, ainsi que la commission qui a rédigé une Constitution controversée adoptée en décembre. La Haute Cour constitutionnelle a jugé non constitutionnels la loi ayant régi l’élection du Sénat ainsi que les critères de sélection des membres de la commission constituante. Plusieurs plaintes faisant état d’irrégularités dans le mécanisme électoral avaient été déposées contre le Sénat dominé par les islamistes. Le président de la Cour, a affirmé que le Sénat pouvait rester en place jusqu’à l’élection d’un nouveau Parlement, mais qu’il ne devait pas légiférer. Les prochaines législatives sont théoriquement prévues en octobre.

Hongrie  : Les jeunes Hongrois s’échappent du pays géré par le gouvernement national-conservateur de Viktor Orban. Ils sont de plus en plus nombreux à quitter la Hongriepour aller étudier ou travailler en Europe de l’Ouest. Selon les données fournies par les pays ciblés, 230 000 ressortissants hongrois vivraient en Union Européenne (hors Hongrie) depuis que M. Orban est revenu au pouvoir, en avril 2010. La population hongroise est tombée au-dessous de 10 millions d’habitants.

Ghana : Il règne à Takoradi une atmosphère de conquête de l’Ouest. La ville, avec son grand port qui fait face au golfe de Guinée, est l’un des poumons économiques du Ghana, au cœur de la région des mines d’or et de la culture du cacao, principaux produits d’exportation du pays. La raison de ce boom, invisible depuis la côte, est pourtant ailleurs. Au large se trouve le gigantesque gisement pétrolier de Jubilee, l’une des plus importantes découvertes pétrolières de ces dernières années en Afrique. L’exploitation de ces réserves, estimées à 700 millions de barils, par l’opérateur britannique Tullow, a commencé en 2010. Depuis, on se précipite à « Oil City », la « ville du pétrole », comme elle a été surnommée.

Guinée  : Au moins 12 personnes ont été tuées au cours des cinq derniers jours en Guinée lors de manifestations concernant les préparatifs pour des élections législatives, a indiqué le gouvernement, lundi 27 mai. L’opposition, qui redoute des fraudes, appelle ses membres depuis le mois de mars à protester contre la décision du pouvoir de tenir le scrutin le 30 juin. Plus de 50 personnes ont été tuées et 350 blessées depuis le début de la contestation.

Irak :En vigueur de 1996 à 2003, le programme « pétrole contre nourriture » avait été conçu par les Nations unies pour atténuer les effets sur la population d’un embargo économique imposé à l’Irak après l’invasion du Koweït en 1990. Il permettait à Bagdad de vendre une quantité limitée de pétrole, sous contrôle strict de l’ONU, en échange d’aide humanitaire et de biens de consommation. Mais il s’est avéré que le régime irakien avait détourné ce programme et empoché 1,8 milliard de dollars par le biais de ventes parallèles et surfacturations. L’implication de sociétés avait notamment été dénoncée en octobre 2005 par un rapport de la commission d’enquête indépendante des Nations unies. Quelque 2 200 sociétés d’une soixantaine de pays avaient été citées par ce rapport Volcker pour avoir versé des pots-de-vin au gouvernement de Saddam Hussein. Dans un autre volet de ce dossier, vingt prévenus dont le groupe pétrolier Total, son PDG, Christophe de Margerie, d’anciens ambassadeurs et l’ex-ministre de l’intérieur Charles Pasqua, ont été jugés en février. Le tribunal correctionnel rendra son jugement le 8 juillet.

Irlande :Après les attaques lancées, le 20 mai, par le Sénat américain à l’encontre des pratiques de contournement fiscal d’Apple, dans lesquelles l’Irlande et sa fiscalité accommodante tiennent une place centrale, Dublin envisage de réexaminer son système d’imposition des sociétés. Le ministère des finances étudie une réforme d’un régime qui permet aux entreprises étrangères de réduire considérablement leurs impôts en pratiquant l’optimisation fiscale à grande échelle. Le montage fiscal dit « double irish » est au cœur de ce projet de révision du code des impôts. Cette pratique permet de transférer, en toute légalité, des profits entre deux filiales immatriculées en Irlande. Ce jonglage réduit de manière substantielle le montant de l’impôt sur les sociétés, dont le taux nominal est de 12,5 %. Dublin envisagerait d’abandonner progressivement cette pratique.

Lettonie :La Lettonie devrait devenir, le 1er janvier 2014, le dix-huitième pays membre de la zone euro. A l’issue d’une évaluation, la Commission européenne devait, en effet,estimer, mercredi 5 juin, que le pays remplit les cinq critères fixés par le traité de Maastricht – ils concernent la dette, le déficit public, l’inflation, une parité stable avec la monnaie unique et le niveau des taux à long terme. Ce résultat a été atteint grâce à l’imposition d’un programme d’austérité draconien, qui s’est notamment traduit par une forte baisse des salaires des fonctionnaires et des retraites. La population lettone, en revanche, semble sceptique : des sondages réalisés il y a quelques mois indiquaient qu’un tiers des 2 millions d’habitants du pays était sceptique quant aux bienfaits de l’entrée dans une zone euro toujours en crise. Un autre tiers des personnes interrogées disait clairement son opposition, craignant une perte de souveraineté. Le gouvernement a toutefois écarté l’hypothèse d’un référendum.

Libye :Victoire militaire en 2011, le dossier franco-libyen peut devenir un boulet judiciaire en 2013 pour Nicolas Sarkozy. Deux juges parisiens enquêtent sur les différents aspects de cette affaire d’État. Ils vont notamment avoir la possibilité d’auditionner d’anciens responsables de l’État libyen, qui en savent long sur les financements occultes dont auraient pu bénéficier les sarkozystes. Dans la plus grande discrétion, l’avocat historique du régime de Mouammar Kadhafi en France, Me Marcel Ceccaldi, a pris contact fin avril avec Serge Tournaire et René Grouman, les deux juges chargés de l’information judiciaire visant un éventuel financement occulte de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozypar l’ancien dictateur.

Mali : L’affrontement entre le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), installé au nord-est du Mali, et le gouvernement malien semble avoir pris un nouveau tournant, mardi 6 juin, suite à l’envoi de soldats dans la ville de Kidal. Lundi, le gouvernement avait déjà accusé les Touareg du MNLA d’arrestations arbitraires et de violences à l’égard des non-touareg. Le MNLA a mis en garde l’armée contre une éventuelle attaque à Kidal. Ce mouvement de troupes en direction de Kidal intervient après un attentat-suicide commis contre un chef militaire du MLNA et aussi après l’expulsion ce week-end vers Gao de dizaines de membres des communautés noires de la ville par le mouvement séparatiste.

Pérou : Les temps sont durs pour les anciens présidents péruviens. Alors qu’Alberto Fujimori (1990-2000) purge vingt-cinq ans de prison pour violation des droits de l’homme et corruption, deux des hommes qui lui ont succédé à la tête du pays, Alejandro Toledo (2001-2006) et Alan Garcia (1985-1990 et 2006-2011), font aujourd’hui l’objet d’investigations préliminaires, après avoir été mis en cause dans différentes affaires d’enrichissement illicite.

Portugal : Au lendemain de la journée de protestation contre l’austérité, la Confédération générale des travailleurs portugais (CGTP), principal syndicat portugais, a appelé à une grève générale pour le 27 juin. Cette décision intervient alors que le gouvernement a adopté, jeudi, de nouvelles mesures de rigueur destinées à compenser celles rejetées début avril par la Cour constitutionnelle. Les syndicats entendent protester en particulier contre la suppression de 30 000 postes de fonctionnaires, l’allongement de leur temps de travail, qui passe de trente-cinq à quarante heures par semaine, et l’augmentation de leurs cotisations sociales. Les mesures d’austérité mises en œuvre par le gouvernement, sous la tutelle de la troïka (Union européenne, Fonds monétaire internationale et Banque centrale européenne) des bailleurs de fonds du Portugal, sont de plus en plus critiquées par l’opposition de gauche et la population qui les tiennent pour responsable d’une forte aggravation de la récession et du chômage.

Slovénie  : L’ancien premier ministre conservateur slovène Janez Jansa a été condamné, mercredi 5 juin, par le tribunal de Ljubljana à deux ans de prison ferme et 37 000 euros d’amende pour corruption dans le cadre du « procès Patria », un contrat d’armement de chars finlandais. Le tribunal l’a reconnu coupable « d’avoir donné ou reçu des pots-de-vin ou d’avoir reçu et promis des pots-de-vin » lors de la signature en 2006 du plus gros contrat d’armement du petit pays issu de l’ex-Yougoslavie avec l’entreprise finlandaise Patria, qui s’était élevé à 278 millions d’euros. Les deux autres accusés, l’homme d’affaires Ivan Crnkovic et le général Tone Krkovic, ont été condamnés à vingt-deux mois de prison ferme.

Zimbabwe  : Après plus de quatre années de gouvernement d’union nationale et d’atermoiements, le calendrier électoral au Zimbabwe s’accélère brusquement. Vendredi 31 mai, la Cour constitutionnelle a ordonné l’organisation des élections générales d’ici au 31 juillet. L’opposition, qui trouve ce délai précipité, soupçonne une manœuvre de l’homme fort du Zimbabwe, Robert Mugabe. La Cour a fixé ce délai après avoir statué sur la requête d’un citoyen zimbabwéen, journaliste de profession, qui dénonçait le report permanent de la date des élections. Le président de la Cour a rappelé que le mandat des parlementaires s’achevait le 29 juin.



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