Un convoi d’eau pour protester contre la pénurie causée par l’occupation

lundi 10 août 2009
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Tout d’abord ce rappel des faits par le PC Israélien co organisateur de l’initiative [1]

« Dans les villages de Qarawat Bani Zayid, Kufr ’Ayn, Beit Rima, Deir Ghasane et Nabi Salah, les habitants ouvrent leurs robinets et il n’y a pas d’eau – sauf pour boire et se laver.

Au plus fort de l’été, à ces cinq villages, ayant une population totale d’environ 15.000 habitants, est attribué un montant de rationnement de l’eau composé de 48 litres [2] par personne et par jour - alors que la consommation par personne des colonies juives dans les territoires occupés et en Israël, est cinq fois cette quantité. Pour compléter leur maigre ration, de nombreuses familles du village assoiffés sont forcées d’acheter plus d’eau, de payer des prix exorbitants de 40 shekels (7euros) par mètre cube, soit 10 fois le coût par les canalisations [3]. Dans le passé, la source Ein ’Aboud suffisait aux besoins en eau de tous ces villageois : pour leurs usages domestiques, agricoles et pour leur bétail...

Depuis qu’Israël a pris cette source, la rareté de l’eau pour les villageois s’est progressivement empirée, tandis que les établissements voisins bénéficient d’une abondance illimitée de l’eau.

Depuis 1967, Israël a pris le contrôle de la plupart des sources d’eau en Cisjordanie, et c’est pour le PC israélien, l’un des plus puissants mécanismes utilisés par l’Occupation pour faire taire et réprimer le peuple palestinien. En Israël et dans les colonies juives, 2 milliards de mètres cubes d’eau douce sont consommées chaque année, alors que pour 2,5 millions de Palestiniens résidents de la Cisjordanie, l’allocation annuelle n’est que de 190 millions de mètres cubes.

L’eau de montagne, la source commune de la Palestine et d’Israël, est destinée à 80% à la consommation par Israël et des colonies juives, pour seulement 20% alloués aux Palestiniens. Dans la vallée du Jourdain, la situation est encore pire, puisque la quasi-totalité des 32 millions de mètres cubes d’eau pompés chaque année sont affectés à l’agriculture des colonies juives.

Cette discrimination flagrante dans la répartition des ressources en eau (y compris celle allouée à l’agriculture et à l’industrie palestiniennes), empêche tout progrès significatif dans le développement économique palestinien.

L’abondance de l’eau pour les besoins domestiques, publiques, agricoles et industriels des Palestiniens n’est pas une « faveur » ou « de la charité ». Il s’agit d’une obligation juridique et morale, et sa violation constitue une grave infraction au droit international.

Le but du convoi d’eau est de sensibiliser le public à la fois en Israël et à l’étranger en ce qui concerne l’égalité des droits des Palestiniens à l’eau ».

La fête pour accueillir les convoyeurs

Sur le site de l’ISM [4] on trouve la narration ci-après :
Les habitants s’étaient rassemblés au centre du village pour accueillir l’aide en eau. Le convoi a été fêté dans tout le village avec de la musique, des danses et des discours des villageois et des militants. Des banderoles proclamant « Fin du siège de l’eau » et « Plus de soif » en arabe, en anglais et en hébreu, ont été échangées et brandies par les Palestiniens, les Israéliens et les internationaux tout au long de la livraison de l’eau.

Un représentant local a demandé aux militants israéliens de rentrer chez eux avec un message de paix : « Nous voulons la paix et l’eau. Nous sommes le seul peuple au monde qui doit acheter l’eau à ses occupants. Aujourd’hui, nous vous accueillons parce que vous venez en tant qu’amis, pas en tant qu’attaquants, soldats ou occupants. Dites à votre gouvernement que nous ne voulons pas son eau, nous voulons notre eau. »

Près de 30% des villages palestiniens ne sont pas reliés au réseau d’eau et dépendent donc des puits et de l’eau de pluie recueillie dans des citernes. La nappe phréatique est considérée comme propriété de l’Etat israélien et le forage de puits et la construction de citernes sans accord écrit sont un délit. L’obtention de permis pour ces structures constitue un processus long et complexe, et l’autorisation est rarement accordée. Dans la plupart des cas, les Palestiniens n’ont pas accès aux puits de leurs villages parce qu’ils sont situés sur des terres volées par les colonies illégales, les bases militaires ou hors d’accès à cause du mur d’apartheid.

On peut voir une vidéo émouvante de la population accueillant les camions d’eau comme une source de bonheur.
Pour voir la vidéo (2mm) cliquer ici


[1Liste des organisateurs du convoi de protestation :
Communist Party of Israel, Hadash (Democratic Front for Peace and Equality), Young Communist League of Israel, Bat Shalom, Gush Shalom, ICAHD, the Public Committee Against Torture in Israel, Alternative Information Center, Yesh Gvul, Combatants for Peace, Meretz, Sadaqa-Reut, Coalition of Women for Peace, Physicians for Human Rights-Israel, New Profile, Machsom Watch, Rabbis for Human Rights. Taayush-Arab-Jewish Partnership and others…

[2moins de la moitié de la mesure de déficit en eau selon l’OMS (100 litres par jour).

[340 shekels représentent environ 2 heures de salaire minimum ! NDR

[4L’ International Solidarity Movement est une organisation non-gouvernementale palestinienne regroupant des pacifistes palestiniens et internationaux travaillant à promouvoir la lutte pour la liberté en Palestine et pour la fin de l’occupation israélienne. Nous utilisons des méthodes de résistance non-violentes et des actions directes pour affronter et défier les Forces illégales d’occupation israélienne et leur politique.



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